S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Est ce un mode de fonctionnement tenable? Parce qu'on a beau être là, sur tous les fronts, sur tous les plans, ne jamais dire non, se lancer dans des aventures qu'on saura chronophages...
La semaine dernière, j'ai enchaîné les défis. Faire un podcast. Oser utiliser ma voix pour ce que je mets en mots numériques d'habitude. Gérer un autre collectiblog, enfiler un costume qui n'est pas le mien, accepter de ne pas être celle qu'on attend, devoir materner, corriger, conseiller, admonester, refuser, admirer. Tant de minutes encore qui ont filé dans mes angoisses de ne pas assurer, de décevoir. Pourtant se jeter dans la bataille fait partie de moi.
A défaut d'arrêter le temps, j'essaie qu'il devienne élastique. Comme un caoutchouc où je pourrais parfois souffler un peu. Bulle. Une bulle de temps étiré.
Cette semaine, tous les textes ont un rapport au temps... Au temps perdu, à la nostalgie du cool, aux prisons humaines qu'il crée avant d'en être résilience, aux rides qu'ils dessinent sur la peau des gens qu'on aime, à celle qu'on a été il n'y a plus si longtemps, .
Une semaine, comptée ou contée pour vous, en plusieurs milliers de mots, qu'ils soient maux ou bulles.
Une semaine qui me ressemble . Enfin je crois. Parce que c'est mon gros défaut, l'implication. Jusqu'à en user le temps.
Jusqu'à en oublier des gens, des vies, laissées sur le côté. Combien de fois se dire: je devrais l'appeler, lui écrire, la voir, aller prendre un café, on rirait, ce serait bien. On en avorte des histoires à force de toujours être sur un tapis roulant vers jamais. Mais le temps n'a pas dit son dernier mot. A un moment sans trop savoir pourquoi, il vous rattrape. Il n'est jamais trop loin dans le rétro, on peut pousser le moteur au maximum, il finit par emboutir le pare-choc.
Souviens toi.
Souviens toi quand tu prenais le temps. Le temps de rêver, de dormir, d'aimer, d'être. Le temps d'être touchée, par une image, un son, une voix.
Souviens toi quand tu n'étais pas démultiplication d'avatars, quand tes journées n'étaient pas émaillées de choses à faire, mais de longues plages vierges de délicieux désœuvrement.
Souviens toi quand tu grelottais les soirs d'automne au coin du feu à avoir marchandé avec le bonheur de ne rien faire d'autre que de respirer les bois, dehors des heures.
Souviens toi des soirs d'été qui s'allongeaient magiques comme des toiles d'araignées surréelles, glacons tintant dans les verres et écho de rires dans l'ébène.
Souviens toi des ces matinées de printemps, sortie pieds nus dans l'herbe, juste pour en sentir la rosée sous la peau et écouter pousser les jonquilles.
Je finis cet édito sur un baiser. Celui que mon fils vient de déposer sur ma joue, me voyant rager sur mon ordinateur, n'arrivant pas à aligner les mots de cet édito pressant.
La petite boule de chair, mon lunatique monstre doux, mon aurifère qui a maintenant plein de rêves de grand au fond des yeux. Faudrait que je puisse synthétiser l'odeur de son cou le matin, pour plus tard... Quand il s'élancera après le temps. Il grandit si vite.
Le temps passe si vite.
Faites vous plaisir, prenez le temps d'écouter.

By Sand
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Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...
moi, j'étais sur le nuage avec toi, ...
je l'aime pas tellement. mais du coup...
ah mais je crois que beaucoup d'abste...