Je dis crotte
Mardi, 19 Janvier 2010 00:51
sand

Y a des fois où je suis dépassée. Sérieux. Je viens de lire ici que l'absence de désir féminin pourrait être considéré comme maladie mentale. So what?
On ne serait plus simplement fatiguée, pas en forme ou migraineuse mais souffrant de maladie mentale?
Désirer à tout prix. Partout, tout le temps sous peine d'être considérée comme anormale. Comme si la consommation effrénée dans laquelle (que nous le voulions ou non) nous sommes plongés quotidiennement incluait le sexe aussi. Consommez du sexe. Consommez sinon vous n'êtes pas équilibrés. Vous n'êtes pas sains. Après le discours orgasme à tout prix et plaisir à tout crin, voici venu le temps de la non abstinence obligatoire.
Discours dangereux quand il s'insinue dans l'esprit de jeunes femmes ou d'adolescentes débutant une vie sexuelle, la plupart du temps sans autre support informatif que les magazines féminins et les on-dit des copines.
Je me souviens ado de discussions de filles où notre principale préoccupation était de trouver le ou les moyens de donner du plaisir à l'autre. Pour être bonne. Pour être dans la norme.
Si j étais ado aujourd'hui je serais encore plus effrayée qu'alors. Parce qu'en plus de donner du plaisir, je devrais aussi en ressentir. Et jusqu'à lorgasme s'il vous plait. En sachant que le mieux est d'en avoir plusieurs. Clitoridiens et vaginaux. Parce qu'une sexualité uniquement clitoridienne est, d'après certains discours, une sexualité immature et incomplète. Que les sextoys, vibros, plugs feraient partie de mon vocabulaire courant autant que de ma sexualité. Que la sodomie ne serait même plus une pratique à peut être envisager (quoique vaguement nauséeuse) mais un passage obligé.
Et je ne pourrais envisager une seule seconde l'absence de désir comme quelque chose de normal mais comme une tare irrémédiable. Ado avec tous les questionnements que cela implique sur son corps, sur soi, sur l'autre je serais plus que provablement tétanisée.
Parce que personne ne veut être désespérément normal autant qu'un ado.
Heureusement pour moi j'entends ce discours en tant qu'adulte. Je peux donc faire le choix d'adhérer ou non. Je peux choisir de prendre ce qui me convient dans cette ultralibéralisation du sexe et laisser le reste.
Je peux choisir d'être une femme qui parle de sexe sans tabou , je peux aller aàdes réunions sextoys avec des copines sans trouver ça sale et dégradant mais sans m'y sentir obligée non plus. Je peux accepter de ne pas avoir envie. Je peux me refuser quand j'estime que ça m'est nécessaire. Et je ne me sentirais jamais coupable ou malade parce que j'ai une baisse de désir. Ou carrément une absence. C'est une chose tellement fragile et intangible , tellement fluctuante qu'en faire une maladie me parait bien exagéré.
Bien sur il y a des cas où le manque de désir est un problème. Mais un problème de couple avant tout. Le manque d'équilibre entre le désirant et celui qui ne desire pas peut mener bien des couples à sombrer. C'est évident. Frustrer l'autre pour de longues périodes, si son désir est fort, est compliqué. Mais pas plus que de passer toutes ses vacances au ski si l'autre n'aime que la mer.
Est-ce symptomatique de notre monde de vouloir nommer à tout prix, étiquetter des sujets si sensibles ?
A force de montrer dans les médias des formes de sexualité toujours plus variées et plus hard, dans les pratiques et la décomplexion, on en arrive à créer des monstres.
Des machines à orgasmes, des robots à la mécanique bien huilée, baisant comme des métronomes. Sauf que c'est loin d'être la réalité. Que tout le monde ne place pas le sexe au sommet de ses priorités. Et quand bien même, les priorités comme les envies peuvent changer dans une vie.
Je veux qu'on me foute la paix.
Je veux qu'on me laisse le droit de ne pas jouir à chaque fois mais de quand même avoir du plaisir.
Je veux pouvoir dire "j'ai la migraine " parce que c'est vrai et ne pas être regardée comme une frigide désespérante.
Je veux qu'on me laisse regarder une série débile à la télé plutôt que de réviser le kama sutra quand je n'en ai pas envie.
Je veux être moi.
(et au passage tant que je suis dans la revendication je veux, non j'EXIGE qu'on cesse de faire des pubs ridicules sur les troubles de l'érection. Sérieux on dirait que le réalisateur de Derrick a croisé le scénariste de Plus belle la vie. )
By Sand
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...
n'est ce pas !?
pour l'instant tout se passe bien. :...