Mélanger anecdotes de vie (La mienne, tant qu'à faire, hein ?! ) et infos importantes ou superflues, tel est le but de ces Editos Persos. Bla, bla, bla...
La rentrée, c'est toujours compliqué de s'y remettre. On a encore envie de lézarder... Je me sens encore en vacances, que voulez-vous...
Bouquin

J'ai attaqué ce bouquin, et je vous en parle avant d'avoir fini comme d'habitude. Le pitch ? "Vous les connaissez bien. Leur visage et leur voix vous sont familiers. Ils signent tous les jours un éditorial dans la presse écrite ; ils livrent une chronique chaque matin sur une antenne de radio ; ils occupent les plateaux des grandes - et des petites - chaînes de télévision ; chaque année, voire plusieurs fois par an, leur nouveau livre envahit les tables des librairies. « Ils », ce sont les « éditocrates ». Ils ne sont experts de rien mais ils ont des choses à dire sur (presque) tout et, à longueur de journée, ils livrent à l'auditeur-lecteur-télespectateur-citoyen leurs commentaires creux ou délirants sur le monde comme il va et comme il devrait aller. Sentencieux, ils racontent (à peu près) tous la même chose et dans (presque) tous les domaines, que ce soit sur la vie politique, la crise économique, les problèmes de société, les questions internationales, etc. Pontifiants, ils répètent à tout bout de champ qu'ils sont « politiquement incorrects » - alors qu'ils sont les plus illustres représentants du conformisme intellectuel. À travers dix portraits drôles et corrosifs, ce livre dévoile l'imposture de ces professionnels de la pensée-minute."
J'ai eu un petit problème, avec le parti pris. C'est clairement contre et en se servant des textes des différentes personnes évoquées, ces quatre journalistes écrivent à charge. A propos d'Alain Duhamel "Si l'insignifiance avait un visage, on lui donnerait spontanément celui d'Alain Duhamel". Violent, non ? Mais, au final, j'ai été séduite. Parce que c'est vrai que "ces cautions de pensées, ces cautions d'analyse" disent aussi des conneries. Pour l'instant, celle qui m'a le plus marquée, c'est Bernard Henri Lévy qui l'a sortie : "Au mois d'octobre 2008, en pleine "crise financière", il concède ainsi -ça ne mange pas de pain- qu'"on frôle le gouffre", mais il voit aussi dans cet "évènement" un signe (fort) de l'admirable vigueur démocratique du capitalisme, "drôle de machine carburant à la crise (...) autant qu'à la performance" et, partant, "la preuve que le système est toujours vivant". Ouf !"
L'admirable vigueur démocratique, la crise ? Je ne sais pas quoi dire. J'y vois plutôt sa déchéance, mais c'est mon point de vue. J'y vois ses limites. Je n'y vois que la dictature du profit. Alors pour l'aspect démocratique, on repassera.
Ce livre a le mérite de soulever un problème. La presse est dans un système où elle exige sa liberté. Et s'enferme dans une dictature de pensée. Isn't it ironic ? A force de confier à des hommes reconnus les commandes des éditos de ce pays, parce que l'exercice nécessite de la crédibilité j'en conviens, nous avons tendance à avaler tout cru leurs points de vue. Quels qu'ils soient. C'est parfois la vérité. Ca ressemble à la vérité. Ou à une certaine forme de réalité. Mais, doutons toujours ou du moins gardons à l'esprit que nous avons la tête dans le guidon de l'info.
Conclusion, un ouvrage intéressant, un contre-point de vue à l'actualité, à l'avalanche d'éditos, le tout avec le recul des mois passés.
L'histoire
Je suis restée sidérée quand j'ai lu ça. Matthew Roberts est un américain tranquille d'une quarantaine d'années. Un enfant adopté. Il a voulu savoir qui était ses parents et la réponse soulève la problématique de la recherche de la vérité. Jusqu'à quel prix ? Je suis pour la vérité même si elle est pénible mais là, franchement, je ne sais si ce n'est pas plus destructeur. Il a découvert que sa mère avait été violée par son père et quatre autres individus. Première couche. Mais il a également appris que son père était Charles Manson. Pour qui ne connaîtrait pas ce sinistre personnage, je suggère de se rendre sur wikipédia. Matthew Roberts raconte que c'était très perturbant. Il a cherché quasi désespérément des signes de ressemblance physique avec les quatre autres hommes. En vain. Il faut bien s'incliner. Il est le fils d'un malade mental qui a assassiné, entre autres, une femme enceinte de huit mois.


Il faut bien reconnaître que depuis tout petit, il écrit des poèmes. Comme son père. Qu'il a toujours été considéré comme "barré". Comme son père avant le drame. Et d'avoir peur des dingues de ce monde, fans de celui qui lui a donné la vie. Si on peut dire les choses ainsi. Matthew Roberts confesse avoir peur de devenir comme son père. De la ressemblance.
Alors, je me demande dans ce cas de figure-là, si la vérité était-elle si bonne à dire, ou à découvrir ? Je pose juste la question à l'ère où on l'érige en principe absolu.
Vie privée

Joseph Szabo "Priscilla"
Je suis tombée sur cette photo, il y a six ans. Je l'ai trimballée. Elle est dans ma cuisine à présent. Il y a la misère en arrière-plan. Enfin, c'est ce que j'ai toujours imaginé. Est-ce la vérité ? Et il y a cette petite fille. Priscilla.La clope au bec. Gracieuse et le regard dur. Quelque chose d'enfantin et d'infiniment âgé.
Surtout, cette photo me fait immédiatement penser à ma fille Charlotte. Je ne compte plus le nombre de fois où des personnes, certes inattentives, ont cru qu'il s'agissait d'elle. En l'occurence, c'est sa copine Faïda qui est tombée dans le panneau ce samedi. Charlotte lui ressemble. Mais pas seulement physiquement. Il y a quelque chose dans l'attitude de cette inconnue qui se retrouve dans le visage de ma fille, dans certaines de ses expressions. Quand elle toise les choses. Une certaine dignité.
Je me suis aussi souvent dit que c'aurait pu être Charlotte sur cette photo. Juste pas née au bon endroit, au bon moment...
La phrase
Du coup, avec tout ça, je me suis posée la question de la ressemblance. J'aurais pu choisir la vérité, vaste concept qui, au final, n'en est pas un. La vérité, c'est comme "fantôme", un mot crée par le genre humain pour désigner quelque chose qui n'existe pas. On peut au mieux parler de "ma réalité". Donc la ressemblance. De manière vague, comme ça, sans arriver à mettre de l'ordre dans tout ça. J'ai fini par frapper à la porte d'Evene, section citations en rentrant le mot "ressemblance". Je n'ai pas avancé dans mon raisonnement. Mais j'ai trouvé une citation qui, sans que je puisse vraiment l'expliquer, exprime ce que je veux dire
"Le Temps ressemble à un hôte du grand monde, qui serre froidement la main à l'ami qui s'en va et qui, les bras étendus, embrasse le nouveau venu."
William Shakespeare "Extrait de Troïlus et Cressida"
Je ne sais si ce qui va suivre est clair. Je me comprends, en tout cas. Rien ne dure. Rien n'est inéductable. Il n'y a pas de fatalité sauf celle de la naissance et du décès. Entre les deux, la vie. Et son champ infini de possibilités. De vérités...

By Belâm
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