Tous les ans, consciencieusement, j'envoie des voeux.
Comme je dis consciencieusement, j'imagine que vous allez imaginer que c'est une corvée pour moi, que je m'y astreins parce que les conventions sociales me dictent cette conduite. Eh bien pas du tout.
J'adore le petit rituel que j'ai mis en place ces dernières années pour ma carte de voeux : je vais passer des heures à compulser toutes les photos que j'ai prises l'année qui vient de se terminer. Oui, ma carte est faite d'une photo que j'ai prise moi-même. Je ne déroge pas à cette règle. Ensuite, je réfléchis à un thème, celui qui me semble être celui vers lequel j'aimerais que l'année tende. Un thème, ça fait plusieurs mots à entrer dans les divers moteurs de recherches pour trouver une citation. La citation doit être assez courte pour ne pas prendre 15 lignes sur l'écran, elle risquerait alors de gacher ma photo. Mais elle doit quand même dire quelque chose que j'ai envie de dire à tous mes destinataires.
Ensuite vient le moment des envois. De la transmission devrais-je plutôt dire. Parce que je profite désormais de tous les supports possibles. Il y a des voeux groupés, comme les mails collectifs aux collègues, les publications par blog qui touchent alors même des gens dont j'ignore l'existence, les courriels de groupe mais qui sont pensés pour ces gens là uniquement -entendre que le texte n'est pas interchangeable, il est dédié à ces quelques personnes-là uniquement- et puis enfin les emails faits juste pour toi.
Et nous voila au moment où c'est à vous que j'adresse mes voeux. Souvent, je les calque sur ce que j'aimerais que vous me disiez. Toujours, je les dis avec sincérité. Il est inutile d'être dithyrambique, je crois bien que les petites pensées sont parfois suffisantes. Cette année 2012, année un peu jalouse encore de ses secrets, je vous la souhaite pleine de ces projets fous qu'on imagine toujours possibles quand un cap vient d'être franchi. Quand bien même la totalité ne se réaliserait pas dans les 12 mois à venir, vos souhaits délirants vous porteront au moins vers ailleurs, vers mieux, vers ensuite. Que la chaleur des sourires des autres mais aussi des vôtres vienne pacifier les plus impatients et les plus inquiets.
Très belle année à vous.
Cette année, elle commence tout doucettement pour moi, un peu comme dans du cocon. Je n'ai pas la sensation comme souvent, d'une page qui se tourne, de l'éblouissement du papier blanc un peu glacé qui m'assaille souvent à l'ouverture d'une oeuvre nouvelle. Non, j'ai l'impression d'un ronronnnement paresseux qui me trainerait lentement vers l'après. Et du coup, c'est comme ça que j'imagine mes semaines. Non, que les auteurs qui m'offrent leurs mots soient paresseux ou ronronnnants, non, juste que j'ai choisi la facilité de ne demander qu'à ceux avec qui c'est facile pour moi. Par facile, comprendre ceux qui ne me font presque plus peur et dont je sais que les mots vous plairont, en prime.

baci
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