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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Journal de doc : mère célibataire Ep2

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L'équipe du tournage débarque chez moi ce matin et j'ai un peu peur. Je me demande pourquoi j'ai voulu encore me fourrer dans un truc que je ne contrôlerai pas. Pour avoir encore des sensations fortes ? Tout le monde m'a dit "Mais t'es dingue !", "ha non, j'pourrais pas me faire filmer comme ça". Moi, je peux. Pourquoi ?

Parce qu'on ne va pas se leurrer, je suis exhibitionniste. Je ne passerais pas à table si je n'étais pas quelque part ainsi. Je ne raconterai pas des tranches de vie semaine après semaine, s'il n'y avait pas une vaste opération de réparation de narcissisme meurtri en cours. J'assume. Mais au-delà, c'est l'excitation de participer à un projet qui parle de ma génération. Si "l'humanité est une patrouille perdue" comme disait Romain Gary, ma génération erre entre enfantillages, avancées, prise de conscience écolo et je m'enfoutisme ambiant. Je suis ravie de prendre part à un documentaire qui fixera pour un temps une certaine vision de ce que nous sommes.

D'autre part, c'est une expérience terrifiante qui me mettra en perspective d'une façon complètement inattendue. Même si on peut tenter de se contrôler devant une caméra, des choses vous échappent, des émotions transpirent. Et j'ai envie de me voir ainsi, comme un peu de l'autre côté du miroir. J'ai encore envie une fois de me mettre un peu en péril. Me sentir déstabilisée et renaître à nouveau, plus riche d'enseignement sur moi-même. Je crois que j'adore ça, ces pertes d'équilibre provisoires. Je crois que depuis toujours, je ne flirte qu'avec ça.

Mais grattons un peu. Je vis actuellement (justement...) un équilibre fragile, comme un pont suspendu entre deux rives. Je fonctionne par cycle de 7 ans. Je le sais. 18-25, Paris, les études, le fun, l'inconscience. 25-32, Bordeaux, le travail, le mariage, les enfants. 32-..., Paris, le contrôle, la construction, la mère célibataire.

Dans le "ELLE" du 7 février, un article m'interpelle : "Ces femmes qui contrôlent tout". Et plus encore "De là à penser que l'obsession du contrôle est la nouvelle pathologie du siècle, comme l'hystérie était celle du XIXe siècle et la dépression celle du XXe, il n'y a qu'un pas". Et si les mères célibataires étaient un des symboles de cette maladie qui court et fait des ravages dans nos rangs ? "le control freak est très dépendant du regard des autres. Même s'il se place tout naturellement comme supérieur, ce qui ne lui accorde aucun droit à l'erreur. En fait, il croit tout contrôler, mais il agit contre sa propre liberté, en s'enfermant dans un rôle."

Il semblerait que je me sois, moi-même, quelque part, enfermée dans un rôle : la mère célibataire. Je me suis placée dans une situation où le contrôle est impératif. J'ai longtemps été borderline, incontrôlable. À présent, je suis toute-puissante, maîtrisant ma vie d'une main de fer. Un vieux fantasme réalisé ?

Mais revenons aux origines de cette situation. Côté pile.

Je tombe éperdument amoureuse, je suis aveugle, et je suis persuadée que je vais construire quelque chose de formidable. Une famille. C'est lui, c'est moi, l'amour emporte tout, la raison et la conscience. Je tombe enceinte d'un bébé de l'amour et je me sens invincible. Je vaincrai les démons de mon mari car je l'aime tant, que je serai un médicament sur pattes. Enceinte de Charlotte jusqu'au cou, je m'aperçois qu'il me trompe, qu'il me ment. Je suis une victime, mon dieu c'est horrible. Au cours d'une trêve un peu plus longue que d'habitude, Baptiste arrive mais naïve que je suis, cela ne change rien et cela tourne au cauchemar. Je pars. Je pensais qu'il s'occuperait de ses enfants, qu'il participerait aux frais et quelle déception de m'apercevoir qu'il n'en serait rien. Je suis une victime, mon dieu, c'est horrible, tant d'amour déçu, tant d'espoir anéanti. Ma pauvre chérie.

Côté face.

