
Dans 10 ans, il y aura ceux qui auront vu District 9 et les autres, honteux d'avoir raté ce film halluciné, espèce d'OVNI dans la sphère cinématographique des blockbusters déjantés, évacués juste après les machines estivales et fonctionnant autant par le buzz que par l'inespéré.
L'histoire: un gigantesque vaisseau extraterrestre flotte sur Johannesburg depuis vingt huit ans, poubelle calcinée dans l'apesanteur ouatée des ciels africains. Vaste sépulcre peuplé d'extra terrestres souffreteux et abandonnés là, sans espoir de retour pour cause de panne sèche. Alors, que faire de ces crevettes à face de gland, type « Starship troopers », égarées sur la ville si ce n'est les parquer dans un camp de réfugiés, le District 9, une décharge à ciel ouvert, Abou Ghraib pour hommes verts où pullulent la misère, les mafias, les gangs armés, la corruption politique et les conflits ethniques. Le district 9, une zone de non-droit oubliée par les nations du monde. Trop complexe. Trop dangereuse.
On choisit donc un homme pour diriger l'équipe qui déportera tous ces cancrelats vers une prison concentrationnaire à 200 km de là. L'agent s'appelle Wikus van der Merwe, drôle de kéké asséxué passant par une multiplicité d'états tellement irréconciliables qu'il en devient totalement illisible. Acteur parfait. Très vite, il contracte un virus mutagène qui modifie son ADN et le transforme peu à peu en extra terrestre. Wikus devient vite l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie militaire alien. Repoussé, rejeté par sa femme et ses amis, isolé, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9, lieu des soulèvements ensanglantés à venir.
J'arrête là. Si le film est prodigieux, c'est bien parce que sous des dehors loufoques, il mélange une multiplicité de genres dont l'accouplement semblait génétiquement impossible, des contorsions permanentes entre la comédie loufoque, le film de guerre pur et dur, la SF charnelle à la Cronenberg, la satyre politique type Veroheven, le drame le plus bouleversant et la réflexion politique. Le film donne un fond universel à la tragédie qui se joue là et fait écho aux milliers de catastrophes humaines survenues depuis l'apartheid (métaphore sous tendue tout au long du film). Le mélange est instable et explosif mais étrangement, ça tient debout ! Amplitude dans l'audace ou la folie comme on voudra. Ce truc fraternise déjà avec les plus assourdissantes créations hallucinées du siècle et vous laisse dans la bouche la saveur d'un grand soir déglingué et sublime.
Oui ce film est parfait. Allez le voir !

By Kowlski
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...