Shutter Island s'ouvre sur un rafiot porté par une mer démontée, sans ligne d'horizon, tumulte assourdissant des vagues effrangées synchronisant la folie à venir au rythme du ressac. A bord, Di Caprio vomit dans les toilettes, regard bleu, malade, désespéré puis rejoint son acolyte (Mark Ruffalo) sur le pont recouvert de blanches écumes... Introduction étrange pour un film étrange.
Les années 50, deux marshals (Di Caprio et Mark Ruffalo) se rendent sur une île transformée en centre de détention psychiatrique où une patiente, Rachel Solando, manque, inexplicablement, à l'appel. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre cohérente d'une malade ou cryptogramme ?
Le film devient ombrageux, sonore, labyrinthique, lourd de sens et de signification pathologique. Les autorités ne coopèrent pas. L'enquête piétine et le doute s'installe. Quelles expériences sont menées ici et pourquoi ? Petit à petit, Di Caprio, se noie dans un violent reflux d'images mentales convoquant les fantômes des victimes d'un camp de concentration, d'enfants disparus, de sa femme morte dans un incendie criminel (scène sublime où Di Caprio la rejoint dans un rêve tandis que la cendre brûlante tourbillonne autour du couple tendrement enlacé).
Histoire de culpabilité, de violence, de non-dits, de remords. On s'imagine chez Lynch plus que chez Scorcese. Taxi driver, Raging bull, histoires de mafia : oubliés. Shutter Island est un film malade, patraque, mal fichu, migraineux, angoissant, parfois très beau esthétiquement, souvent très moche... La toute fin est remarquable, mais sa beauté ne tient plus qu'au regard de Di Caprio qui trouve ici un rôle à sa démesure affolée. A lui seul il sauve souvent ce film biscornu du naufrage.
Mais il y a une raison d'aller voir ce film, une excellente raison : le générique de fin. La voix rauque de Dinah Washington sur "This Bitter Earth", blues simplet à l'origine, est remixée par les violons romantiques de Max Richter, croisant une des plus belles voix du jazz avec son propre morceau "The Nature of day life". Le résultat est bouleversant, long slow mélancolique où les paroles revenues des fifties font écho à la sombre mélancolie du personnage et donnent un sens à ses errances désespérées... Une bonne raison de rester jusqu'au bout !
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...