Finalement, cette moiteur tant redoutée n'est pas tout de suite perceptible. Hanoi m'accueille avec un grand ciel bleu. Qui semble pourtant assez gris ou bas, comme une lumière de soleil levant. En revanche, l'air est chaud uniformément : je respire de l'air quasi à la même température que moi, je perçois sur ma peau tout juste le souffle du vent puisqu'il n'apporte aucune fraicheur.
Quand j'inspire à fond, encore un peu vacillante des 20 heures de voyage depuis que j'ai fermé ma porte à Paris, je sens des odeurs nouvelles, j'ai la sensation d'être enveloppée. Je vais ensuite connaitre l'âpreté des mélanges d'épices et de mijotages au contenu indéfinissable mais là, l'odeur est douce, un peu plate et légèrement minérale. Pas d'herbe ni de sucre, peut-être l'odeur du soleil ?
Il y a tant de trafic et de gens que j'imagine sans mal qu'une bonne partie de l'air que j'utilise est chargé de particules polluantes, je ne les sens pas. Aucune gêne quand je respire, pas d'envie particulière de me purifier ensuite. Je me remplis les narines. J'ai même dormi fenêtre ouverte, baignée de cet air nouveau.

La douceur et le charme de l'odeur de Hanoi. L'odeur composite de ce lieu auquel je n'appartiens pas mais qui a quand même pris soin de moi.
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