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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Res publica ou Démos cratos ?

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A 12 ans, on croit à beaucoup de choses. On croit que les super héros arriveront un jour. On croit qu'on finira par voir arriver des  mondes virtuels comme dans ExistenZ. On croit que les loups-garous existent (on cherche juste un moyen de les débusquer). Et on croit à ce qui est écrit dans les livres d'Education Civique. Parce qu'ils sont là pour expliquer comment tourne notre pays. ON nous apprend plein de trucs : comment marche le parlement, le sénat, c'est quoi un parti politique, et d'autres choses très intéressantes. Et on commence surtout par les types de régimes politiques. On nous explique la différence entre un état totalitaire et une démocratie. Entre une république et une dictature.

Je mentirai si je disais que je me rappelle mot pour mot de tous mes cours. Après tout, je suis incapable de me rappeler de ce que j'ai bouffé, il y a trois jours. Par contre, je me souviens des grandes idées. JE me souviens que la France est (sensée être) une démocratie, parce que c'est nous qui choisissons nos élus, parce que c'est nous qui régissons la vie politique et la route de notre nation.


Et depuis  3 ans, tous les matins en me réveillant, je me dis la même chose : WTF !?!

En fait, je devais lire trop de BD en cours, sinon j'aurais chopé le truc sur la différence entre la démocratie représentative et la démocratie participative.  En gros, la différence entre une démocratie ou tu choisis ce qui se passe et une démocratie ou tu choisis juste celui qui va se payer ta tête pendant 5 ans.

Attention, je ne crache pas sur la 5e république. Déjà, parce que, comme bien des gens vont le faire remarquer, c'est certain que la France est une dictature, si on la compare à pas mal d'autres pays, mais d'un autre coté, il faudrait peut être arrêter cette tendance de toujours critiquer par le bas.

Non non, c'est juste qu'elle a été crée pendant une période de crise (la Guerre d'Algérie) et qu'elle correspond  à un régime de crise. Que le président soit tout puissant à ce moment est à peu près normal, on a pas besoin que le navire se pète la gueule parce qu'on a changé 15 fois de capitaine sans raison.

Toutefois, c'était il y a 70 ans. Les mœurs ont changé. La France a changé, aussi bien démographiquement que culturellement. La vie a changé. La communication a changé.   Et les gens, maintenant, veulent être écoutés, veulent être décisionnaires. Et pas seulement 3 fois tous les 5 ans.  Les gens veulent de la transparence. Veulent pouvoir influer sur le cours des choses. Et pas juste se rendre compte que «  Oups, tu t'es gouré, mais tu vas devoir te tagueuler pendant 5 ans ». Non, les gens veulent de la démocratie. De la vraie.

Actuellement, le gouvernement bafoue l'idée même de démocratie, chaque fois qu'elle sort des conneries telles que «  ce n'est pas la rue qui gouverne » (ah, ce bon vieux Raffarin, il me manque, tiens). Actuellement, et ce depuis un moment, la République Française se rapproche de plus en plus de la monarchie de 1789 ; au point qu'on s'attende presque à ce que CBS nous sorte « et bien, qu'ils mangent de la pizza » (j'exagère, mais pas tant que ça).

Et ça s'est vu hier. Vraiment. Un rictus jeté en pleine face.  Enfin, un rictus pour ceux qui ne s'y attendaient pas. Dans l'idée de pas mal de personnes, après les tensions sociales énormes qui ont eu lieu depuis les mois de septembre,  il allait y avoir un « tournant social » afin d'apaiser les tensions, et de permettre l'éventuelle réélection de notre cher président.  Bien sûr, ce n'était qu'un rêve. Mais rêve gentiment insufflé par nos chers journalistes, aiguillé d'une main de maitre par les coups de comm' distillés savamment par l'Elysée.

Résultat, de tournant social, on passe à « virage à droite toute », avec tout ce que ça comporte de démagogie et d'âneries, à commencer par la création de ministères totalement inutiles, qui ne mériteraient même pas un sous-secrétariat. Mesdames et messieurs, à l'heure où l'emploi est en crise, ou le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté, où l'industrie française se casse la figure, nous avons : UN MINISTERE DU SPORT, OUAIIIIIIIIS !!!!!! .......... Vous aussi, ça vous parait débile, hein ? Sans compter des ministères de « la solidarité et de la cohésion sociale » et un « Ministère de la Coopération » et « Ministère de l'apprentissage et de la formation professionnelle ». Alors que ça fait des années que l'on coupe les budgets dans tous les domaines aux bas fonctionnaires, c'est-à-dire ceux qui servent réellement à quelque chose, afin de diminuer les dépenses de l'Etat. Des opérations de redistribution qui ne font penser qu'à une seule chose : une cour. Une banale cour moyenâgeuse refaite au goût du jour, mais qui a le mérite improbable de jouer avec l'anachronisme au point de faire chaque jour apparaitre de nouvelles scènes naturalistes dignes de Zola.

Ces temps ci, si on tend l'oreille,  partout, j'entends les mêmes choses. Un brouhaha décousu d'où aucune information tangible ne sort, mais dont une impression  sale suppure : agacement, rancœur, ridicule, haine des classes et de la société, abattement, jalousie, j'en passe et des meilleures. L'atmosphère est comme le temps : grisâtre, fade, maussade et lourde.

Les gens chuchotent, maugréent. Et c'est devenu pire depuis la crise de la retraite. Une ambiance de ras le bol et de saturation flotte. Mais durera-t-elle longtemps. Où alors, comme l'a déclaré notre cher président, les français ont-ils une mémoire de poisson rouge ?

by Spleen Sans Idéal

Commentaires
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Rolanda Bibine 16-11-2010 22:33:53

De quelles tensions sociales parles-tu ? Notre cher président vient de dire ce soir que ce n'était qu'une minorité dans la rue !
Et oui c'est bien cela qu'on leur enseigne. Les principes de la démocratie et le fonctionnement de la République. Matures, ils comprendront, peut-être par eux mêmes, qu'un bon nombre de nos principes sont bafoués.
  Ma cocotte 17-11-2010 22:36:14

Comme toi j'hésite entre l'amertume, la colère et l'envie de croire que tout n'est pas perdu.
J'ai toujours voulu croire dans les institutions garantes de la démocratie. Je me dis aussi que même si je vote, je ne suis pas actrice du fait politique. Je ne m'engage pas. Je ne milite pas.
Ca n'empêche pas que je prenne position.
Chaque jour je me dis que ça va péter et chaque soir je m'étonne. Nous avons encore courbé l'échine. Nous nous sommes un peu plus résigné, nous le petit peuple des gens ordinaires.
On parle parfois d'un seuil de tolérance avoisinant les 10 %... Je me demande jusqu'où peut s'étendre le seuil de tolérance à l'injustice des Français.
Zan 18-11-2010 16:32:40

j'ai envie de hurler. ça m'écœure cette impuissance qui nous scie les bras. ce bulletin blanc qui n'a aucun poids. ce bulletin non-blanc qu'ils salissent à chaque mensonge. ce sentiment kafkaïen que, quoi qu'on fasse à notre niveau, ça ne bougera pas. mais surtout, ça m'écœure de m'apercevoir qu'en effet chacun pense que ça ne sert à rien, et laisse tomber, du coup. j'ai pas envie de croire à ça. j'ai envie d'une 6e république pour démarrer sur d'autres bases. et je tiens absolument à croire que c'est possible. que tout est possible. même le plus positif.
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Spleen sans idéal est membre de Voldemag depuis le Lundi, 15 Mars 2010.

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