VOLDEMAG

S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Toi, moi et la route

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J'étais curieuse de lire enfin Sur la route, pour comprendre ce que tous ces jeunes gens (les tumblr-boys, les flickr-girls) y trouvaient de grisant. Le rouleau original avait envahi le Relay où je me trouvais avant 3h de TGV, alors okay, en voiture Simone-Jack.

 

 

Une vie pathétique racontée sous amphétamines, et l'illusion de la liberté absolue, dont celle de foutre son existence en l'air pour le seul plaisir de le raconter. Le be-bop, les hipsters mais LES VRAIS, la misère et l'ambiguïté de l'amitié masculine, d'accord, d'accord.

J'ai donc enfin saisi tout ce qui avait fait l'essence du gonzo, ce qui justifie tous les films cultes de notre génération : les road movies, Las Vegas Parano, Into the wild, Crossroads... (pardon)

Le plus intéressant ça reste les éclairs existentialistes de l'auteur, ses envolées ultra-sentimentales terriblement lyriques ; ça n'est certainement pas le contenu de leurs virées, mais ce que ça provoque comme réflexions chez le narrateur. Peut-être qu'il faudrait lire ce livre très très jeune pour ne pas avoir à connaître ces bêtises par soi-même ; si on l'a lu on a peut-être plus besoin de le vivre? je ne sais pas, je me demande.

On a un peu le sentiment de se faire vieux en lisant ça passé 25 ans, on se dit oui certes c'est bien amusons nous, born to be wild, etc.

Un soir après une sale journée de boulot, après avoir enchaîné et être rentré pour se voir remplir sa petite feuille pour l'URSSAF, et puis sa petit feuille pour la CPAM, et puis les papiers pour l'assureur, on regrette un peu l'époque ou ton pote t'emmenait dans sa vieille caisse bien pourrie avec l'auto-radio échevelé par des visiteurs puis rescotché, où t'avais le droit de mettre des cendres partout et les pieds sur le tableau de bord, où l'on rentrait plus que saouls, où tu prenais le volant, où finalement à un feu il le reprenait parce que bon, où votre relation était tout à fait bancale et pas du tout définie...

Et puis un jour dans une grosse berline de papa, tu rentres un peu pompette d'une petite sauterie au Champagne, un peu saouls comme avant oui mais moins, et tu te prends la voiture que t'avais pas vu arriver à droite, ça se finit dans de la tôle froissée, pas de blessé, et là ta qualité rock'n'roll c'est de savoir parler à un assureur 5 minutes après avoir cru devoir mourir.

L'histoire, c'est qu'on finit donc par grandir, de gré ou de force.

Mais tout de même, "l'histoire, c'est toi, moi, et la route."

 


Mai

Commentaires
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milllie 20-04-2011 15:21:37

Envie. Comme à chaque fois dans cette rubrique. Courir aller acheter le livre pour savoir si moi aussi je vais aimer ce livre, si il va me toucher.

Merci de donner Envie.
Aurore 21-04-2011 00:04:32

J'adore ce billet Il faut lire ce livre pour trouver la sienne, de route. Ne serait-ce que pour être convaincu qu'on est libre, qu'on peut l'être, que tout n'est pas écrit d'avance. Suffit d'y croire ? Oui, en qqles sortes. Et puis rêver à ce qu'on voudrait être, imaginer, et y travailler, un peu, chaque jour. Vive Kerouac - Into the wild c'est du pipi d'chat, à côté, mais yes vive les road movies quand même )
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Auteur de cette article : Mai