J'ai 28 ans, une probable envie inconsciente de reproduction associée à une probable envie d'auto destruction. Je rencontre mon ex-mari dans la rue, je m'emballe, le 6 avril, il me demande en mariage, le 2 août, je suis enceinte, le 9 septembre, je suis mariée. En six mois, je me suis fourrée dans une situation fermée à double tour et si j'avais les clefs, je les jette allègrement dans le fleuve de mes névroses. Mon ex-mari est déjà père, à deux reprises mais un seul enfant vit. Son aîné est décédé, noyé à l'âge de 5 ans. Sa fille, probable enfant de réparation, est à peine âgée d'un an. Tous mes avertisseurs sont au rouge. Il ne s'occupe pas d'elle. Alors, on ne va pas se raconter d'histoires, même si j'ai sincèrement cru que le comportement de mon ex était à mettre sur le compte d'une souffrance incommensurable liée à la perte de son fils, je savais, oh oui, je savais qu'il n'assurerait pas. Et je suis bien obligée de prendre mes responsabilités.

Il y a chez les mères célibataires, une certaine catégorie de bonnes femmes dont je fais partie. Soyons clairs, une partie subit la situation entièrement. Des victimes pures et dures. Mais pour d'autres, les choses ne sont pas aussi évidentes. Je crois que si je suis honnête, et je ne suis pas la seule, j'ai choisi un mâle reproducteur. Je savais inconsciemment que je serais toute-puissante. Je savais qu'il démissionnerait de son rôle de père. Je savais que j'aurais mes enfants pour moi toute seule.

Pourquoi ? Je trouve la réponse en écrivant. Je ne crois pas au hasard. Pire, je ne crois pas vraiment à l'amour. Je pense qu'on tombe sur un bon client, c'est tout. Ça ne m'empêche aucunement de ressentir toutes les émotions liées à cet état. Mais je ne suis pas dupe. L'amour est un concours de circonstances qui se prolonge ou ne se prolonge pas. Lorsque l'on rencontre quelqu'un, on se projette d'une certaine façon, on a certaines envies. Un lieu. Un moment. Un état d'esprit et de coeur. Une personne. Déplacez un paramètre et vous n'aboutissez absolument pas au même résultat. Et si je suis lucide, j'affirme que je savais quelque part, parfaitement ce que je faisais en faisant des enfants avec quelqu'un comme mon ex-mari.

Ça n'excuse en rien le comportement inadmissible du père de mes enfants. Il aurait largement pu mieux faire. Mais je ne trouve pas très honnête de ne pas se remettre en question. Je suis une femme intelligente. Il était évident que c'était le pire choix que je pouvais faire en matière de paternité. Je peux me réfugier derrière l'amour et la jeunesse mais je refuse de nier les évidences. Je savais qu'il démissionnerait et que je serais libre d'aller où je veux, de faire ce que je veux sans comptes à rendre à qui que ce soit au sujet de mes enfants. Certaines femmes font des enfants toutes seules et je les juge la plupart du temps assez durement. Mais, elles au moins, ont assumé. Contrairement à moi. Oui, je suis sévère avec moi-même. Une façon de me révolter contre le mythe de "la mère célibataire" formidable, victime de la folie des hommes. Je n'ai pas vocation à être une victime.  Alors, peut être que je me soupçonne pour contrecarrer, ça ?

Allons...la vérité se situe au milieu. Entre le côté pile et le côté face.

Le 14 mai 2003, je deviens mère célibataire. En montant dans le train qui nous ramène, les enfants et moi, vers Paris, étais-je vraiment consciente des difficultés, parfois vertigineuses, qui m'attendaient ? Aux innocents, les mains pleines, non, je n'avais pas pris la mesure. Parce que si je me suis prise pour Dieu, inconsciente que j'étais, en décidant un beau matin, et sans le savoir la veille, de tout planter, de prendre mes enfants sous le bras et de tout recommencer encore, la vie s'est chargée de me faire redescendre au stade de simple humain. Démuni et pitoyable.

Je garde un souvenir flou de cette matinée. Quand je me suis levée ce matin-là, je ne pensais pas partir. J'étais tellement laminée par le comportement manipulateur et pervers de mon ex-mari, que je ne songeais pas à partir. Et je me demande souvent si je n'ai pas accepté de subir tout ce travail de sape parce que j'estimais que c'était le prix à payer pour mes enfants, pour avoir mes enfants pour moi toute seule... À 10h, mon instinct d'autoconservation s'est enfin réveillé au bout d'une longue nuit de sommeil de 5 années. Trois sacs. Un pour Baptiste, un pour Charlotte, un pour moi. Un taxi. La gare. N'importe quel train. Paris. Jette toi dans le vide. De toute manière, ce sera toujours mieux que le néant qu'est en train de devenir ta propre vie, ma fille.

