Ca vient sans prévenir, comme ça. Vous êtes peinards, (enfin façon de parler, parce qu’en vrai vous bossez…), puis un client pousse la porte. Sourire pro, formule de politesse. L’accueillir sans qu’il se sente harcelé, lui laisser le temps de prendre ses marques. Puis un ” je peux vous aider ? “. Et là, on ne sait jamais ce qu’on peut déclencher. Quelquefois, l’échange est des plus banals. La personne sait ce qu’elle veut, elle le dit, point barre. L’affaire est faite. Mais…
D’autres, ça commence tout à fait normalement:
-” bonjour, je peux vous aider ?
- ” heu, oui, je voudrais offrir du vin …”
- ” une idée sur quelque chose, une région peut être ? “
Et là:
- ” sais pas, c’est pour un gynéco “
*ne pas rire, ne pas rire, non, surtout ne dis pas ce qui t’es venu à l’esprit, reste pro *.
Parfois, c’est les classiques : ” qu’est ce que vous avez de bon ? “ Ou ” je voudrai quelque chose, mais de vraiment bon “ auxquels vous êtes fortement tentés de répondre ” ah, c’est ballot, parce qu’en fait je vends que de la merde.” Mais vous ne le faites pas.
Il y a le somptueux, chuchoté de préférence:
” Dites, je ne voudrais pas vous mettre dans l’embarras, mais il est périmé votre vin, là, c’est écrit 2003″.
Il y a aussi cette dame, très chic, qui vous dit,: ” c’est pour un connaisseur, vous allez me chercher votre mari ? “ .
Bon, d’accord, je cumule: blonde, jeune et sexe féminin, mais je connais quand même deux trois trucs, non ? Il y a les guidophiles, ceux qui ne jurent que par leur sacrosaint guide truc muche, et se foutent bien de votre avis.“Vous savez dans mon guide machin chose, il est dit que ce vin est fooooooooooooooooormidable, vous n’en avez pas ? “ (Si si, j’en ai mais je le garde pour moi, gniark gniark)
Les drôles malgré eux: “moi je n’aime pas le vin, je n’aime que le rosé” (c’est quoi alors du rosé ?).
Ceux qui fourchent, qui se trompent de nom. Le Pauillac devient du Pou- llac, le Saint Estephe du Sein d’Estève (je ne connais pas cette dame).
Puis celle ci, il n’y a pas longtemps. C’est ma préférée : Un monsieur se présente. Il tient un sac, dedans manifestement il y a une bouteille. Il la sort devant moi (la bouteille, qu’allez vous imaginer bande de dévoyés), puis m’annonce: ” elle est bouchonnée “.
Sur le principe, moi je veux bien. Ca arrive. Suffit qu’un champignon pas très sympa aie trouvé le liège assez cosy comme lieu de villégiature, et paf ! Voilà un gout de bouchon.
Sauf que…
La bouteille était bouchée par une capsule à vis…Métallique…


octobre 13th, 2008 à 11:04
J’ADORE! mais alors j’adore “votre vin est périmé, il est de 2003″, ça c’est GRAND !!
octobre 13th, 2008 à 11:15
Excellent !
Mais finalement, on offre quoi à un gynéco ???
octobre 13th, 2008 à 11:16
le coup du “allez me chercher votre mari”, c’est juste bon à distribuer des coups de tesson dans la gueule, non ?
Je salue ta patience et ton professionnalisme, Sandrine ! :)))
octobre 13th, 2008 à 11:26
D’ailleurs, je fais un appel du pied
si vous avez des perles de taf, je veux bien des billets. Bon..d’ailleurs je vais faire un billet tout court à ce sujet!
octobre 13th, 2008 à 12:40
Excellent Sandrine ! Pour la dame qui demande ton mari cela me rappelle, hélas, bien des choses…
Cholera : des perles de taf en gros c’est le fond de commerce de mon blog si tu veux je te fais un “best of” ???
octobre 13th, 2008 à 12:46
@spasmo!! HA YES!!!
octobre 13th, 2008 à 13:11
cholera: et le pire, c’est que le coup du périmé, on me l’a fait souvent
thomas: grande question ! ;)
la peste: oui, j’y ai bien pensé deux secondes, mais je me suis dit que ça risquait d’être dangereux pour mes bouteilles chéries…;)
spasmo: le plus pénible, c’est qd ça vient de femmes…
octobre 13th, 2008 à 13:43
ah !! les joies de la vente. ça m’a rappelé des souvenirs… (j’en ai quelques unes, de perles gratinées !)
octobre 13th, 2008 à 13:43
Très drôle Sandrine ;-) ce doit être dur parfois de garder son calme ET son sérieux !
@Cholera :”des perles pas si rares” si tu veux un nom de rubrique… et j’en ai des TONNES….
octobre 13th, 2008 à 13:59
Merci Sandrine pour le moment de rire, tu sais que ça inspire ton truc :
“Bonjour Madame, je voudrais du champagne Ruingard?”
octobre 13th, 2008 à 14:23
nahimage: aaaaah, je t’ai reconnue ! ( ouais sans blague, des trucs comme ça aussi on me l’a fait)
soeurette: d’où l’avantage de bosser en couple, qd vraiment je peux plus, l’homme prend le relais
prince de gale: hi hi hi
octobre 13th, 2008 à 14:56
Que de perles ! “les clients sont formidables”, moi je dis !
c’est très bizarre quand même, parce que cela fait longtemps que le milieu du vin s’est ouvert aux femmes (elles sont viticultrices, sommeliers, etc…) mais cela reste, pour certains -et certaines, plus misogynes que le roi- apparemment impensable. En gros, toi tu peux vendre du rosé et du blanc liquoreux, mais Mr Sand, lui, il vend les “vraies” bouteilles de connaisseurs…
octobre 13th, 2008 à 15:01
ce qui est assez rigolo, c’est que monsieur n’a pas de diplome lié à ça… moi bien, et qd il le dit, ( parce qu’il est super, mon chéri)les gens me toisent; du genre, ben comment ça se fait ?
M’enfin, d’un coté ça m’arrange, comme ça, les chieurs, c’est pour lui ;)
octobre 13th, 2008 à 17:57
Pour le coup du Monsieur sans diplôme tandis que toi si, c’est un peu donner le baton pour se faire battre, non?
La différence entre l’inné et l’acquis, la femme doit apprendre, l’homme sait ;-))
Un billet savoureux en tout cas
octobre 13th, 2008 à 20:11
Je kiffe. Géant.
Merci Sandrine
octobre 13th, 2008 à 20:13
pandora: c’est que ça se trouve comme ça… ce que je voulais dire, c’est que lui on lui demande rien, tandis que moi, …
renard:de rien ;)
octobre 13th, 2008 à 20:41
Excellent, hé hé!
Ces petites perles (pas si rares), et aussi comme tu décris dans les premières lignes le client qui rentre, me rappelle bien des choses…
octobre 14th, 2008 à 3:42
Ah ah, on aurait bu du vin perime tout ce temps alors ???
Merci sandrine!
octobre 14th, 2008 à 13:06
la sauterelle: hé hé
dawi: mdr
de rien ;)
octobre 14th, 2008 à 15:57
j’ai adoré
octobre 14th, 2008 à 16:09
merci millie
octobre 16th, 2008 à 23:07
FA-BU-LEUX !