
J'ai acheté mon premier numéro des inrockuptibles au début des années 90. Celui-ci retraçait l'histoire du groupe culte : « le Velvet Underground » avec photos en noir et blanc piquées comme la pochette de The Times, they are changin' de Bob Dylan. Inutile de vous dire que je garde précieusement ce numéro et qu'aucune demande d'emprunt ne sera entendue ici ! A cette époque, je vivais en basse Normandie, une province avec peu d'éxutoire à offrir en guise d'utopie adolescente, si ce n'est le naufrage salutaire dans la drogue et le rock'n.'roll.
L'écriture des inrocks était différente, littéraire, culturelle, politique, subtile, elle a marqué ma structure artistique plus que toute autre forme littéraire. Dans les pages du magazine paraissent des articles signés par Michka Assayas, JD Beauvallet, Christian Fevret, Emmanuel Tellier, Serge Kaganski ou plus tard Arnaud Viviant. J'adorais la plume d'Assayas, la façon avec laquelle il amalgamait sa vie au rock, ultime religion fusionnelle et gorgée de noires histoires à raconter. Les inrockuptibles m'ont offert cet émerveillement là.
En 1995, lorsque la revue a changé de format et de style pour adopter la périodicité hebdomadaire se voulant alors plus généraliste, traitant de musique, de cinéma, de littérature, de société, de télévision, de politique, je n'ai pas totalement adhéré... Cependant, j'ai continué de feuilleter le magazine sur Internet avec une sempiternelle tendresse pour les engagements politiques portés haut par les collaborateurs du journal.
En juin 2009, le magazine « les inrockuptibles » était racheté par le banquier d'affaire Matthieu Pigasse (Inutile de dire que je n'aimerais pas m'appeler Pig Ass) vice-président Europe de la Banque d'affaire Lazard (burk).
La semaine dernière, le fondateur du magazine, Christian Fevret le quittait. Il précisait « Vingt-quatre ans après avoir fondé Les Inrockuptibles avec quelques amis, c'est avec une émotion toute particulière que j'ai décidé, en accord avec Matthieu Pigasse de quitter le journal».
Christian Fevret, directeur de la rédaction a donc quitté le navire. Il était en désaccord depuis des semaines avec Pigasse, et ses représentants au sein des Inrocks sur la ligne éditoriale et l'orientation que le nouveau propriétaire entendait donner au magazine. Bernard Zekri (qui pense que Gilbert Montagné fait du rock), ancien directeur de la rédaction d'i-télé remplace Fevret.
Pour mémoire, en 2005, le journal Libération faisait rentrer Édouard de Rothschild dans le capital (rien que son nom m'horripilait). Rapidement le climat se détériorait. Le 13 juin 2006, Serge July annonçait à la rédaction qu'Édouard de Rothschild n'accepterait une recapitalisation qu'à la condition qu'il quitte le journal. Serge July devait quitter Libération le 30 juin 2006.
Les années 90 nous parlaient de liberté, de grunge, d'art... Des inconscients montaient des start-ups et se vautraient allègrement, d'autres croyaient encore à la liberté politique et publiaient furieusement.
Dans les années 2000, après avoir longtemps reniflé l'odeur de la chair fraiche, pas assez sarkoziste à son goût, le loup est rentré dans la bergerie. Et le carnage a été à la hauteur des ambitions omnipotentes de notre leader minimo. Mais alors, que va devenir la presse déjà mal en point ? Et qui sont les lecteurs qui continueront à parcourir les lignes d'une presse à l'indépendance éditoriale douteuse ?
Une certitude, incontestable : la liberté est l'aliment préféré des chiens. A qui le tour ?

By Kowalski
Ah mon grand A. - Merci pour tout ce ...
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
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