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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Confessions du dimanche 3 mai

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Oh putain... Il y aurait comme un gros nuage noir qui se forme dans l'air, un gros cumulus qui enfle et se charge, qui prend bien le temps de se preparer avec la ferme intention d'en mettre plein la gueule. Quand ce sera l'heure... Vraie sombre histoire, comme les grosses tempetes, un truc qui arrive une fois tous les dix ans et qui fait beaucoup de degats. En parler, impossible sauf ici.
Pourvu que ca ne soit que ma parano. Attente.


- Je confesse que c'est très exactement ça: « Les boulimiques sont constamment au bord de la dépression. Seulement, quand on est réellement dépressif on ne veut plus rien. du tout. Elles, elles oscillent sans arrêt entre une furieuse envie de vivre et le désespoir de ne pas y arriver ».


- Toute une série de petites phrases cette semaine, de celles qui enfoncent le clou:
"C'est l'homme de ma vie", dit elle, les yeux brillants. Pourrai je en dire autant? Non. Ça a été l'homme de ces dix dernières années, ce ne sera pas celui des prochaines.
"Vous n'allez pas ensemble", dit il, et même si je le devine pas objectif à 100 %, c'est toujours bizarre à entendre. Plus, serait plus juste certainement. On se correspondait , mais on a changé. Surtout moi, je l'admets.
"On dirait ton père", dit elle. Carrément. Il a rempli ce rôle là, même si je m'en suis longtemps défendue, j'avais besoin d'un père, il a tout pris en charge. Résultat, maintenant, j'ai grandi et je me sens coincée.
"C'est un gros con"disent ils. Peut être un peu. C'est surtout qu'il ne me reconnait plus, qu'il ne peut pas soutenir mes projets puisque ce serait comme cautionner mon changement.
"Pourquoi as tu dis oui? ". En fait, j'ai pas dit oui C'est plutôt que je n'ai pas dit non. J'aurai sûrement déjà du partir à ce moment là. Au fond de moi, je savais que je faisais une énorme connerie. Je n'ai pas eu le courage de dire non. C'est pathétique. J'ai détesté cette journée, rien ne m'a plu.D'ailleurs je ne sais pas ce qu'ai fait des photos. La plupart des gens les gardent. Moi je sais pas où elles sont.
Dans ma tête, c'est très clair. Je l'ai déjà quitté. Dans les faits, c'est plus compliqué. Je n'ai absolument aucune idée de comment faire,ni de comment lui dire. J'en suis au point de trouver tous les stratagèmes pour qu'il ne réserve pas de vacances, avec des excuses toutes plus minables les unes que les autres, puisque je ne serais sûrement plus là. Je sais où je veux aller, et pour quoi faire. C'est déjà ça. Plus j'analyse la situation, plus je me rends compte à quel point il m'a enfermée. Pas de famille, plus d'amis, fric confisqué, pas de possibilité d'aller et venir. Il a sûrement peur de me perdre. L'ennui, c'est que c'est trop tard. Je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu me laisser éteindre comme ça. J'étais tellement en manque d'amour, que j'ai accepté tout, sans broncher, pour avoir quelqu'un qui m'aime. Et maintenant, j'ai eu comme une sorte de déclic. Certaines vannes se sont ouvertes. J'ai brisé un barreau, reste à aller dehors, maintenant. C'est à la fois le truc le plus dingue et le plus sensé que je peux faire.
Priorité à moi.
J'ai l'impression d'aborder, d'avoir la possibilité d'aborder une nouvelle phase de ma vie. C'est vertigineux. Je devrai me sentir triste j'imagine. En fait, je suis presque euphorique, parce que c'est une sensation que j'avais perdue depuis très longtemps. Je suis en vie. J'existe. Et je n'ai besoin de personne pour ça.
J'en parle autour de moi. Et plus j'en parle plus je suis déterminée. Et on me dit: on te sentait dépressive, pas bien, sans savoir...
C'est long comme confession, mais ça fait tellement de bien. Ca faisait trop longtemps que je retenais ces mots là.



- "Tu viens à Bordeaux avec moi ?"
c'est dit tranquillement, comme une habitude. Et le son qui se coupe. Par discretion. Je comprends. Je comprends tout en ce moment. On ne peut pas tout avoir dans la vie, l'amour et les certitudes. C'est ainsi. Laisser faire. Parce qu'apres tout, s'il y a les attentions et de l'amour, bah...c'est déjà bien, non ?
Et moi pareil...


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By Collectif


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