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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Nous traversons actuellement une zone de turbulences

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There's a look on [my] face I would like to knock out
Can't believe [I was] once just like anyone else

 

Ce silence, même si on a laissé entendre un jour qu'il ne suffisait pas en soi à être considéré comme un signal, aurait pourtant dû allumer une sorte d'énorme lampe rouge quelque part. Le calme profond, le mutisme, l'indifférence, ça me ressembl(ait)e très peu. La guerre des nerfs -même si je suis suffisament têtue pour ne pas la perdre quand on me la déclare- très peu pour moi.

Et puis soudain, tout s'est mis à devenir flou. Ca a commencé à devenir très compliqué dans ma tête. J'avais mal au ventre tout le temps de tous les jours. Comme si je passais en permanence des partiels.

J'ai continué à me désinvestir sans vouloir me rendre compte que les turbulences avaient commencé depuis un moment déjà. A coup de phrases assassines, de jemenfoutisme permanent, de mise au placard de ma vie sociale. Il y a eu plein plein de signaux pourtant :
- des phrases prémonitoires "je ne sais pas ce que tu peux faire mais trouve parce que je sens que ça va être notre dernier anniversaire ensemble",
- des appels à l'aide pas même déguisés "C'est horrible, maman, j'ai l'impression de faire du surplace, que plus jamais rien ne changera."
- des menaces de départ avec valise à la clef,
- des projets abandonnés,
- des crises de larmes inexplicables sous la douche.

J'étais triste en permanence, je souriais d'un air absent et je ne me plaignais plus surtout, parce que personne ne comprenait mon mal-être. On me voyait capricieuse : j'avais une vie de rêve. Un couple stable, un homme qui chérissait jusqu'au sol que je foulais, un chat, un travail, un appart', une famille, une relativement bonne santé. Il fallait que je sois raisonnable.

Rai-so-nnable.

Ne décevoir personne, ne pas créer de vagues, ne pas inquiéter mes parents, ne pas faire de peine à cet homme qui partageait mon quotidien : être raisonnable. Ce n'était pas si pire, je n'avais pas si mal, il y avait plus malheureuse que moi. Alors j'ai obéi à cette injonction sociale. Je m'éteignais, je disparaissais, y compris physiquement. J'ai commencé à perdre du poids sans raison petit à petit, à rire moins souvent et moins fort.

Si certains des plus proches ont laissé filer, ça a mis la puce à l'oreille d'autres.
J'ai été sauvée par 2 phrases très précisément.

Je dois ma vie, au sens littéral du terme, à 2 personnes. Un 12 et un 18 février. Une phrase chacune. "Je sais pas où tu es en ce moment baci, mais tu n'es pas parmi nous, il est temps que tu fasses quelque chose, là." et "Si tu as besoin, quel que soit le moment, la maison est ouverte."
M'ayant vue coincée au milieu des voies ne faisant aucun geste alors que le train fonçait sur moi, elles ont décidé de tirer sur le signal d'alarme pour me sauver de la catastrophe.

Et moi ?

Que faisais-je ? A quoi pensais-je ?

Pour moi, l'alarme s'est mise en route très très fort quand j'ai menti pour la 2ème fois depuis 13 ans que je le connaissais. La 1ère depuis que nous étions ensemble. Un mensonge débile, qui ne sert à rien, qui ne trahit personne. Un mensonge qui montrait juste à quel point de déni de moi-même j'en étais arrivée : j'avais juste envie de rentrer toute seule tranquillement, à pieds. Alors j'ai menti, j'ai dit qu'une copine m'accompagnait, que je ne risquais rien, qu'il n'avait pas besoin de venir. Je serais parvenue à mes fins sans mentir, bien sûr, mais il aurait fallu se disputer. Ce que je vivais jusque là comme un compromis est soudain devenu un sacrifice.

Un soir, j'ai décidé que désormais, la personne qui allait compter, c'était moi. Que peut-être que j'avais le droit d'exister, de dire merde à toutes ces obligations que moi seule m'obligeais à respecter ? J'allais devoir affronter une zone de turbulence plus forte encore que celle que je venais de passer. Il était temps de tout envoyer balader et de prendre ce ticket qui me faisait si peur : celui pour l'entrée des montagnes russes.
Fuck. Let's give it a try...

