Des livres et du sens : Dave Eggers
Vendredi, 18 Septembre 2009 09:32
Belam
Donner du sens aux choses, à ce que l'on écrit de manière concrète et avec des résultats, c'est la démarche de Dave Eggers, écrivain américain on ne peut plus engagé.
"Le grand quoi" sort chez Gallimard et ce n'est pas un livre comme les autres. C'est d'abord l'histoire d'un de ces "Lost boys" : ces lost boys sont des enfants soudanais qui ont fui les milices, ont tenté d'échappé aux lions, continuaient leur route pour les survivants et arrivaient enfin aux Etats-Unis où la tranquillité n'était pas là pour autant. "Le grand quoi", c'est l'histoire de Valentino Achag Deng (ci dessus en photo prés de l'écrivain). Il a fini par s'en sortir et participe très activement à "The lost boys Foundation", qui s'occupe des jeunes réfugiés soudanais, association fondée par Mary Williams, fille de membres des Black Panthers et adoptée par Jane Fonda.
Le conflit soudanais a ceci de particulier qu'il se passe dans le seul pays africain avec un gouvernement islamiste au Nord, tenté par le pétrole du Sud et qui n'a rien trouvé de mieux que de rétablir l'esclavage, entres autres méthodes discutables, pour le récupérer. Valentino a réussi à s'en sortir mais le livre commence quand il croit qu'il va mourir parce qu'il se fait braquer dans son appartement à Atlanta ! Après avoir survécu à l'impossible...
"Le grand quoi" est un livre dont les bénéfices sont entièrement reversés à "The Lost Boys". Résultat : Plus d'écoles en trois ans que les organisations humanitaires n'ont faites, car corrompues, ou connaissant très mal le terrain.
Il vient d'être traduit et si vous voulez lire une histoire "délirante", dans le sens où c'est parfois inhumain, et participez à une cause, achetez-le. Le troisième roman de Dave Eggers vient de sortir aux Etats-Unis, pas encore traduit et cette fois-ci c'est sur Abdulrahman Zeitoun, immigré syrien, qui juste après l'ouragan Katrina s'est retrouvé accusé de terrorisme alors qu'il vivait aux Etats-Unis tranquillement et honnêtement. Les bénéfices sont eux-aussi reversés à une association qui tente d'aider la Nouvelle-Orléans.
Parce que Dave Eggers avait des parents engagés, parce qu'il l'avoue lui-même, être irlandais et catholique, ça prédispose à la culpabilité, il a décidé de donner un véritable sens à ce qu'il écrit. Donc que ces livres servent vraiment à quelque chose. Car "C'est bon pour les écrivains de sortir de chez eux. Ils doivent faire partie du monde".
Par ailleurs, au cas où vous vous poseriez la question, cet enfant prodige de la littérature américaine écrit bien...

By Bellâm
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