Debout malgré tout !
Jeudi, 04 Mars 2010 00:00
sand
Camarades, camarades. On vous ment, on vous spolie. L'injustice règne en maître. Je vais monter un grand mouvement social de revendication (première revendication: accepter TOUTES nos revendications) Parce que les féministes, elles me font un peu marrer. Très bien l'égalité machin, la contraception j'ai rien contre, l'IVG, le droit de vote c'est pas mal c'est vrai. Mais elles ont quand même oublié un truc essentiel qui nous releguera pour toujours au rang des espèces en état de précarité, nous les femmes. Parfaitement.
On n'a pas de bite. Phallus, lance à incendie, petit paresseux, braquemart, membre premium, chevalier teuton. Rien de rien. Nicks. Et corrolaire, nous devons faire pipi assise. Enfin, ça c'est le raccourci simpliste.
Parce qu'en vrai rien n'est simple.
Chez soi, où normalement la technologie et l'hygiène conjuguées font que l'on bénéficie normalement de toilettes à la cuvette rutilante (et même pour les plus délicates à la chasse parfumée), pas de problème. Mais quand il prend à nos féminines personnes le désir de se rendre à l'extérieur, las !
Je ne parlerai pas ici des bureaux et lieux de travail, où logiquement, il devrait régner à peu près le même confort qu'aux lieux d'aisance at home, mais plutôt de ces endroits où l'on attérit en urgence, l'injustice de l'appendice manquant nous y poussant, parfois bien malgré nous.
Et c'est en pénetrant dans un de ces lieux plus ou moins accueillants que nous revient en mémoire la recommandation de notre maman (ou de toute autre personne de sexe féminin nous ayant déjà accompagné aux toilettes) : SURTOUT NE T'ASSIEDS PAS.
Et parce que nous sommes de bonnes filles, nous obéissons. C'est ainsi qu'après avoir désinfecté la lunette à la lingette hydroalcoolique, posé une protection de siège (qui ne servira pas puisque nous ne nous assierons pas), désinfecté nos mains, puis s' être déshabillée en tenant notre sac à main (faudrait pas le poser par terre), manqué de perdre l'équilibre (rapport aux talons de 10, au sac à main, parfois à la jupe tenue d'une main), rattrapée de justesse en posant la main sur la porte.
Oups. Redécontamination des mains à la lingette, il faut maintenant approcher les fesses en souplesse et délicatesse, mais SANS poser le moindre bout de peau.... Sinon... Sinon, ben on ne sait pas. Mais ça justifie sûrement de faire une petite séance d'abdos-fessiers (cuisses en extension, mollets tétanisés). Enfin, soulagée, pouvoir quitter cet ersatz de salle de gym impromptue, sans une pensée même émue pour notre voisine de calvaire, qui, au jugé du bruit, a droit à la maxiséance abdos-fessiers. Merci la nature (et les toilettes d'aires d'autoroutes mal entretenues). Et on se demandera encore pourquoi les filles passent tant de temps aux toilettes.
Et puis il y aussi les no man's land du pipi. Nous roulons depuis des kilomètres, et nous ressentons une certaine gêne. Par exemple. Manque de pot (ha ha), c'est le désert cuvatoire. Rien. Il faut se résoudre à faire ça à l'ancienne. Nous serions des mecs, hop, une possibilité de se parquer, et les ballasts seraient largués debout et en trois secondes chronos.
Mais non, chez nous c'est stratégique. Trouver le bon bosquet. Suffisamment haut et inextricable pour ne pas qu'on nous y voie, mais pas trop haut ni inextricable pour pouvoir y accéder. Boue et ronces free. Un endroit plane si possible , nous évitons tant que faire se peut les cuvettes, qui bien que séduisantes au premier abord, s'avèrent de traître compagnie dès que nous sommes sur leurs bords glissants. Et puis, ravalant toute fierté et risquant d'exposer au monde entier et accessoirement à notre accompagnant voiture (néanmoins, si nous avons réussi à surmonter le cap du "je dois faire pipi n'importe où j'en peux plus, sinon j'explose", il est à supposer qu'il a déjà vu nos fesses au moins une fois) fuir plus ou moins sereinement vers le lieu choisi.
Jouer à la reine du silence sans trône, dénicher le coin parfait, oeil aiguisé, sans lunette. Contrairement aux toilettes publiques, où la relative intimité nous autorise à prendre notre temps, là, il faut faire vite. Et viser juste. Accroupie mais pas trop, bien que la position semble relativement dégradante, nous avons bien essayé de faire la chaise avec les genoux à 90°, mais sans l'appui d'un arbre et les cuisses surentrainées d'une fondeuse, mieux vaut oublier. Pas trop près du sol, parce que il y a tout un tas de choses plus ou moins agressives qui en veulent à notre épiderme (et au tissu fragile de notre culotte en soie, c'était peut être pas le bon moment pour sortir le bloomer à volants). Et croyez moi sur parole, développer un urticaire localisé est extrèmement inconfortable. Sans compter que s'attarder trop c'est s'exposer au gamin à la morve mal léchée et à la casquette sale, d'environ 10 ans et des pokémons qui nous pointera du doigt en rameutant le reste de la colo. "Ho, la dame elle fait pipi". Gêne et mortification sur 12 générations.
En conséquence de quoi, camarades, camarades, je réclame, puisqu'il est impossible de toutes nous munir de tels appendices, qu'à partir de désormais les hommes qui prêchent pour l'égalité (puisqu'il y en a) montrent leur solidarité et fassent pipi assis. PLUS JAMAIS DEBOUT, et la femme ne sera plus à genoux. (enfin sauf quand elle le voudra, n'est ce pas... Pour nettoyer la baignoire par exemple) (je vous vois venir avec vos sous entendus salaces, je ne vous ferai pas ce plaisir, lombrics lubriques ) .

By Sand
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