Voilà ! C’est ma rentrée. Un poil tardive. D’un autre côté, ma vie tout entière est un retard constant, un véritable hymne aux déboires et aux bévues. A croire que ce ne sont pas des fées qui se sont penchées sur mon berceau mais la RATP ! Rahlalala !!!! Je loupe mes engagements, Je me paume dans le temps et dans l’espace. J’ai l’impression qu’il me faudrait des journées de 48 heures.
Le pire, c’est que je suis redevenu insomniaque. Seuls ceux qui ont accumulé des nuits blanches peuvent comprendre l’angoisse du silence. Quand l’obscurité devient mouvement et que le silence devient un vacarme assourdissant. Quand les ténèbres vous effraient et vous captivent en même temps. Bref, quand vous avez envie qu’on vous assomme, en somme.
Mes nuits ressemblent à mes journées : un brouillon froissé donc aucun élément ne reste intact, et dont il n’y a rien à retenir. Les jours succèdent aux nuits qui succèdent à l’ennui. Et plus je perds des nuits de sommeil, moins j’arrive à comprendre l’actualité.
En fait, en ce moment, je n’arrive pas à savoir s’il y a une révolution, un nouveau cap qui se dessine, si tout stagne, si tout se perds. Je vois les mensonges, je vois les craintes, je vois les sujets, je vois les cris, mais je ne vois pas de différences. Je vois juste des effets de style.
Et je ne parle pas que de la campagne dont tout le monde parle. Elle me parait fade. Autant que celle de 2007. Au moins, celle de 2002 avait du standing. Ou était ce juste les candidats ? Notre président fait tellement dans l’esbroufe qu’il arrive à jeter ses adversaires dans le même carcan de vulgarité dans lequel il s’est lui-même coincé il y a des années. Ça en devient agaçant. Et plus le temps passe et plus les ouvriers sont le cœur de la campagne. Et plus on parle des ouvriers et plus on se rapproche du vulgos. Mince, à croire que pour tout le monde, les pauvres parlent comme Nadine Morano. Dieu nous en préserve, j’ai pas envie de me croire au marché dès que je sortirai de chez moi.
Cette campagne m’énerve. Les infos m’énervent. Les gens m’énervent. La vie m’énerve. Je veux dormir. ……….. Non, je veux lire, voilà, c’est dit !! Je suis en pleine boulimie lectrice. Je viens de lire 12 tomes, en une semaine et j’en redemande. Je suis en manque. Alors nourrissez-moi !!!! Je vous en prie. Je veux vos rires, vos larmes, vos peines, vos rêves, vos fantasmagories. Je veux vouloir.

Spleen sans Idéal
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