Burton aux pays des merveilles
Mercredi, 17 Mars 2010 00:00
sand
Je ne suis pas une mordue de cinéma. Je préfère laisser plus de place à mon imagination, et c'est pour ça que je préfère de loin plonger mon nez dans un bouquin. J'aime bien les ambiances un peu bizarres, un peu tristes, celles dont on ne sait si on va arriver à sortir,... C'est pour ça que les films de Burton sont une des rares exceptions qui me fait aller au cinéma. Il y a un je ne sais quoi d'esthétique du bizarre, du loufoque, du dingue, quelque chose toujours à la frontière de la folie que j'adore.
J'avais lu les critiques sur le nouveau Burton, Alice aux pays des merveilles. Pas toutes bien sûr, mais quelques unes. Critiques qui loin de me refroidir n'ont fait qu'attiser ma curiosité encore plus.
J'y suis allée. Un peu anxieuse, un peu nerveuse. C'est toujours compliqué de s'attendre à être déçu par quelqu'un qu'on aime bien. Sauf que...
Les premières images du film sont d'un classicisme presque envoutant. Alice, petite, Alice jeune femme qui va être demandée en mariage, Alice qui s'interroge sur sa folie... Alice qui ne voudrait pas plier, refusant le corset et les bas... Alice qui s'enfuit, à la poursuite d'un chimérique Lapin à gilet, montre à gousset. C'est là que la magie Burton opére. Alice tombe dans le trou. La chute vertigineuse est réelle... On évite avec elle le piano à queue, les obstacles...
Visuellement, c'est époustouflant. Et on est très vite embarqué. Ce qui est étrange, c'est quand comme moi, on a vu le dessin animé petite, qu'on se souvient des scènes colorées et que l'on revoit les mêmes à travers le prisme Burton. Moins légères, plus adultes. Plus sombres.
Le chat et son labyrinthe, la chenille qui parle, tous les personnages sont là, rendus avec une extrême précision, mais une vision adultes, moins lissée, moins policée. La reine de coeur devient reine Rouge, et l'on n'a plus seulement affaire à une sorte de méchant clown hurleur, mais à une authentique malade mentale meurtrière. Elle est effrayante avec sa tête enflée. Le talent de Bonham Carter n'y est sûrement pas pour rien ( Et Burton doit prendre un pied fou à toujours donner à sa femme des rôles de déglinguées). Une authenthique méchante, qu'on ne peut pas arriver à détester totalement, tant sa cour de fayots inspire la pitié. La Reine blanche est il est vrai un peu agaçante (perso, j'avais plus envie de lui coller des tartes pour manièrerie excessive, mais chacun ses goûts n'est ce pas? ).
C'est vrai, on s'éloigne parfois un peu du classique d'Alice, mais c'est surtout et avant tout un Burton. Avec sa noirceur, et un sens de l'esthétique assez fabuleux. Tout est pensé et réalisé avec un souci du détail étonnant. J'ai beaucoup aimé le chapelier. Completement frappadingue, mais émouvant. Le fait qu'il soit joué par Johnny Depp n'y est peut être pas étranger. Cet acteur a une espèce de don, de sensibilité dont il se sert à merveille pour jouer les personnages les plus barrés. Et l'espèce de trouble, de tension sentimentaloérotique qui nait entre lui et Alice...
C'est vrai, l'humour n'est pas la composante principale du film. J'ai quand même eu un sale fou rire "J'AI BESOIN D'UN COCHON *" En même temps, cela ne m'a pas gênée plus que ça, tant on s'en prend plein les yeux. L'intrigue est simple? C'est vrai, mais elle laisse toute la place aux personnages...
C'est trop sombre pour être vu avec des enfants ? Pas si sûr... En arrivant au chateau de la Reine Rouge, Alice doit traverser les douves en équilibre sur les têtes coupées de gens exécutés sur ordre de la reine. En l'écrivant, ça pourrait être d'un gore insurmontable. Sauf que l'esthétisme de cette scène morbide en fait presque oublier l'horreur justement.
Finalement Burton fait plus frissonner parce qu'il pose des questions sur notre rapport à la folie que par les images les plus noires de ses films. Voir un de ses films est toujours dérangeant, un peu comme si on était passé à la moulinette de nos propres mensonges et de nos peurs les plus perverses. C'est juste quasi deux heures hors le monde, où tout devient possible, où les hypothèses les plus folles et intangibles deviennent la réalité, et où on se prend à dire... Et si... C'est ce que je préfère dans les histoires, la probabilité d'un ailleurs, d'un et si.
J'ai beaucoup aimé ce film. Vraiment, j'ai passé un excellent moment. J'aime ces réalisateurs dont l'imagination débridée se matérialise dans les films. J'aime avoir été éblouie par l'univers foisonnant du pays des merveilles.
*allez voir le film pour comprendre ;)
By Sand
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...