Louis Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit
Mercredi, 11 Novembre 2009 00:00
Dawi
Louis Ferdinand Auguste Destouches, plus connu sous le nom de Céline (1894 - 1961), fils de Fernand (employé d’assurance) et Marguerite (commerçante). Voyage au bout de la nuit a été publié en 1932.

Lorsque l’on entame Voyage au bout de la nuit, on se demande un peu ce qu’on fait là. Et surtout, me dis-je, j’ai acheté quatre bouquins de Céline d’un coup, pour le découvrir, j’espère que ca va me plaire. Beaucoup de pages et petite police, déjà, un bon point. Je ne calcule pas le ratio euro/caractère, mais je n’aime pas trop qu’on se foute de moi (salut Amélie Nothomb, salut Alain Rémond *, etc…). Un long roman en perspective. Le ton est badin, populaire, rarement académique. On découvre l’histoire de Ferdinand, homme du peuple du début du 20e siècle, qui a raté sa médecine. Sur un coup de tête patriotique, il se lève de la terrasse d’un café pour s’engager aussi sec dans le régiment en patrouille, direction la Grande Guerre.
Et nous voilà, à sa suite, engagés volontaires dans cette épopée, partageant ses réflexions, ses amours, ses trahisons… Si dans une perspective existentialiste l’homme n’est que ce qu’il fait, Ferdinand est tout sauf un héros. Au contraire, et il l’affirme plusieurs fois, l’héroïsme, le courage, ce n’est pas pour lui. Il fuit, il se cache, il évite.
On le suivra de la Guerre aux colonies africaines, puis à l’Amérique des années Ford, avant qu’il revienne en France pour nous montrer la détestable et crasse humanité d’une banlieue parisienne naissante. Peinture de l’époque. Dans ce parcours, un compagnon apparaitra en pointillé, le fameux Robinson, incarnation de la lâcheté, de la cupidité et autres vices que Céline souhaite mettre en avant au fil du roman.
Ce parcours humain est ponctué de réflexions piquantes et pétillantes, de traits d’humour acides et de considérations philosophiques toujours surprenantes, qui vous prennent souvent au ventre par leur simplicité, leur noirceur, leur vérité.
“Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue”.
Dans la lignée de Don Quichotte de Cervantès, de Jacques le Fataliste de Diderot, ce roman ne commence ni ne finit vraiment, il n’y a pas de départ et pas d’arrivée, on partage simplement une grande tranche de vie de ce Ferdinand. Je pense que l’on doit inscrire ce livre dans le cadre de la théorie sur le roman de Milan Kundera, ou « le roman ne peut pas dire plus que ce qu’il dit ». Sans manichéisme immédiat du bien et du mal, il se charge simplement de proposer un « ou bien », de réfléchir sur l’être humain par le biais d’ « egos expérimentaux ».
Au bout de ces 500 pages, on se dit « déjà ? », et on se jette sur le roman suivant de Céline, Mort à crédit (1936), ou l’on retrouvera un Ferdinand plus jeune, un Ferdinand d’avant la guerre, « la merde au cul et les pieds sales ».
Voyage au bout de la nuit, Editions Folio, 8.60 €

by dawi
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Belle lecture, merci, que ce moment v...
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