
Je ne sais pas si vous avez lu cet essai blues-intimiste de Richard Bohringer "C'est beau une ville la nuit". J'adore Bohringer et j'aime beaucoup sa manière de se livrer, entre poésie nostalgique et recherche soiffarde du prochain bar à whisky... Ou à gros rouge qui tâche. Ces souvenirs d'ambiance, de la boite au bougnat, du rade au trottoir... Bref, il a raison, c'est beau une ville la nuit. On y découvre les gens sous l'éclairage de la lune et de l'alcool, le surréalisme humain sous toutes ses formes.
Comme lui j'aime bien les villes la nuit. Comme lui j'aime ce monde des perdus qui se trouvent. Mais j'aime bien aussi la ville pour elle même, sans ses humains, la ville toute nue, la ville du dimanche matin. La ville silencieuse, toute calme dans la fraicheur de potron minet, la ville toute seule avec pour seuls êtres vivants, toi et les oiseaux. Toi et le soleil à peine levé, toi et la lune pas encore couchée.

On s'y promène le nez dans le haut du pull, seul au monde ou presque, tout comme en tout cas. On peut y redévelopper un imaginaire enfantin, causer dans sa tête avec les arbres, les voitures, les piafs... Les mannequins dans les boutiques de fringues... Pour un peu j'aurais envie de dessiner des moustaches au gens sur les affiches, comme je le faisais tout petit sur la tête de la vedette en première de couv' du télé 7 jours. Pour un peu je ferais courir mes doigts sur le toit de la maison en face pour voir s'ils peuvent tenir en équilibre sur la cheminée.
J'aime bien ces moments intimes du dimanche matin. Ma Princesse fait une grasse mat', et moi mon mauvais sommeil ou l'envie de pipi me fout hors du lit plus tôt qu'en semaine, et j'ai besoin de me retrouver un peu. Alors je me fais un premier café, j'enfile un jean, un pull et un blouson, et zou. Je sors et je marche au hasard, les mains planquées au fond de mes poches, et le nez en l'air. Nez qui devient vite rouge et reniflant mais c'est pas grave, cette méchante petite fraicheur me fait du bien, même si elle saisit et pique les joues.

Le nez en l'air comme disait Higelin, et les mirettes ouvertes aux messages secrets que t'adressent les choses. La ville est là, éveillée juste pour toi, et sourde aux impératifs économiques, aux pas pressés qui vont bosser, la ville est là, disponible juste pour toi. Elle est muette et bavarde à la fois, ça ne dépend plus que de toi, de ton affect. Elle devient auberge espagnole, miroir de ton âme, elle est ton élément. Cette ville du dimanche matin, c'est une terre vierge un terrain vague ou peuvent s'épanouir et s'épancher, ton vague à l'âme ou ta gaité. Où peuvent courir tes aspirations, ou peut doucement faner le crépuscule de tes illusions. Elle est comme ça la ville du dimanche matin. Elle est comme toi, elle est comme moi, elle dit rien mais elle a du chien. La ville du dimanche matin.

By marKo
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...
moi, j'étais sur le nuage avec toi, ...
je l'aime pas tellement. mais du coup...
ah mais je crois que beaucoup d'abste...