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Pray to God I think of a nice thing to say
But I don't think I can so fuck you anyway

 

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by baci

Commentaires
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  sapiens 18-10-2009 18:31:04

Cela arrive de mentir, à soi ou à d'autres.
Souvent, ce n'est pas grand chose. Mais il arrive qu'un seul mensonge -pas plus gros, ni énorme- soit déclencheur, interrupteur dans nos esprits.
C'est très curieux ce mensonge là.
On le dira, significatif.
milllie 19-10-2009 10:04:06

ne sachant comment commenter, je me pose juste une question: "les montagnes russes, elles étaient bien?"
Rolanda Bibine 19-10-2009 11:11:48

C'est le recul qui nous fait aussi nous rendre compte de certaines choses. Tout parait alors tellement évident alors que sur le coup, on ne comprend pas vraiment ce malaise. C'est l'hiver, c'est la fatigue, c'est le manque de vitamines...

baci 20-10-2009 03:59:44

je ne sais pas bien si même avec le recul je prends vraiment la mesure de tout ça...

il a été un peu long, le tour de manèe je dois dire, millie...

oui mais vraiment c'est tout à fait ça. le mensonge qui veut rien dire mais signifie tout !!
Belam 21-10-2009 14:54:54

Citer:
On me voyait capricieuse : j'avais une vie de rêve. Un couple stable, un homme qui chérissait jusqu'au sol que je foulais, un chat, un travail, un appart', une famille, une relativement bonne santé. Il fallait que je sois raisonnable.


si le bonheur, le bien-être se résumait à toutes ces petites cases cochées, on n'est pas tous idiots, on le ferait ! Mais l'humain est bien plus complexe que ça

Les gens sont tellement limités pour la plupart qu'ils ne comprennent pas qu'on aspire à autre chose.

Oui, je sais, ca fait tres pretentieux ce que j'ecris mais bordel, qu'est ce que je le pense, et qu'est ce que je le constate !!!!
baci 22-10-2009 03:16:44

oui, probablement que je n'osais pas m'autoriser à penser autrement/plus grand que selon les codes établis...
Chui timide du commentaire mais
Voldas 21-10-2009 15:32:24

Le probleme c'est qu'on a tendance à projeter ses propres envies sur les autres donc si tu dis que t'aime pas ta vie en aston martin et que tu veux changer de caisse, tu passes pour un insatisfait parce que tout le monde reve d'avoir une aston vu que la plupart des gens sont en peugeot.
Mais quand tu as 10 astons dans ton garage tu n'a plus le meme point de vue sur les choses.

De plus sur le papier ça peut faire bien mais concretement, une aston n'empeche pas de crever un pneu, de déposer ta caisse pour les révisions, de tomber en panne etc, bref c'est comme un peugeot avec des emmerdes 3 étoiles. Tout ca pour dire que ce que à quoi j'aspire c'est peut-etre un bateau !

La vie est comme une montagne, une fois arrivée tout en haut, on se rend parfois compte que la vue n'est pas plus belle d'en haut, c'est juste que les problemes paraissent plus petits.

Je devrais pas me relire, car écrire c'est comme aller au toilette, ça fait du bien mais si tu as le malheur de regarder ce que tu as fait, tu te reconnais pas, tu valides ton commentaire comme tu tires la chasse en esperant que personne ne passe apres pour commenter

OK je sors!!!

ps: je sais pas si on peut parler de courage, mais je suis admiratif des gens qui savent nager à contre courant. Baci, mes respects.
baci 22-10-2009 03:19:36


Merci pour ce joli compliment

pour le reste, je crois que tu as parfaitement su illustrer le sentiment qu'on peut ressentir quand ses attentes ne sont pas conformes à celles du plus grnd nombre.

il me semble que je ne suis jamais vraiment arrivée au sommet de la montagne, j'avais plutôt l'impression d'être coincée en plein milieu du chemin...

(tu devrais commenter plus souvent :p)
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