Je mentirai si je disais que je me rappelle mot pour mot de tous mes cours. Après tout, je suis incapable de me rappeler de ce que j'ai bouffé, il y a trois jours. Par contre, je me souviens des grandes idées. JE me souviens que la France est (sensée être) une démocratie, parce que c'est nous qui choisissons nos élus, parce que c'est nous qui régissons la vie politique et la route de notre nation.
Et depuis 3 ans, tous les matins en me réveillant, je me dis la même chose : WTF !?!
En fait, je devais lire trop de BD en cours, sinon j'aurais chopé le truc sur la différence entre la démocratie représentative et la démocratie participative. En gros, la différence entre une démocratie ou tu choisis ce qui se passe et une démocratie ou tu choisis juste celui qui va se payer ta tête pendant 5 ans.
Attention, je ne crache pas sur la 5e république. Déjà, parce que, comme bien des gens vont le faire remarquer, c'est certain que la France est une dictature, si on la compare à pas mal d'autres pays, mais d'un autre coté, il faudrait peut être arrêter cette tendance de toujours critiquer par le bas.
Non non, c'est juste qu'elle a été crée pendant une période de crise (la Guerre d'Algérie) et qu'elle correspond à un régime de crise. Que le président soit tout puissant à ce moment est à peu près normal, on a pas besoin que le navire se pète la gueule parce qu'on a changé 15 fois de capitaine sans raison.
Toutefois, c'était il y a 70 ans. Les mœurs ont changé. La France a changé, aussi bien démographiquement que culturellement. La vie a changé. La communication a changé. Et les gens, maintenant, veulent être écoutés, veulent être décisionnaires. Et pas seulement 3 fois tous les 5 ans. Les gens veulent de la transparence. Veulent pouvoir influer sur le cours des choses. Et pas juste se rendre compte que « Oups, tu t'es gouré, mais tu vas devoir te tagueuler pendant 5 ans ». Non, les gens veulent de la démocratie. De la vraie.
Actuellement, le gouvernement bafoue l'idée même de démocratie, chaque fois qu'elle sort des conneries telles que « ce n'est pas la rue qui gouverne » (ah, ce bon vieux Raffarin, il me manque, tiens). Actuellement, et ce depuis un moment, la République Française se rapproche de plus en plus de la monarchie de 1789 ; au point qu'on s'attende presque à ce que CBS nous sorte « et bien, qu'ils mangent de la pizza » (j'exagère, mais pas tant que ça).
Et ça s'est vu hier. Vraiment. Un rictus jeté en pleine face. Enfin, un rictus pour ceux qui ne s'y attendaient pas. Dans l'idée de pas mal de personnes, après les tensions sociales énormes qui ont eu lieu depuis les mois de septembre, il allait y avoir un « tournant social » afin d'apaiser les tensions, et de permettre l'éventuelle réélection de notre cher président. Bien sûr, ce n'était qu'un rêve. Mais rêve gentiment insufflé par nos chers journalistes, aiguillé d'une main de maitre par les coups de comm' distillés savamment par l'Elysée.
Résultat, de tournant social, on passe à « virage à droite toute », avec tout ce que ça comporte de démagogie et d'âneries, à commencer par la création de ministères totalement inutiles, qui ne mériteraient même pas un sous-secrétariat. Mesdames et messieurs, à l'heure où l'emploi est en crise, ou le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté, où l'industrie française se casse la figure, nous avons : UN MINISTERE DU SPORT, OUAIIIIIIIIS !!!!!! .......... Vous aussi, ça vous parait débile, hein ? Sans compter des ministères de « la solidarité et de la cohésion sociale » et un « Ministère de la Coopération » et « Ministère de l'apprentissage et de la formation professionnelle ». Alors que ça fait des années que l'on coupe les budgets dans tous les domaines aux bas fonctionnaires, c'est-à-dire ceux qui servent réellement à quelque chose, afin de diminuer les dépenses de l'Etat. Des opérations de redistribution qui ne font penser qu'à une seule chose : une cour. Une banale cour moyenâgeuse refaite au goût du jour, mais qui a le mérite improbable de jouer avec l'anachronisme au point de faire chaque jour apparaitre de nouvelles scènes naturalistes dignes de Zola.
Ces temps ci, si on tend l'oreille, partout, j'entends les mêmes choses. Un brouhaha décousu d'où aucune information tangible ne sort, mais dont une impression sale suppure : agacement, rancœur, ridicule, haine des classes et de la société, abattement, jalousie, j'en passe et des meilleures. L'atmosphère est comme le temps : grisâtre, fade, maussade et lourde.
Les gens chuchotent, maugréent. Et c'est devenu pire depuis la crise de la retraite. Une ambiance de ras le bol et de saturation flotte. Mais durera-t-elle longtemps. Où alors, comme l'a déclaré notre cher président, les français ont-ils une mémoire de poisson rouge ?

by Spleen Sans Idéal
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