VOLDEMAG

S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

voldemag

Impermanence

Envoyer Imprimer PDF
C'est venu sans y penser vraiment. Comme une bulle de savon, un gosse qui se trouverait près de vous, que vous n'ayez pas remarqué, et soudain, paf! L'eau savonneuse vous éclate sous le nez, c'est rigolo, inattendu, doux. Le genre de respiration apaisante. De petit éden égaré. Ce dont on a besoin quand le temps s'arrête, quand le sablier n'égrène plus rien, sans substance, par le pouvoir d'un mot, d'une phrase, d'une décision. Signer la fin de quelque chose. Quelque chose auquel on aurait voulu croire, comme on veut encore imaginer que nos rêves se réaliseront.


"Quand je rouvrirai les yeux, alors j'aurai le soleil au creux de mes mains."

"Si j'arrive à marcher sur les pavés sans jamais dépasser sur les joints, alors il sera amoureux de moi".

Dans les minutes qui semblent blanches, là où le silence parait refuge, m'est venu aux lèvres ce mot, un peu comme un sourire. Impermanence.

Rien ne peut durer vraiment, ni les jours, ni les amis, ni les amours, ni les emmerdes.

Tout est condamné à avoir une fin. C'est très joli comme mot, à prononcer. Impermanence. Si rond et doux qu'il est déjà fini. Probablement que nous serions plus sereins à envisager le présent si nous avions déjà la certitude que de toute façon il n'est pas immuable. Que les couleurs sur la photo pâliront, que les contours de ce visage qu'on était certains de reconnaître partout et par coeur se flouteront, que de battre nos coeurs s'arrêteront, puis recommenceront, quelque part, plus loin, pour un autre regard, une autre voix, une autre voie, qu'on finira par n'être plus rien d'autre qu'une pensée fugace un soir au coin d'un feu.

Rien n'est permanent, presque rien n'est tangible. Juste cet instant, où vous lisez, emportés par le flot de mots maladroits mais sincères, peut être vaguement émus, cet instant qui coule et est déjà presque derrière vous.

Se détacher un peu. Pas trop. Rester encore humain sous le voile. Accepter ces liens qui se nouent et se défilent, les mauvais cotons que l'on tisse, les toiles de bure défroquées, les abandons larvés.

Dans les textes de cette semaine, sous ces battements de lettres, ces pulsions de mots, vont se créer quelques minutes imagées, des voyages ébauchés. Voguer et chalouper, sentir le sel sur les lèvres. Dorer de soleil et d'espoir. Sourire pour un mot anodin, une insulte parfaite. Pousser la balancoire, avant, arrière... Se salir de vie pleine. Une sorte d'album photos qu'on se plait à feuilleter, quand les instantanés ne sont plus la réalité. A quoi bon semer des graines de pluies quand on traverse des déserts. Quelque part, de loin en loin, il y aura une oasis. Une halte. Jusqu'au prochain grand sable blanc.

L'impermanence ... L'envie de vous souffler: ne pas souffrir de ce qu'on a perdu, sourire de l'avoir vécu.

logo_voldemag_petit

By Sand

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher RSS
wow !
Raphie 28-03-2011 01:27:52

Je découvre... et même si c'est étonnant dans le style et le contenu, ça ne m'étonne pas quand même
Il y a du talent dans ces mots là...
Bravo et ravie du croisage de route
  Henri 28-03-2011 01:43:49

Tu me files l'envie d'écrire mon prochain edito tout de suite là. Vivement la semaine prochaine.
Auberginedivine 28-03-2011 10:38:34

Oh c'est bien écrit, comme quoi rien de mieux que les souvenirs de maths et autres rapporteurs et culottes souillées pour trouver l'inspiration d'un edito. Je reviendrais par là !
hate
milllie 28-03-2011 11:16:01

envie de voyager et de me souvenir avec toi et les billets de cette semaine. j'aime toujours autant tes éditos légers qui donnent envie de s'envoyer en l'air les pieds sur terre.
  lafiguepourrite 28-03-2011 12:09:06

Viens, on s'en va, on prend une bouteille de rhum, et on sourit.
Ptet même qu'on rira, de nous, d'eux, d'elles, des autres, de tout le reste.

Quitte à vivre, autant le faire dans le sourire, le fou rire et le bonheur, non ?


Merci pour tous ces jolis mots
  lafiguepourrite 28-03-2011 12:09:57

PUTE de Voldemag qui a pas passé mon joli coeur à la fin de ma dernière phrase... Donc sache le : y'avait un coeur.
  Emmanuel 28-03-2011 15:25:30

Les photos jaunissent, et pas que matériellement, tout passe, parfois lasse, et rien ne dure, ou alors si longtemps qu'on ne s'en aperçoit plus, jusqu'à ce que tout casse. Alors il est trop tard. Tout ce que nous sommes est impermanence. Alors parfois sommes-nous tentés de dire "à quoi bon ?" Et c'est là que vient le symbole. Tout ce que nous faisons repose sur des symboles, des valeurs, et que tout n'a de sens que parce que nous y mettons du sens. Enlevé ce sens, la vanité suprême est face à nous. Nous avons le choix.
sand 29-03-2011 14:06:06

@Raphaelle: Si un jour on m'avait dit que miss Raphaelle Ricci commenterait un de mes billes, j'l'aurai pas cru Contente de t'avoir (peut être) fait découvrir autre chose de moi, twitter c'est une invite à voir plus loin, non?
@Henri: et comme toujours, hâte de te lire, mon grand
@AubergineDivine : Oh la la oui, c'est le côté culotte mouillée qui a du tout déclencer, vive le théorème de Pythagore
@Lafiguepourrite: je sais... j'ai pensé à toi, aussi, en écrivant, j'avoue...
@emmanuel: Joliment dit, as usual ...
Nom:
Email:
 
Titre:
Website:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
:angry::0:confused::cheer:B):evil::silly::dry::lol::kiss::D:pinch:
:(:shock::X:side::):P:unsure::woohoo::huh::whistle:;):s
Saisissez le code que vous voyez.

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

 

sand est membre de Voldemag depuis le Mercredi, 25 Février 2009.

> Voir les autres articles de cet auteur

Joomla SEF URLs by Artio

Commentaires