S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
Je n'aimais pas les araignées de mer, nous faisions du camping, les robes de ma mère étaient colorées et il y avait des fleurs partout.
Il parait que je ne voulais pas mettre mon bob lors de la visite du marché de Marrakech assommé de soleil et de chaleur. Ma sœur a failli être vendu pour un troupeau de moutons, ou de chèvres, peut-être des chameaux. Oh non, des chameaux, ce devait être un prix bien trop élevé. Avais-je dit à mes parents que j'aurais bien aimé m'occuper de brebis dans le jardin en rentrant ?
Le grand tapis acheté là-bas est toujours sous la table de la salle à manger des parents. Il a perdu de ses couleurs mais reste en très bon état. Nous avons aussi ramené des poufs en peau et poils de je ne sais pas quel animal, des tamtams, un cendrier décoré, des dizaines de diapositives.
Je suis pris en photo à Rabat, avec une casquette Paul Ricard trop grande pour moi, à cheval sur un canon qui trônait à deux pas du musée des Oudaïa.
Je me souviens d'une soirée chez des amis marocains. C'était au fond d'une ruelle, une maison aux murs blancs, tout était blanc. C'était une fête, nous étions accueillis comme des rois. Je ressentais l'honneur qui nous était fait, les grands plats, les traditions, la gentillesse de l'accueil. Je crois que nous avons joué à notre batata ce soir-là.
Ce mois d'été était si différent des autres et ne se renouvellerait pas.
Je ne connais rien des contacts familiaux de l'époque avec ceux qui nous ont accompagnés là-bas, des raisons de ces fils qui se détendent. Enfin, j'imagine qu'il est question de temps qui passe, peut-être d'un déménagement.
La nuit, sous le toit toilé des tentes, il y avait la lueur de la lune. Ce n'était pas la même lune que dans la région parisienne. Elle paraissait si propre, si grande, si lumineuse.
J'étais réveillé à chaque fois par le muezzin qui faisait l'appel à la prière. J'avais l'impression d'être réveillé en plein sommeil nocturne alors qu'il s'agissait sans doute déjà du lever du jour. Ce chant m'inquiétait, c'était une langue si différente, la voix était si forte. Je regardais les minarets avec curiosité et incompréhension. Mes parents m'expliquaient leur rôle et le parallèle avec le son des cloches des campagnes.
En 2009, la Suisse fait un référendum avec comme résultat, l'interdiction de nouveaux minarets, même muets, dans le pays des comptes bancaires. L'argent lui, n'a pas d'origine...
Les autres pays européens et la France s'offusquent alors qu'une consultation nationale dans chacun des pays moralisateurs aurait donné un score au moins identique.
Je pense à ma peur d'enfant lorsque le muezzin me sortait de mes songes.
Rien n'a changé. La peur évolue t-elle ? Adulte, il faut essayer de la justifier.
Alors la France se dit laïque mais ne veut pas effacer son histoire judéo-chrétienne. Il s'agit déjà de la preuve d'une situation non assumée. Le pays des Sciences, de la Culture. C'est amusant.
Je ne sais pas où doivent se situer les limites, et s'il doit y en avoir, entre les être humains. L'Histoire a fabriqué des frontières et séparé les peuples. Je crois qu'il est trop tard, que l'homme est pervers et perverti, modifie son environnement pour se donner raison, pour avoir raison. Que la seule raison est celle du plus fort.
Quelques malintentionnés feront toujours plus de mal que des millions.
Qu'est devenue ma joueuse de cartes de l'été 1978?
Sommes-nous toujours sur le même rythme de vie?

By Sapiens
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Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
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