Contre l'extinction de Vieux Félin !
Jeudi, 11 Novembre 2010 00:14
Rolanda Bibine
C'est l'information qui agite le petit monde de la blogosphère cette semaine. L'histoire de
Vieux Félin, une p'tite nana (c'est ainsi qu'elle m'apparaît) qui a obtenu un poste d'assistante d'éducation dans une classe relais de 6 ados et qui raconte l'expérience de sa première journée sur son blog.
Dans ce billet, Vieux Félin dresse le portrait au vitriol de ces 6 gamins à la façon géniale d'une émission de téléréalité et ce avec beaucoup de tendresse. En quelques lignes, elle nous expose la véracité de ce type d'enseignement : des gamins totalement paumés et ingérables, qui se sont extraits (où que l'on a exclus) du système scolaire classique, des profs non formés à qui l'on donne la charge de les « rééduquer » (en d'autres termes, les sociabiliser ou encore en d'autres termes leur faire comprendre qu'une phrase ne se termine pas obligatoirement par « enculé », « pute »...). Dans ce billet, les propos sont volontairement crus, parce que c'est son style et parce que cela reflète l'univers sémantique dans lequel elle baigne.
Or quelques jours plus tard, il s'avère que la directrice du collège a vent (un vent nauséabond il me semble) de ce récit, convoque Vieux Félin et la renvoie sur le champ.
Mon intention ici est de dire qu'en tant que prof, j'ai vraiment aimé ce billet. Il m'a fait du bien. D'abord parce que je l'ai trouvé extrêmement drôle (si, « pute à docker », c'est drôle !) et parce qu'en plus je connais la situation dans laquelle il a été rédigé. Je peux comprendre qu'après plusieurs heures face à des mômes qu'il faut pousser à travailler, reprendre sans cesse, encourager, porter à bout de bras tout en évitant les attaques, les mouvements de colère, les moqueries, on ait juste envie de leur dire : « mais ferme ta gueule, tu ne vois donc pas que je cherche à t'aider ! » Sauf qu'on ne peut pas dire cela. Parce que le couperet tomberait immédiatement ! De la part des parents qui trouvent cela normal que leurs chers enfants parlent aussi mal aux adultes, de la part des ados eux-mêmes qui ont des droits (« je vais me plaindre...et blablabla ») et de la part de la direction. Alors on peut l'écrire et cela fait vraiment du bien.
Et d'ailleurs, il faut se rendre à l'évidence les salles des profs sont bien souvent d'immenses défouloirs verbaux, des endroits où chaque professeur s'en donne à cœur joie de vilipender tel ou tel élève et ce dans des termes très crus. Car la réalité du monde pédagogique aujourd'hui s'apparente de fait à des univers comme ceux de la médecine où si l'on veut supporter la charge professionnelle et émotionnelle qui en découle, il est normal, voir indispensable de désacraliser la fonction et de se laisser parfois aller à de basses grossièretés.
J'ajouterai pour conclure que l'utilisation d'un tel vocabulaire n'est aujourd'hui plus l'apanage de jeunes délinquants mais également d'hommes politiques situés aux plus hautes sphères de la société. Et que ceux-ci ne sont jamais incriminés, ni condamnés, ni exclus de leur fonction pour de tels agissements.
J'aurais aimé écrire le billet de Vieux Félin. Il me manque juste son talent et les couilles qui vont avec.

By Rolanda Bibine
(et kowalski)
Note de Sand: Le blog, et les billets incriminés sont depuis passés en blog protégé, impossible de vous mettre un lien. Mais vous pouvez toujours suivre Vieux Felin sur son fanpage, son twitter, ou sur son blog originel (et original).
Découverte totale !
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J'avoue avoir un gros faible pour les...
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