Je passe sur une période encore difficile. Je vous garantis qu'après tout ça, j'avais payé pour tout, y compris pour mes futurs pêchés...Oui, c'est ça, moi, si judéochrétienne, un jour, j'ai sincèrement estimé que ça suffisait. Moi, si prompte à passer à la caisse, oui, oui, je veux bien payer, je suis coupable, coupable, coupable, j'ai hurlé stop ! "I've already paid for all my futures sins"...

Et j'ai commencé à réellement me construire une vie. Une vie de mère célibataire. Celle que j'ai peut-être toujours souhaitée. Moi, la bordélique, la fantaisiste, l'irresponsable, je suis devenue ce sur quoi je fantasmais. Organisée. Responsable. Carrée. Une machine de guerre. Je cumule plusieurs cerveaux qui fonctionnent tous en même temps. J'anticipe. Je ne suis jamais tout à fait là où je suis. Si les femmes sont naturellement multi-tâches, la mère célibataire est multi-multi tâches. Pendant que je m'occupe de mes enfants, dans un coin, je suis en train de penser que je dois avoir une attention pour mon amoureux, pendant que je dresse une liste de tâches au boulot, pendant que je réfléchis à mon prochain texte sur le blog, pendant que j'organise aussi les cinquante ans de ma soeur, pendant que je me dis qu'il faut absolument appeler ma copine en rémission de cancer, pendant que je jette un coup d'oeil à une plante en perdition, pendant que...Pendant que...

Je pourrais renoncer à un rôle. Mais non. Même si, quelque part, j'en crève chaque jour un petit peu plus, j'adore ça. J'aime vivre ma vie comme une serveuse de restaurant qui ne fait aucun voyage à vide. Chaque geste est utile. Un côté taylorisme du quotidien. Chaque jour a sa raison d'être. J'aime qu'on me dise "Je ne sais pas comment tu fais". Vous voulez que je vous dise ? Moi non plus. C'est plus fort que moi. Mais parfois, la peur m'attrape, et me met à terre. Quand j'accompagne ma fille chez le psy, quand mon fils se jette dans mes bras comme la misère sur le monde, je me sens écrasée. Car quand on est mère célibataire, et même si personne n'oublie que le père est démissionnaire, tout vous est imputable. Ce que sont vos enfants, même s'ils ont leur caractère, c'est vous. Personne derrière qui se réfugier. De gré ou de force, il faut bien que cette foutue baraque continue de tourner. Marche ou crève ! Parfois, j'ai envie de m'enfuir loin. Parfois, j'ai envie de planter mes gosses, ma famille, mes amis, mon mec. Partir. Être lâche. Retomber dans mon schéma habituel. Mais non. J'ai trouvé le seul moyen de cesser de détruire, de me détruire. Mes enfants qui n'ont que moi. Un garde-fou. Un pare feu. Et maintenant, que je vais mieux, je m'acharne à réparer les dégâts que j'ai en partie causés à mes propres enfants. Il s'agirait parfois de vraiment se poser la question de savoir pourquoi nous faisons des enfants. Au-delà du trip habituel. Que mettons nous là-dedans ? Moi, je sais. Du moins, je sais vraiment pourquoi j'ai fait mes deux enfants, mes deux merveilles.

Ma vie est devenue une course. Une course contre le temps. Je n'ai pas assez de 24h pour réaliser tout ce dont j'ai envie. Cette vie de mère célibataire m'a structurée. Ce fut mon choix pour devenir adulte. Ma méthode. Je me rêve surhumaine et, l'espace d'un instant, je le suis. Ma machine est huilée, et je prends un pied monstrueux quand tout s'enchaîne de manière fluide. "Control freak" ? Oui. Mais j'ai aussi appris que le moindre gravier fait dérailler la machine. Et que ce n'est pas grave. J'adore tout autant la remettre en route. J'ai appris à être fière de moi sans dépendre de personne. J'ai de grandes joies et de grandes difficultés. Ma complicité avec mes enfants est la plus grande des satisfactions.

