"Pour moi, l'abstention est devenue un Acte politique car il
exprime le rejet d'un système politique vicié que tant de
votants s'entêtent à entretenir. "
Agrippa de la Mancha, le 10 mai 2012 à propos de cebillet
Indignez-vous !
Lundi, 04 Avril 2011 00:00
Henri
Indignez-vous ! C'est le nom d'un tout petit ouvrage de trente pages qui s'est déjà vendu à près d'un million d'exemplaires. C'est aussi le dernier livre de Stefan Hessel, un homme de 93 ans qui fut d'abord militant, puis résistant, puis déporté et enfin diplomate. On lui doit notamment d'avoir travaillé sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en 1948.
Si son ouvrage fait aujourd'hui autant de bruit, c'est parce qu'il interroge l'homme sur sa capacité à s'engager pour une cause qu'il juge juste et sa capacité à s'investir dans les faits. D'abord très bien accueilli, puis ensuite critiqué, Indignez-vous ! a au moins le mérite de mettre le pieds dans la fourmilière. Stefan Hessel appelle les citoyens à formuler leurs désaccords politiques de manière concrète sur des thématiques aussi variées qu'importantes : la politique migratoire du gouvernement Fillon, la crise du monde financier, l'explosion des marchés internationaux ou la gestion du conflit insraëlo-palestinien.
En réfléchissant à ce billet, je me suis bien sûr demandé comment pouvait-on aujourd'hui s'indigner ? Comment pouvait-on aujourd'hui formuler un point de vue de sorte qu'il ait un jour valeur de contre-pouvoir ou d'alternative politique ? Bien sûr, les citoyens peuvent manifester, ou s'enchaîner aux rails européens quand les trains transportent des déchets nucléaires... On peut aussi bloguer à tort et à travers, écrire des papiers dans les journaux etc... On peut. Mais pour quel impact ? Pour quel changement ?
Cette semaine, je n'ai pas l'intention ni la prétention de vouloir changer quoique ce soit. Je veux juste ouvrir la tribune de Voldemag à des gens qui pousseront des coups de gueule de plus ou moins grande ampleur, à des gens qui s'interrogeront sur leur capacité à s'indigner d'eux-mêmes ou encore à ceux qui jugent nécessaire d'interroger quotidiennement le principe de démocratie. Nous serons tantôt sérieux, tantôt cyniques, tantôt désabusés, tantôt optimistes, tantôt déboussolés. Nous verrons bien.
Pour l'instant, je vais temporiser en m'indignant à mon petit niveau d'un truc qui m'a fait un gros pincement au coeur ce week-end : Les LCD Soundsystem ne joueront plus ensemble. Le groupe a joué son dernier concert ce week-end, le dernier d'une longue série de morceaux tous plus géniaux les uns que les autres, sur lesquels j'ai des souvenirs que je suis pas prêt d'oublier.... On s'indigne comme on peut, hein.
Bonne semaine à tous.
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On a tellement tendance à se regarder le nombril sans se soucier de l'humain que les actes d'indignation sont méprisés, les manifestations ridiculisées !
Vous ne voulez pas d'un débat sur l'identité nationale? qu'à cela ne tienne, on vous a très bien compris ! on va vous faire un beau débat sur la laïcité C'est ce qui m'indigne ! Que l'on ne nous écoute pas !!
Je pensais qu'il avait 93 ans ? (j'ai dû me planter, je suis nulle en calcul mental).
J'ai beaucoup aimé son idée que tout le monde avait le droit et même parfois le devoir de se rebeller, de s'indigner. Contre tout et n'importe quoi. Du moment qu'on bouge, qu'on crie, qu'on le revendique.
Et cette foi en la jeunesse... ça m'a fait extrêmement plaisir à lire, ce soutien, ce passage de relais, en quelque sorte...
(moi je m'indignerai toujours autant du massacre de la langue française)
Quel sujet inspirant, j'ai écrit un p'tit truc du coup ! Hâte de lire les sujets !
Et je vais partir à la recherche de son livre qui doit être quelque part chez moi et que je n'ai pas encore lu.
