Impermanence
Lundi, 28 Mars 2011 00:00
sand
C'est venu sans y penser vraiment. Comme une bulle de savon, un gosse qui se trouverait près de vous, que vous n'ayez pas remarqué, et soudain, paf! L'eau savonneuse vous éclate sous le nez, c'est rigolo, inattendu, doux. Le genre de respiration apaisante. De petit éden égaré. Ce dont on a besoin quand le temps s'arrête, quand le sablier n'égrène plus rien, sans substance, par le pouvoir d'un mot, d'une phrase, d'une décision. Signer la fin de quelque chose. Quelque chose auquel on aurait voulu croire, comme on veut encore imaginer que nos rêves se réaliseront.
"Quand je rouvrirai les yeux, alors j'aurai le soleil au creux de mes mains."
"Si j'arrive à marcher sur les pavés sans jamais dépasser sur les joints, alors il sera amoureux de moi".
Dans les minutes qui semblent blanches, là où le silence parait refuge, m'est venu aux lèvres ce mot, un peu comme un sourire. Impermanence.
Rien ne peut durer vraiment, ni les jours, ni les amis, ni les amours, ni les emmerdes.
Tout est condamné à avoir une fin. C'est très joli comme mot, à prononcer. Impermanence. Si rond et doux qu'il est déjà fini. Probablement que nous serions plus sereins à envisager le présent si nous avions déjà la certitude que de toute façon il n'est pas immuable. Que les couleurs sur la photo pâliront, que les contours de ce visage qu'on était certains de reconnaître partout et par coeur se flouteront, que de battre nos coeurs s'arrêteront, puis recommenceront, quelque part, plus loin, pour un autre regard, une autre voix, une autre voie, qu'on finira par n'être plus rien d'autre qu'une pensée fugace un soir au coin d'un feu.
Rien n'est permanent, presque rien n'est tangible. Juste cet instant, où vous lisez, emportés par le flot de mots maladroits mais sincères, peut être vaguement émus, cet instant qui coule et est déjà presque derrière vous.
Se détacher un peu. Pas trop. Rester encore humain sous le voile. Accepter ces liens qui se nouent et se défilent, les mauvais cotons que l'on tisse, les toiles de bure défroquées, les abandons larvés.
Dans les textes de cette semaine, sous ces battements de lettres, ces pulsions de mots, vont se créer quelques minutes imagées, des voyages ébauchés. Voguer et chalouper, sentir le sel sur les lèvres. Dorer de soleil et d'espoir. Sourire pour un mot anodin, une insulte parfaite. Pousser la balancoire, avant, arrière... Se salir de vie pleine. Une sorte d'album photos qu'on se plait à feuilleter, quand les instantanés ne sont plus la réalité. A quoi bon semer des graines de pluies quand on traverse des déserts. Quelque part, de loin en loin, il y aura une oasis. Une halte. Jusqu'au prochain grand sable blanc.
L'impermanence ... L'envie de vous souffler: ne pas souffrir de ce qu'on a perdu, sourire de l'avoir vécu.

By Sand
Découverte totale !
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C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...
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