Mais j'ai totalement sous-estimé le prix à payer pour tout ça. Je le réalise parfois au détour d'une galère : le jour où je n'avais plus assez d'argent pour acheter du sirop à mon fils qui toussait comme un dingue. Le jour où mon fils fut hospitalisé, plus ou moins par erreur, et que je ne savais que faire de ma fille. Le jour je fus clouée au lit pendant une semaine, à 40 de fièvre, incapable de m'occuper de mes enfants. Le jour où je veux juste dormir et que ce ne n'est pas possible. Le jour où je voudrais juste me barrer en week-end avec mon mec et que c'est toujours compliqué. Solliciter les autres. Pas lui. Pas le père. Pas un homme...?

Tout mon entourage aimant m'admire un peu. C'est lourd à porter parfois. Et je ne me fais aucune illusion. Si le monde est plein d'empathie vis-à-vis de la mère célibataire, qu'elle prenne garde à être performante. Le monde nous aime en apparence mais au final, pas tant que ça. C'est la directrice d'école qui découvre que vous êtes seule et soupire à l'avance des retards de paiements. C'est le directeur des ressources humaines qui étudie votre cv et le jette à la poubelle, car il connaît d'avance vos absences. C'est l'homme qui vous trouve charmante, vous séduit et cesse d'appeler dès qu'il sait que vous avez deux bambins. C'est l'inspecteur des impôts qui comprend, oui, bien sûr mais vous n'avez toujours pas payé votre taxe d'habitation, Madame. Le monde sait que c'est dur pour vous. Mais c'est mieux si vous prenez le temps d'aller boire un coup avec vos potes alors que vous titubez de fatigue. Alors vous donnez satisfaction. Vous êtes sur tous les fronts. Vous faites attention à être maquillée et bien habillée. Vous faites rire tout le monde avec vos galères. Et si vous flanchez, on vous assène, bien gentiment certes, "Mais tu es formidable, c'est qu'un coup de mou, allez ! Reprends-toi ". Et vous comme un bon petit soldat que vous êtes devenu, vous rempilez. Et vous redémarrez la course folle dans laquelle vous vous êtes engagée. Parce qu'on attend cela de vous. Pire...Vous attendez cela de vous-même.

Je cours et je suis fatiguée. Je fais ce rêve récurrent qu'une nuit, je vais mourir dans mon sommeil et qu'au cours d'une autopsie, on découvrira que tous mes organes étaient usés jusqu'à la corde à force d'avoir voulu trop vivre. Parce que je me sens en permanence épuisée. Je cours quand même. Toute l'architecture de ma vie tient dans ce marathon. Et je préfère en dépit du bon sens être "Marathon woman" plutôt que de m'être économisée, et avoir vécu chichement. J'ai une vie riche. Je fais plein de choses. Je ne me réduis pas à mon statut de mère célibataire même si c'est cela que je suis essentiellement. J'ai des tas de choses à raconter autre que mes galères. Je vis. Je ne fais pas que survivre. Même si c'est une plus que probable fuite en avant.

Je cours. Je cours après l'argent. Je cours après le temps. Je cours après une liberté à réinventer. Je cours après un nouveau destin malgré ma vie paramétrée. Je cours. Je n'en finis pas de courir...


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By Bellâm

Commentaires
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baci 08-03-2009 19:35:54

fascinant,
comme physiquement attrapée par le col de ma chemise décolletée pour plonger loin loin dans le passé et dans la fatigue qui sont les tiens.

super bien foutu ce billet !!
Je te rattrape
Belam 08-03-2009 20:52:12

par ta paire de salomés à talons...

Je sais que t'es là...
gemo27 08-03-2009 20:20:39

Que dire??? A part bravo!!! Bravo pour avoir réussit à tout plaquer et à reconstruire ta vie comme tu l'as fait ... Et bravo pour ton billet qui m'a fasciné, un peu troublé aussi.
une spécialité
Belam 08-03-2009 20:52:48

il semblerait que j'ai le chic pour les billets ambigus...

