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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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La femme est un toxico pas comme les autres

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J'ai plutôt tendance à fonctionner sur le mode binaire ou on-off. Le tout ou rien. Je ne fais rien à moitié, je suis quelqu'un qu'on peut considérer comme entier, pour le meilleur et pour le pire.
C'est ainsi que j'ai été une grosse fumeuse avant de réussir à m'arrêter, une grosse buveuse avant de réussir à m'arrêter diminuer la fréquence de mes excès (toujours avec du bon vin par contre et en bonne compagnie), une grosse joueuse de jeux vidéos au point d'y passer des nuits blanches et une accro du sport quand j'ai eu ma période fitness. Et j'en passe... En me disant que si on découvrait un jour un gène de l'addiction, j'en serai forcément porteuse. Et en m‘étonnant de ne pas pouvoir partager cette passion pour les jeux vidéos qu'avec la gent masculine, mes amies semblant très peu attirées par la chose (je parle bien sûr des jeux vidéos !)

J'ai donc été très intéressée de découvrir un numéro spécial du BEH ou Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire du 10 mars dernier qui consacrait un numéro thématique à la problématique « femmes et addictions ». Des addictions plus problématiques socialement que les miennes puisqu'on ne parle plus de drogues dures ou douces.

Il apparait ainsi que les contextes de consommation ou de comportements addictifs sont différents pour la femme tant dans leur origine, plus souvent traumatique (des événements négatifs de l'enfance comme les abus mais aussi le fait de grandir dans un environnement perturbé avec un parent absent, alcoolique, usager de drogue ou en prison... sont plus souvent retrouvés chez la femme consommatrice que chez l'homme ) que dans son expression. Les addictions seraient ainsi davantage en lien avec la vie affective (dépendance affective plus fréquente), tandis que pour les hommes, ces conduites seraient avant tout liées aux relations avec leurs pairs ou à la solitude.
Et cerise sur le gâteau, les risques encourus sont plus important pour nous en terme de contamination par des maladies infectieuses (utilisation de matériel souillé par le partenaire, rapport sexuel non protégé en cas d'ivresse par exemple).
En ce qui concerne la consommation de substances psycho actives (tabac, cannabis et alcool) il s'agit davantage d'un comportement masculin mais il se dessine un rapprochement des pratiques entre hommes et femmes qui sont plus marquées dans les classes supérieures avec une sorte de masculinisation de certains comportements.
Ces différentes études sont très intéressantes parce qu'elles montrent que ces conduites addictives existent bel et bien chez la femme même si elles sont plus souvent cachées (l'alcoolisme solitaire chez l'homme devient clandestin chez la femme), avec des origines et une expression différentes et une vulnérabilité accrue. Se rajoute le problème de la grossesse avec les effets surajoutés sur le fœtus mais aussi l'obstacle au traitement pour certaines femmes qui ne veulent pas se voir retirer leur enfant en cas de demande d'aide au sevrage.



By Pandora

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Commentaires
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Hum!
Belam 26-03-2009 21:48:10

je fume...beaucoup....
Depuis quelques temps, je m'achete de temps à autre une bouteille de vin rouge que je siffle dans la semaine. Un verre. Le soir. Pas tout le temps. mais quand même.

Et à chaque fois je me pose la question : où commence l'addiction et où finit le plaisir ?
Chagas 27-03-2009 18:35:30

L'alcoolodépendance, c'est quand tu ne peux pas te passer de ton balon de rouge quotidien sans ressentir de trouble.
sand 26-03-2009 22:14:59

Comme tous les gens excessifs, j'ai une tendance certaine à développer des addictions. A chaque fois, je me retiens très fort au bord... jusqu'au jour où...
Sujet hyper intéressant
dawi 27-03-2009 03:00:24

Interessant et dur a definir, completement d'accord avec toi Bellam, la limite est bien floue...
Il y a des trucs dont je me mefie parce que je me connais tres facilement derivable la dessus, je n'ai pas fume de clope depuis bien longtemps, mais je vois pas qui me ferait me passer de mes spliffs. Je peux ralentir, un peu, mais apres, ils prennent le pas sur d'autres choses... L'alcool, pareil, tu prends une cuite mal mal tous les soirs pendant trois semaines, "parce que c'est les vacances"... ah ouais ?
Coloquinte 27-03-2009 10:09:27

hyper intéressant!
j'avais effectivement entendu parler du rapprochement des comportements chez les CSP+.

quant à la limite plaisir addiction elle est effectivement floue et j'ai une amie assistante maternelle, qui m'a beaucoup parlé de l'alcoolisme de la femme au foyer qui consiste en un verre de martini tous les soirs avant que le mari ou les enfants rentrent, par exemple. un seul. mais indispensable. pendant des années, juqu'au jour où on passe à deux. invisible, mais bel et bien de l'alcoolisme.
merci
Belam 27-03-2009 10:24:52

Coloquinte....je sais ce qui m'attend dorénavant...

Coloquinte 27-03-2009 12:07:41

c'était pas spécialement dirigé contre toi
et on parle de gens qui ne sont pas conscients de leur dépendances.
être capable de se poser la question est un bon rempart, finalement.
Vieillam 27-03-2009 10:26:28

je reprendrais le propos de Bellâm en le modifiant légèrement : "où finit le rituel, où commence l'addiction ?" Car un martini (ou un verre de rouge, ou un bédo, ou…) tous les soirs, n'est-ce-pas aussi tout simplement un rituel, un sas de décompression ? Evidemment, quand on passe à 2, 3, 5… cela devient un problème.
Intéressants résultats, en tous cas.
Moi aussi, je me connais, je suis une excessive… alors j'ai préféré, très jeune, décider de ne jamais mettre le doigt dans certains trucs, car je sentais que je n'irais pas qu'à moitié…
pareil, vieillam
Ma Cocotte 16-04-2009 15:53:49

je refuse de savoir rouler les clopes mais bon, je viens d'acheter une machine à faire les clopes avec un tube. Je sais que je vais devoir faire attention à ne pas céder à la tentation.

