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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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#Botzaris36 : le calme avant la tempête

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21 juin 2011. Si on m'avait dit que je passerais la Fête de la Musique aux côtés de réfugiés Tunisiens, j'aurai pas parié dessus. Et pourtant.

Massés autour du parc, les migrants profitent de la tolérance temporaire des voisins (Fête de la Musique oblige) pour chanter un brin. On trouve des percussions de fortune, une fille arrive avec une guitare et une jolie voix. On danse un peu. On m'offre un verre de Coca. Ambiance bon enfant. On ne croirait presque pas que ces gens sont à la rue.

Sur place, ceux qui soutiennent les migrants sont bien fatigués. Ils font tampon entre des migrants indignés, des forces de l'ordre peu enclines au dialogue et des journalistes frileux. Au quotidien, cela devient vite chronophage (et épuisant!) : suivre Twitter au plus près, appeler, rappeler, appeler encore des journalistes qui ne viendront pas, calmer les éventuels débordements... pas aisé. Et il y a peu de renouvellement : on tire sur la corde, on creuse les cernes, on prend des risques... je ne peux que compatir et leur apporter quelques paroles de réconfort. Et à manger.

A propos, parfois, un riverain vient donner à manger, ou des couvertures de survie. Heureusement. Il y en a peu. Les gens sont étrangement indifférents. On a trouvé un médecin.

Les Tunisiens sont étonnés et énervés d'être traités ainsi. "Mais pourquoi rien ne bouge ?" "Pourquoi les journalistes ne s'intéressent-ils pas à l'affaire" ? "Pourquoi les élus ne viennent-ils pas ici pour parler avec nous ?".

Soif de démocratie réelle. Déception. On ne peut que leur assurer, gênés, qu'on fait ce qu'on peut.


La situation est critique : expulsés du N°36 de la rue Botzaris, lieu rempli de souvenirs douloureux et compromettants de l'époque de Ben Ali, ils sont réduis à dormir dans le Parc des Buttes Chaumont, non loin de là.

Le problème ? Deux enjeux sont imbriqués : on a d'un côté une réelle crise humanitaire (mise en avant par Karim Guellaty sur son blog, des migrants, qui n'ont rien sur eux, qui mériteraient d'être mieux traités, et de l'autre, des archives compromettantes, que beaucoup d'acteurs de la vie politique française et tunisienne n'ont pas très envie de voir sortir. Si l'on était pas assis sur une affaire d'Etat(s), on n'en serait pas là...

Jeu de ping-pong entre la Mairie de Paris et l'Intérieur, entre Paris et Tunis... rien ne bouge et la police veille. Et pendant ce temps-là, on dort toujours dehors. Chouette.

Elle ne fait pas que veiller : à peine ai-je quitté les lieux que quelques heures après (c'est à dire le lendemain), je trouve une expulsion dans mon Twitter. Avec des vrais morceaux de CRS dedans. Du lourd et du méchant. On emmène tout ce petit monde au poste (dont des mineurs). On demande les papiers.


Une intervention que ni la Mairie, ni la Préfecture de Police, ni le Ministère de l'Intérieur, ne sont prêts à assumer; et que la Presse, qui semble avoir intérêt à fermer les yeux, est plus que réticente à couvrir.

 

Mais pourquoi donc expulser des réfugiés pacifiques et démunis manu militari, comme ça, par un mercredi pluvieux, en plus ?

@leclown nous donne un élément de réponse :

"@leclown: Ok les liens très probables entre #PS #UMP et ex #RCD seraient l'enjeu de #botzaris36 et cause du sort des réfugiés"

 

Effectivement. Il y a beaucoup de poussière sous le tapis. On comprend l'ambiance explosive et les risques pris par ceux qui aident les migrants...
Personnellement, j'ai du mal à faire la part des choses. Je vois bien que l'affaire est bien plus compliquée qu'il n'y paraît.

En tant que militante LGBT, j'ai eu affaire à des histoires de réfugiés politiques. Ce n'est pas ma première affaire. Je sais que si l'on quitte son pays dans ces conditions, ce n'est pas pour faire du tourisme. C'est ça qui m'a révolté dans cette histoire. Maintenant, pour la poussière sous le tapis, c'est autre chose. Je n'ai pas envie de prendre parti dans un débat dont je connais mal les tenants et les aboutissants. Ça, on verra. Mais en attendant ce serait pas mal d'avoir des gens qui dorment ailleurs que dans la rue. C'est aussi des humains !

 

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Auteur de cette article : Quota Atypique

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