La Sauterelle 08-03-2009 20:33:20

Il y a beaucoup de choses dans ce billet, j'ai envie de le relire au calme, en tout cas ça me parle.
J'aime beaucoup l'émotion de cette séquence du dimanche soir
moi aussi
Belam 08-03-2009 20:53:08

j'aime bien le dimanche soir . Merci
Chagas 08-03-2009 23:26:48

Ok, je vois mieux maintenant.
[...Tu laches prise ]
Bonne nuit.
A demain.
Alecto 09-03-2009 00:18:15

Pfff...que dire...de l'admiration mais vraiment pas que ça...à relire au calme pour moi aussi.
Mais je rejoins Baci, je suis aussi passée par dessus la rambarde là...
Arretez !
Belam 09-03-2009 07:53:52

de sauter par dessus la rambarde ! D'un coté, je tiens Baci par le bout de ses salomés et toi par le bout de ton sac, vous croyez que c'est facile ? !

Et chagas, bon, ben toi j'ai lâché.....
Cela remet les choses en perspective
Vincent 09-03-2009 10:44:19

C'est en lisant tes billets que je me rends compte que je ne suis pas mort à l'interieur
un ange passe
Belam 09-03-2009 10:58:20

et il te ressemble
Coloquinte 09-03-2009 10:50:17

comme La Sauterelle, je vais le relire plus tard.
il m'a déjà beaucoup plu par sa franchise.
je sais
Belam 09-03-2009 11:01:44

je sais que ca peut perturber quand je dis que je savais ce que je faisais en faisant des enfants avec quelqu'un comme mon ex. Ca n'était pas du tout conscient, entendons nous bien.

Mais je n'aime pas les choses tranchées. Je l'ai bien précisé, certaine smères célibataires subissent entierement la situation, j'espere que c'est tres clair!

mais de mon point de vue, jamais rien n'est anodin, et il faut savoir décortiquer parfois ses motivations, si peu louables soient-elles.

Sinon, on n'en finit pas de répéter les memes schémas, non ?

Et surtout par honneteté vis à vis de mes enfants. Les faire vivre dans le mensonge, contrairement à d'autres, ca n'a jamais été ma came
Coloquinte 09-03-2009 13:45:15

c'est ce que je voulais dire.

tu as le courage d'être honnête avec toi et ton entourage (et les lecteurs).

chacun à sa propre histoire et sa propre manière d'y réagir, mais on a souvent tendance à n'associer qu'un stéréotype à chaque situation.
Spasmo 09-03-2009 18:08:42

Ce qui me dérange le plus dans ce témoignage (prend des pincettes, y va sur la pointe des pieds et essaye de ne pas être un éléphant dans un magasin de porcelaine) c'est le côté "j'assume mon choix WonderWoman".
Pas parce que je n'y crois pas : loin de là mais parce que je ne suis pas pour... Si c'est ce qui te va, que tu arrives et que cela te plait voire t'enthousiasme : génial ! Sincèrement.
Mais (je l'avais exprimé sur un autre papier "mères célibataires" je trouve que la barre est haute, très haute. Alors moi, bêtement, je préfère quand mes proches mères et célibataires craquent un peu que quand je les vois se battre pour tout faire "bien comme il faut" parce que ... la vie est comme cela : pas facile tous les jours.
Je suis certainement très maladroite, désolée...
tout va bien
Belam 09-03-2009 20:18:24

ca m'arrive de craquer (je suis humaine qu'on se le dise
mais...

que dis tu quand tes copines craquent mise à part "tu es formidable, continue, tu t'en sors tres bien " ?

leur dirais tu "t'as raison, c'est trop dur, chiale pendant trois jours, ca va te faire du bien ?"

Le probleme c'est que meme si je souhaitais ne pas etre ainsi, la société veut quelque part que je le sois. Et j'ai décidé de le choisir et non plus de le subir

Et c'est curieux, et je prends aussi des pincettes (svp ne m'en veux pas, je t'aime beaucoup) mais quand j'ai craqué avec mon fils et que j'ai pété les plombs (affaires jouets cassés), n'as tu pas été la première à me dire, que c'était pas terrible....alors que précisement, j'avais bel et bien craqué ce jour là ?

je modifie un peu mon commentaire. Je ne voudrais pas qu'il soit mal interprété et que l'on croit que je ne supporte aucune contradiction.

