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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Entre colère et folie

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Je me souviens de mon premier voyage, dans l'avion je trépignais d'impatience, j'avais envie de laisser tout ce dont j'avais tant rêvé m'enivrer, envahir tous mes sens.

J'ai pesté à l'aéroport, nous sommes arrivés de nuit, et elles n'étaient même pas éclairées ! J'ai lourdement insisté à la réception de l'hôtel pour que ma chambre donne directement sur elles. Elles m'ont toujours fasciné, par leur histoire, leur forme mais aussi par tout ce qu'elles renferment de mystérieux et qu'elles tardent tant à nous dévoiler.

Au petit matin, Khéops, Khephren et Mykérinos se dressaient devant moi encore plus belles, plus grandes que dans mon imagination. Au loin, la ville du Caire et son brouhaha quotidien. Le contraste est surprenant !

Je me souviens de ma première visite au Musée du Caire, je le savais exceptionnel, il était bien plus que cela. Les trésors qu'il renferme sont uniques, inestimables, irremplaçables et d'une extraordinaire beauté... La palette de Narmer, le trésor de Toutankhamon, la momie de Ramsès, les bijoux des tombes royales de Tanis, l'extraordinaire collection de papyrus constituent autant de témoignages de la splendeur de toute une civilisation.

Quand la révolte a commencé, ce sont les musées qui ont été pris pour cibles, un peu partout en Egypte. L'armée tarde à venir, alors les Cairotes vont constituer un rempart humain contre ces pillards qui se sont introduit non pas pour voler, mais pour détruire, saccager ! Leur colère n'épargne rien, ni les momies, ni les statuettes ni les vitrines qui les renferment. Ils détruisent tout ce qu'ils peuvent au Musée du Caire ! Pourquoi ?

Ce musée n'est pas un symbole du pouvoir en place !

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Si je peux comprendre les causes qui poussent un peuple à se révolter, j'ai du mal à concevoir que l'on puisse détruire ce qui fait l'attrait, la renommée même de ce pays et qui constitue un témoignage unique et que personne ne pourra jamais remplacer.
De nos jours, un habitant sur huit vit grâce au tourisme. C'est l'une des principales ressources de ce pays avec le pétrole, et le coton. Quel sera l'avenir de l'Egypte sans tous ces trésors ?

Depuis le début des manifestations, plus de 100 personnes sont mortes.

Où va s'arrêter la folie destructrice des hommes ?

By Sonia

Commentaires
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Rolanda Bibine 07-02-2011 12:06:35

La même raison peut-être que celle de nos jeunes qui brûlent et cassent les infrastructures et les biens proches de chez eux en oubliant qu'eux même s'en servent !! Peut-être est ce la rage d'un système qui ne les prend pas en considération ? Et la colère n'est pas bonne conseillère, on le sait
Zan 21-06-2011 00:13:28

On m'a dit "En cas de grosse révolte, on ne s'en prendrait pas au Louvre, nous." Je n'en crois pas un mot.

Comme le drapeau bleu-blanc-rouge est, pour une grande partie des gens (moi incluse), le symbole de l'État avant d'être celui du peuple, les plus grands/beaux bâtiments, en cas de soulèvement populaire, ont beaux être "notre passé", ils sont avant tout, dans la colère, un symbole de cette France (sous entendu "ce gouvernement" ) auquel on s'oppose.

Transposons.

"Ce musée n'est pas un symbole du pouvoir en place !" dis-tu. C'est vrai. Je ne cautionne pas ces actes. Mais je comprends la dérive : La voix de la raison est étouffée. Et la rage aveugle.

Et quand je fulmine et m'énerve, mon poing rencontre le mur qui n'est ni le type qui m'a agacé aujourd'hui ni ce qui suffira à me calmer. L'envie de saccage est là, latente, quand la colère ne trouve pas d'exutoire.
Sonia 07-02-2011 23:28:44

Je comprends Zan, je comprends aussi que quelques individus en colère peuvent en entrainer plein d'autres.
Je ne sais pas comment je réagirais dans pareil cas...
Je trouve juste tellement dommage de s'en prendre à ce patrimoine qui est aussi une source de revenus pour tout le pays.
Ma cocotte 11-02-2011 09:12:52

Peut-être que le peuple ne voit pas ces lieux comme nous les voyons, nous qui y avons accès. Peut-être qu'ils se sentent exclus de tout : du travail, de la culture, des loisirs, du bon et du beau. Alors peut-être qu'ils détruisent juste des symboles de leur exclusion. Les Cairotes sous le joug d'un autocrate tentent de détruire leur musée, auquel ils n'avaient pas accès, symbole de leur exclusion et nos jeunes adultes détruisent un établissement scolaire, symbole de leur échec d'enfant, rendu responsable de toutes leurs galères.
Parfois, quand on ne peut pas avoir quelque chose, on dit que c'est nul, que ça ne sert à rien... poussé au paroxysme, on le détruit.
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Auteur de cette article : Sonia

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