(Je m''indigne aussi face au massacre de la langue française)
Coquille Henri, le vieux bougre a 93 ans et non 98 ! A ce niveau, c'est une pécadille, mais tout de même
Il y a pléthore de thèmes sur lesquels on pourrait s'indigner, à commencer par le massacre de notre système social, humain, politique, que l'on laisse faire depuis quelques années et qui s'est accéléré depuis que l'on a un "charmant" gesticulateur au pouvoir...
S'indigner d'un pays où nos représentants sont les premiers à massacrer notre héritage culturel et linguistique, tournant en ridicule ceux qui pensent autrement que pour l'argent, ceux qui rêvent, ceux qui trouvent dans les matières dites "humaines et sociales" leur bonheur, ceux qui préféreront toujours lire Hugo, Zola, Balzac, Mme de Lafayette, Voltaire et tant d'autres (sans se tromper sur le titre de leurs ouvrages) à l'indice des bourses, ceux qui pensent qu'il faut remettre l'homme au centre, se soucier du lendemain, les rendre chantants et plus "propres".
Ceux qui sont terriblement humains, après tout. Et qui continuent d'y croire. Malgré tout.
Henri, je te loue.
J'ai moi-même lu ce petit plaidoyer et je le pense très juste. La semaine dernière sur Facebook j'ai essayé de lancer un petit débat, qui peut-être déplaît, mais classé sans suite par mes amis. Je pense qu'avec les lecteurs de Voldemag, tu auras plus de chance. De mon côté, avant même l'indignation, je propose le droit à l'interrogation. Petit extrait.
Matéo Lfb 29 March at 19:55
Comme ce fil de messages n'est pas très utilisé, je me permet de le désigner comme support de droit à l'interrogation vis à vis de tout ce qui nous entoure. Politique, économie, humanisme, sexe, etc. L'idée est de s'interroger, de s'exprimer et d'échanger. Mais de ne jamais affirmer -sauf si quelqu'un détient la vérité.
Même si on se pose tous la question de la vraie motivation de N. Sarkozy pour son intervention en Libye, c'est toujours amusant quand l'analyse vient de l'extérieur. Et d'autant plus d'une journaliste américaine, citoyenne sous l'ex-présidence Bush.
A cela je permet d'ajouter un petit texte de Stéphane Hessel, qui explique que le monde a plutôt progressé depuis 1948, mais que la tendance s'inverse depuis les années 2000. "Les premières années du XXIe siècle ont été une période de recul. Ce recul, je l'explique en partie par la présidence américaine de Georges Bush, le 11 septembre, et les conséquences désastreuses qu'en ont tirées les Etats-Unis, comme cette intervention militaire en Irak."
Ou on peut parler de sexe aussi?
Libye: mourir pour Benghazi ou pour Sarkozy? | Slate
www.slate.fr
http://www.slate.fr/story/36271/sarkozy-libye-guerre-politique-interieure
Le président français a-t-il encouragé une intervention en Libye pour augmenter ses chances d'être réélu? L'analyse d'une journaliste américaine.
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Polo Watine 29 March at 23:58
ca dépend... qu'est ce que "le progrès"?
Matéo Lfb 30 March at 09:39
Globalement les avancées sociales et humaines. Pour Hessel: décolonisation, fin de l’apartheid, fin de l'empire soviétique, chute du mur de Berlin, etc.
Merci Matt !
Je mettrais juste un petit bémol. Le droit à l'interrogation, c'est l'argument principe que les partisans de la théorie du complot utilisent pour justifier leurs hallucinations, donc je serai très prudent à cet usage. Mais l'idée est là, je vois ce que tu veux dire.
Je mettrais dans ce cas moi aussi un petit bémol. La non-interrogation est la cause principale de toutes les affirmations idéologiques. Quand on ne s’interroge pas, on considère comme normal ou admis, tout ce qui relève de nos émotions ou de notre vécu personnel. Pour prendre un exemple -très simpliste-, je pense à certains de mes amis qui ont leur carte UMP ou PS, parce que cela relève de leur tradition familiale. La non-interrogation les pousse à défendre, coûte que coûte, les positions de leur parti. Ils s'indignent en permanence. Je trouve ça dommage. Le droit à l'interrogation, je pense, est l'étape qui précède l'indignation. Et seulement s'interroger, je te l'accorde, n'avance pas à grand chose.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
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.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
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