Je comprends que tu preferes voir craquer tes copines, mères celibataires, bien que j'eusse préféré qu'elles n'aient pas de motifs de craquage

Mais je crois sincerement qu'il y a une pression supplémentaire sur les mères celibataires qui fait qu'au bout d'un moment, on décide qu'on peut tout conjuguer sans craquer. Et s'il y a craquage, on n'en parle qu'à peu de personnes.Parce qu'on connait la rengaine par coeur. Et que rares sont ceux qui te disent, "viens je prends tes gosses ce week end pour que t'ailles t'éclater ou faire ce que bon te chante". Et c'est malheureux car c'est précisement ce dont on a le plus besoin : du temps seule.
Spasmo 10-03-2009 00:13:16

En fait, je ne saurai jamais vraiment... j'ai vu ma mère, je vois ma soeur, mes copines... je dois être dure car en effet je ne porte personne au pinacle ; pas de "tu es formidable" sorry... juste "putain c'est dur fait chier mais... ça va passer !" car c'est ce que je pense fondamentalement de la vie, de quelque manière qu'on la vive.
Qu'elle nous en met souvent plein les dents mais que notre lot est d'avaler et d'avancer. Ou pas... mais que c'est la vie avec ses hauts et ses bas et que chacun fait bien ce qu'il peut et pas toujours ce que l'on attend de lui...

(Pour ton fils je crois que j'avais évoqué le fait d'avoir connu des réactions exhacerbées comme cela de la part de ma mère et c'était plutôt dans ce sens là, dans mon souvenir, que j'avais exprimé quelques... réticences ?)
Belam 10-03-2009 00:24:41

hum! Le truc c'est que concretement, si je me mets à faire que ce que je peux, il se passe quoi ?
sur quoi, je peux pas faire l'impasse ? mes enfants et mon travail. Ok. Déjà, ca me prends 12 heures par jour...Je dors 8 heures, il m'en reste 4. Allez 5 avec le dej. Et j'ai envie de les remplir ces heures. J'ai envie d'avoir d'autres choses à raconter que mon énieme anecdote de bureau ou le bulletin de ma fille. Alors oui, ca me creve. Mais je ne me réduis pas à mon role de mère célibataire. Ni de femme ou amoureuse de. Ou fille de.
Je suis. Ca me coute. Mais je suis. Mon existence a un sens. Sinon, franchement, entre nous, Spasmo : C'est à se flinguer.
(il est tard je suis probablement fatiguée)
étrange
Zan 16-03-2009 15:28:45

...c'est la vie que mène ma mère qui pourtant n'est pas célibataire. je crois que c'est plus une personnalité que le fait d'être mère-célibataire. ce soucis de perfection, de réussite, de tout. ma mère est comme ça.
et moi, pourtant mère-célibataire, je ne le suis pas (pas encore ?).

j'aime beaucoup cet article.
oh Zan?
sand 16-03-2009 15:30:18

Je savais que tu allais aimer cet article
cependant
Zan 16-03-2009 15:42:02

le fait qu'elle ait 3 gosses à 21 ans et qu'elle fut d'un milieu peu favorisé tient peut-être lieu de célibamère : on "admirait sa patience" mais jetait son cv et soupirait à l'idée des retards de paiements. ça l'a usé, cette sur-vie. en contrepartie, je l'admire.
^^
Zan 16-03-2009 15:42:46

ma sand c'est mon 1er com' ici ! on ouvre une bouteille ?
Ma Zan
sand 16-03-2009 15:48:12

d'ordinaire, on dit simplement welcome (mais pour toi, j'suis prête à sortir le saucisson d'âne )
ok pour le champagne!
Belam 16-03-2009 15:51:30

bienvenue Zan !
J'aime beaucoup ce :...
Tom 16-03-2009 15:58:43

"si vous "flanchissez", si expressif !
(involontaire, j'espère, ce mot qui ploie des genoux tout seul ?)
houps!
Belam 16-03-2009 16:05:41

je ne vois pas de quoi tu parles!
(part en courant corriger)
NAANNN!
Tom 16-03-2009 16:08:41

Please, ne corrige pas ça ! Ce "crapaud"
est merveilleux ! ça dit plus, et mieux, ce que tu voulais dire! (un peu de perte de contrôle, allez !)
Zan 16-03-2009 16:15:15

je suis de l'avis de Tom !
et ok pour le saucisson d'âne et la bouteille !

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