Je suis dedans. Dans les statistiques.

En plus, cas d'école. Exemple : ma mère fumait comme un sapeur enceinte de moi : j'ai fumé ma première clope avec délectation à 13 ans.
En plein dans les statistiques.

Mon père est un alcolo : je tiens très bien l'alcool et ça, je ne sais pas si c'est prouvé scientifiquement, mais je suis sûre que ça a un rapport.

Comme ces deux addictions là, drogues -naturelles, chimiques ou médicamenteuses - et alcool m'effraient terriblement, je m'offre des addictions que je juge moins pernicieuses : jeux vidéos, écriture, internet...

Gasp... C'est grave docteur ?
sand 27-03-2009 10:29:06

L'addiction commence à partir du moment où tu ne sais plus t'en passer. Ou tu as beau décider que non ce soir tu le prendras pas ce verre, tu le prends qd même. Ce n'est même pas une question de quantités, juste de rapport de force entre le produit et toi. ET c'est pas toi qui gagne.
Chagas 27-03-2009 18:38:55

Vrai et faux Sand. Tu peux t'en passer.
Par contre tu en subis les effets. Nervosité, agressivité, passivité, suractivité.
Je le sais
J'en ai subi un pendant plus de 25 ans ...
sand 27-03-2009 18:54:58

Hum oui. Mais le problème s'identifie justement à partir de là, non?

Et puis aussi, pas besoin de substances psychotropes pour être addict: on peut être addict à son taf, au sexe, à plein de choses. A partir du moment où ça met en cause l'équilibre psy ou l'intégrité, c'est une addiction non?
Chagas 27-03-2009 18:58:34

Oui.
Ici il est plus question de substance néfastes sur la santé ou d'addiction gênante pour l'entourage de la personne addicte ....
Vieillam 27-03-2009 10:39:31

@sand : oui… mais… pas si simple que ça : du rituel non plus, on ne peut se passer sans stress majeur (dès l'enfance) !
Ou alors, disons que certains rituels, considérés comme "potentiellement dangereux", sont alors baptisés "addiction" ? Parce qu'ils associent comportement de dépendance ET substances psychoactives ?

Au fait, un mag web s'est créé sur le sujet :
http://www.addictmag.info/addict/web/index.php
Vieillâm
sand 27-03-2009 10:41:50

Merci d'avoir nuancé... C'est l'idée oui... Suis à l'ouest.
Albertelondres 27-03-2009 13:27:55

Ca fait 15 ans que je fume... grossesses et allaitements compris (avec un ralentissement quand même!).
D'après les tests, je ne suis pas très accro à la nicotine... Mais le comportement m'est indispensable, c'est ma béquille, comme m'a dit mon toubib. Et je n'ai pas l'envie de me passer de ma béquille, même si je me cache (surtout enceinte, j'ai du mal à assumer !).
Et comme arrêter doit être définitif, j'ai du mal avec le "plus jamais", qui m'angoisse au plus haut point. Donc je n'essaye même pas, même si un jour il faudra bien.

L'addiction (en tous cas pour la clope) n'est pas seulement, et loin de là, que chimique.
Je crois
La Sauterelle 27-03-2009 13:41:33

Que ce qui dit definit l'addiction, ce n'est pas forcement l'exces en lui meme, mais c'est l' OBSESSION.
A mon sens, n'est pas forcement alcoolique quelqu'un qui boit beaucoup.
C'est un profil, ou finalememt l' objet de l' addiction n'est qu'un symptome.
"Ce n'est pas l'addiction qui nous empeche de vivre, c'est parce qu'on ne vit pas qu'on a des addictions..."
En tout cas passionnant sujet.
Zan 27-03-2009 15:52:07

aïe
je suis un peu comme toi pandora :
je fumais beaucoup de spliffs (jusqu'à ma grossesse) et je ne me vois pas m'en priver dans l'avenir tellement je kiffe.
je me suis déneuronalisé des nuits entières la tête dans les jeux vidéos.
j'ai eu des périodes lourdes en alcool. fort.
je peux manger des makis tous les soirs de la semaine sans m'en écœurer jamais. (huhuhu)
j'ai passé des nuits à aiguiser mon poska sur les murs parisiens.
j'ai aimé entièrement.
j'aime comme ça.
je ne fais jamais les choses à moitié. je suis entière. même dans ma façon de me casser la gueule.
Alecto 29-03-2009 23:52:38

@Albertelondres: tout à fait d'accord, l'addiction n'est pas forcément chimique.

Je fume depuis quelques années, au départ, pas trop et puis de plus en plus avec deux arrêts et des reprises forcément, ce qui me manque n'est pas la nicotine, c'est le geste.

Parfois fumer me dégoûte carrément mais ça ne m'aide pas à arrêter.

Pour l'alcool moi aussi j'ai eu des périodes plus actives et j'ai même commencer la descente dans l'alcoolisme à cause d'une relation, c'est très insidieux comme truc tu ne t'en aperçois pas, tu subis.
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