
Le père de Patrick Buisson était ingénieur chez EDF. Maurassien convaincu, il abreuve son fils de théories sur le nationalisme intégral et l'antisémitisme déclaré. Difficile de marcher sur les traces de son père dit-on parfois, cela dépend de la réflexion que l'on est capable d'y intégrer ou pas. En tous les cas, ce n'est sûrement pas une question que se pose le jeune Patrick qui, après de longues études d'histoires, s'oriente vers le journalisme à Minute, au Crapouillot ou valeurs actuelles publiant quelques livres dont un complaisant recueil de photos sur le leader frontiste : Jean Marie Le Pen.
En 1994, son talent d'écriture le fait croiser Philipe de Villiers lors des élections européennes. Devenu son maître à penser, il pousse de Villiers à aguerrir son propos à l'encontre des jeunes issus de l'immigration.
En 1995, il rencontre Nicolas Sarkozy. Ce dernier, envoûté par sa culture politique et son art conjugué de la manipulation et du poujadisme, comprend vite que Buisson est l'homme de la situation. En 2005, Buisson devient le principal conseiller politique de Sarkozy. Très vite, il convainc le leader UMP que c'est sur les terres déliquescentes du front national que la victoire se fera. Adepte d'une droite décomplexée et manipulatrice, c'est bien lui, l'architecte du siphonage des voix lepénistes lors des dernières élections.
Pendant la campagne il est également chargé (moyennant un salaire de 10000 euros par mois) de prendre le pouls de l'opinion afin de définir la stratégie à adopter.Comprenez : Afin de définir le programme politique de Nicolas Sarkozy, il commande des sondages sur les interrogations de la société : L'insécurité, le pouvoir d'achat ou l'immigration, des sujets largement mis à la mode dans les débats politique de l'époque et dont les réponses servent alors de substantifique moelle pour l'écriture des discours politiques du chef.
En septembre dernier, Nicolas Sarkozy a décoré Patrick Buisson de la Légion d'honneur. Lors de cette cérémonie lumineuse et émouvante, le chef de l'état a déclaré la larme à l'œil : "Tu es celui sans qui je ne serais pas là aujourd'hui."
Effectivement, si Nicolas Sarkozy est devenu le président de la république française c'est bien grâce à Buisson qui, avant tout le monde, a stimulé le glissement à droite de l'échiquier politique transformant l'UMP en une machine propagandiste dévorant l'angoisse du peuple pour grossir ses flancs en cachant le gouffre de ses échecs. Tout cela nous rappelle la thématique de l'identité nationale, un sujet ignominieux dont personne n'a rien à foutre aujourd'hui, mais qui sera, hélas, l'inexpugnable cheval de bataille de la droite désormais.
Il ne faudra pas longtemps avant que l'on y revienne à tout ça, avant que l'on ne trouve une nouvelle bête noire et si cette bête là est arabe et qu'elle n'a pas les mêmes principes démocratiques (il y a bien une différence entre la démocratie et la république putain !) que nous ça suffira. Deux ou trois sondages, des myriades hallucinées d'empoisonnements prime-timisés affirmeront que si on ne tape pas sur les déracinés, c'est la société toute entière qui implose.
Le Pen doit sombrer dans l'amertume ces jours-ci. Jamais ses idées n'ont eu aussi bonne presse. Dommage pour lui, il est trop tard pour en jouir pleinement. C'est Nicolas Sarkozy, son fils indigne, qui en récolte le fruit.
Pour information, Patrick Buisson aurait acheté, en 2008, pour 190000 euros de sondages, à Opinionway, mais les aurait facturés, selon Libération, 1,1 million à l'Elysée. Soit six fois plus cher. Belle marge que nie le conseiller qui a porté plainte contre le quotidien en dénonçant notamment "des chiffres fantaisistes".
A quand la justice ?

By Kowalski
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... Ce mec est un grand timide... Tou...
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