Ensemble nous allons vivre.....
Mercredi, 07 Avril 2010 00:00
Kowalski
Il existe une qualité inhérente aux films de Pascal Thomas : c'est de toujours se placer à l'écart de toutes les modes affichées. De « Mercredi, folle journée » à « l'heure zéro » en passant par « Mon petit doigt m'a dit », Pascal Thomas filme un théâtre frémissant de rencontres improbables, de bluettes surannées. Petit microcosme intime, comédie kitsch et désuète qui n'existe que dans sa confidentialité nostalgique sans en avoir rien à foutre du reste du monde et de la modernité. On peut trouver cela extrêmement jubilant ou terriblement ennuyeux c'est selon !
« Ensemble nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour » ne déroge pas à la règle, oscillant entre apesanteur mordorée et romans de gare, blagues vaseuses à l'ancienne (la chanson paillarde sur la baise en levrette chez le couturier) et aphorisme courtois (discussion amoureuse au ras des pâquerettes).
Le film s'ouvre sur Dorothée et Nicolas, deux inconnus qui se croisent au milieu d'une fête de clocher et succombent immédiatement à un coup de foudre ravageur. Nicolas (Julien Doré désopilant avec son accent du sud) ne peut, dès cet instant, plus oublier la jeune femme (Marina Hands très Judith Godrèche) et décide de venir la rejoindre dans son petit village. Très tôt réunis, ils décident de vivre une très, très grande histoire d'amour... Ils en sont assurés, certains. Ils folâtrent et batifolent dans la trajectoire incertaine des papillons, se vautrent dans l'herbe, ne veulent plus se quitter. Même si Dorothée vit chez son père qui voit d'un mauvais œil l'arrivée du jeune freluquet, Nicolas s'obstine, s'accroche. Il décide de trouver un travail et de s'installer ici (Scène fabuleuse où, répondant à une annonce coiffure, il aligne ses références et sa maîtrise de la coupe en dégradé sans tondeuse pour convaincre le coiffeur en chef Bernard Menez).
Hélas, comme la vie s'ingénie toujours à contrarier les meilleures résolutions, rien ne va se passer comme prévu dans ce couple et de quiproquos en disputes, de serments en trahisons, de petites jalousies en crises de larme, de vrais départs en fausses retrouvailles, les deux amants vont se retrouver emportés dans le tourbillon des turpitudes amoureuses et ainsi croiser la route d'une galerie de personnages plus singuliers les uns que les autres : Noémie Lvovsky en logeuse Nymphomane éperdue, Guillaume Gallienne en mari couturier sourd et muet (désopilant il faut le dire) et Bernard Menez en coiffeur à blouse bleue ciel plus vrai que nature.
On finit presque par se fiche de l'histoire, une histoire si nunuche que l'on se perd d'ailleurs dans les infortunes émotionnelles du couple, dans cette quête que l'on devine gagnée d'avance et on se laisse juste porter par la fantaisie obsolète des amants, la petite ivresse des sentiments adolescents en se disant et alors ?
Et alors ? Il y a bien l'amertume qui hante le film. Il y a bien l'amour comme unique raison de vivre. Il y a bien une espèce de légèreté insouciante, une capacité à peindre l'amour et les mots bleus de l'intérieur comme s'il n'y avait plus qu'eux, les amoureux. Mais il y a hélas, parfois, l'idée que l'on est aussi devant l'œuvre d'un vieux schnock quand même filmée avec une liberté folle, un film carte vermeille sans référence au présent, sans allusion à l'avenir, juste à ces deux êtres enfermés dans une région géographique limitée, une époque déjà dépassée... Ensemble nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour est une love story à l'ancienne, une comédie française pour les jeunes qui rigolent encore aux blagues du papy, un film plus regecolor que technicolor, un grand trip sous tisane miel pour les extravagances échevelées du troisième âge.
Sortie le 7 avril 2010

By Kowalski
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...