Le blog dont on ne dit pas le nom

Michel Foucault est un philosophe de la seconde moitié du 20éme siècle, auteur de Surveiller et punir. Pour résumer son oeuvre, je dirais que l'idée la plus intéressante et à partir de laquelle j'aimerais disserter est l'idée d'auto contrôle et d'autocensure.
Notre président visiblement très au courant de ces thèses semble l'appliquer à l'encontre des citoyens : « La sanction est le premier outil de la prévention. ». Cette phrase suit le projet de loi de la lutte contre la délinquance, loi qui a entre autre interdit le rassemblement des jeunes dans les cages d'escaliers ou permis la mise en place de nombreuses caméras dans nos villes.
On peut parler d'auto contrôle et d'autocensure quand la réaction la plus courante entendue quand je m'en suis scandalisé est : " Ben quoi, je vois pas où est le problème, tant que j'ai rien à me reprocher." Entre temps, le petit ministre de l'intérieur est devenu notre grand président Sarkoleon, qui est allé à réprimer tous les propos à son encontre, a fait démissionner le préfet qui n'a su empêcher une manifestation trop bruyante aux yeux de notre cher président, qui a pris le contrôle absolu des médias. Le même a voulu remettre en question la présomption d'innocence et la liberté d'expression à travers la loi Hadopi.
Pourtant, à travers l'élection européenne, aussi bien en France qu'en Europe, le conservatisme a pris de l'ampleur, alors que tous les analystes politiques, intellectuels sensés et même économistes se sont rendus compte de la nécessité de réguler le capitalisme et de récréer des réseaux de solidarités internationaux et inter-citoyens afin de sortir de la crise.
Or l'on demande encore plus de sécurité et l'on favorise les systèmes de dérégulation de marché au niveau de l'union : " Le Traité de Maastricht ne prévoit en effet aucune obligation pour les États membres de l'UE d'aider un de leurs pairs en difficulté économique ou financière, la philosophie sous-jacente étant celle de la responsabilité individuelle." L'europtimiste que je suis se retrouve donc atterré par le nouveau parlement européen qui favorise ce non interventionnisme, à l'heure où c'est l'union des pays européens qui pourrait nous permettre de sortir du bourbier dans lequel nous sommes, mais dormons et les moutons seront bien gardés.
Dans les universités nous retrouvons les mêmes situations. Fin janvier une crise commence à y voir lieu. Ses causes sont le mépris qu'a pu avoir Sarkoléon pour les enseignants chercheurs mais aussi l'inébranlable machine à réformer toujours aussi fracassante, rapide et ne prenant pas compte des acteurs concernés par la réforme. Tout est un bon prétexte pour reprendre les mobilisations qui ont eu lieu fin 2008 autour de la LRU.
Les syndicats étudiants ainsi que professionnels ont signé la la loi sur la Liberté et Responsabilité des Universités en juillet 2007 avec plus ou moins d'enthousiasme. En effet si la LRU est censé donner plus de liberté aux universités sur leur territoire et à partir de là s'ancrer dans le milieu socio-économique mais aussi culturelle, on peut lui reprocher une démocratie restreinte avec un plus grand pouvoir donner au président d'université. Les plus extrémistes pensent que l'entrée de personnalités extérieures risque d'amener à une " capitalisation de la fac". A l'heure où la même université fonctionne depuis cent ans, recroquevillée sur elle même, la LRU semble une bouffée d'air frais pour l'insertion professionnelle des étudiants, l'excellence de celle-ci mais aussi une manière de donner un nouveau souffle à la recherche. Pourtant certains "rouges" préfèrent l'air nauséabond de l'égalitarisme et du contrôle absolu de l'état.
Ce qui amène à un refus total de négociation. Conservatisme et opposition stérile étant du même acabit. Quelques jours avant l'inauguration de l'Université De Strasbourg, nous sommes convoqués en tant que représentant élus dans l'université afin de faire le point sur l'inauguration et nous obtenons la possibilité de parler avec la ministre.
La majorité des syndicats est contre, le mien plutôt d'avis à entrer en négociation. La ministre s'épargne l'effort d'avoir une entrevue avec la presse et les syndicats. Les étudiants mobilisés commencent à faire le jeu du gouvernement : "Tout est fait pour ralentir l'ardeur des candidats : actions plus ou moins volontaires d'une administration de l'enseignement supérieur mal préparée et parfois rétive, action calculée d'une administration de Bercy qui veut conserver la maîtrise financière et limiter autant que faire se peut la traduction dans les faits des promesses financières du Président et de sa Ministre." En effet plutôt que de se saisir d'un pari audacieux et qui va visiblement même à l'encontre des instances de décisions (il faut en effet avoir une certaine audace pour bousculer Bercy qui représente le pouvoir économique en France), l'université se plonge pendant plus de dix semaines dans la paralysie : prétexte à ralentir toutes les instances de décisions et de mise en place effective de cette autonomie.
Les plus contestataires nourrissent l'idée d'un contrôle étatiste digne d'un plan léniniste ou troksyste. Laissons la secte universitaire se replier sur elle même. L'université est unie envers et contre tous et surtout contre les forces de progrès.
Dans les deux exemples cités, on voit le conservatisme absolu d'une société malade mais qui par un trop grand autocontrôle refuse tout traitement novateur. Michel Foucault n'est pas mort, les normes sociales sont bien ancrées tels des tatouages dans nos peaux.
Rejoignons aujourd'hui ceux qui se décident à un vrai changement des moeurs, à une vraie modernisation de nos institutions. Non pas dans un but absolu de performance mais surtout avec la volonté de rendre à chacun sa place, sa dignité et son rôle dans nos institutions. Rôle qui ne peut se faire sans un certain degré de liberté et de créativité individuelle tant au niveau politique que dans nos manière de vivre. Un système écologique qui prennent en compte notre autonomie de sujet en devenir.
Plus qu'un effet de mode, si j'ai voulu finir par la conclusion de Home c'est parce que je suis persuadé qu'"il est trop tard pour être pessimiste". Après certains obscurantismes religieux, nous sommes tombés dans un obscurantisme idéologique, aujourd'hui prenons nos vies en main.

by Lio
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Salut Lili, Bienvenue ici !
La politique du renouvellement perpet...
Hello
Merci. - Je suis tombée sur ton blog...
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