Hier, c’était l’anniversaire d’Epidemik. Un an d’existence et un bien triste cadeau d’anniversaire. Hier soir, je suis allée chercher la copie-courrier avec accusé de réception du mail envoyé par le cabinet d’avocats d’Anne Humbert. Pourtant, le même jour, nous nous étions réjouies toutes ensemble de l’explosion des stats. En un an, patiemment, nous avons construit un joli succès : un blog atypique, avec un lectorat fidèle et croissant. Vous savez que nous n’en parlons jamais mais il se trouve que, d’après notre hébergeur, nous sommes en moyenne à 2200 visites par jour et 5000 à 7000 pages vues par jour.
Epidemik fauché en plein vol pour son anniversaire.
Quand j’ai reçu le mail, la question ne s’est pas posée, je suis de nature plutôt conciliante et encline à écouter la souffrance des autres… En concertation avec les autres plaies, nous avons décidé de supprimer les billets, ça n’a jamais été notre truc d’aller au conflit bêtement. J’en profite pour préciser que si ce courrier m’était adressé, c’est que je suis officiellement et juridiquement responsable, et propriétaire d’Epidemik. Même si officieusement, nous sommes quatre. Je ne sais si j’ai été attaquée en tant qu’éditeur ou hébergeur, cela n’a pas été précisé.
Bref… Voicik a toujours été clairement orienté vers la caricature et la satire. C’est de l’humour. Et apparemment, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, comme disait Desproges. Nous nous sommes moquées effectivement du fait qu’en tant que rédactrice en chef, Anne Humbert n’accordait pas la priorité à l’orthographe. Choix confirmé dans son dernier édito. Je cite :
“- À axer mes choix éditoriaux sur le fond davantage que sur la forme. Plus d’une fois, j’ai choisi de mettre en Une tel ou tel article reçu avec des fautes d’orthographe parce que ce qu’il avait à dire me semblait infiniment plus pertinent et plus humain que tel autre à la grammaire irréprochable.”
Très bon choix. Cela dit, c’est précisément le rôle d’une équipe de rédaction professionnelle et rémunérée pour cela de corriger ces fameuses fautes d’orthographe… Pourquoi ne pas les corriger tout simplement ?
Alors, oui, on s’est moqué. On s’est d’autant plus moqué, et beaucoup d’entre vous peuvent en témoigner, que j’avais contacté la rédaction de LadiesRoom afin d’enterrer la hache de guéguerre au mois d’avril. La réponse a été édifiante. Aucune. Signe de mépris, d’indifférence ou de malveillance ? Nous avons juste rigolé en pointant du doigt une contradiction entre un métier et une attitude. Voilà. Juste se marrer. Est-ce un crime ?
Apparemment, depuis son départ de LadiesRoom, Anne Humbert n’est plus indifférente finalement… Bon. J’entends sa souffrance. Ceci dit, ça me rappelle ces trois manifestants qui étaient au tribunal pour avoir distribué des tracts que ces mêmes manifestants considéraient comme des caricatures, des satires… Madame la Ministre de l’Intérieur ne l’a pas entendu de cette oreille…
En France, il semblerait que nous ayons quelques problèmes concernant les limites de l’humour. Le gouvernement actuel et notre cher Président de la République n’encouragent guère ce genre de procédés. Les plaintes pour outrage aux forces de l’ordre explosent. Alors tout le monde devient procédurier.
Si j’avais du porter plainte ou mettre en demeure LadiesRoom à chaque fois que je me suis fait insulter sur leur site, et ce n’est pas une image, je passerais ma vie sur les bancs des tribunaux. J’ai interpelé plusieurs fois la rédaction pour qu’elle intervienne (encore une fois, certains d’entre vous peuvent en témoigner) mais, c’est comme ma tentative de conciliation, aucune réponse. Alors d’après vous : “Connasse”, ou “Grosse merde”, est-ce inutilement malveillant et méprisant ? Est- ce que cela présente un caractère incontestablement offensant conformément aux dispositions de l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 ? Est-ce que cela présente un caractère injurieux (!!!) ? Et est-ce une infraction prévue et réprimée par les articles 29 alinéa 2, 33 et 42 et suivants de la loi du 29 juillet 1881 ?
Ce n’est pas la première fois qu’un membre de ce magazine collaboratif - et quelle collaboration avec ces contributrices ! - … nous menace de procès. Dyns en son temps aussi. Ça menace de procès et ça raconte des horreurs sur une journaliste du journal Le Monde qui s’était intéressée à notre révolte… Bien, bien, bien…
Alors aujourd’hui, je suis fatiguée. Je me sens PROFONDÉMENT AFFECTÉE. Je sais qu’Epidemik ferme pour les vacances mais moi, j’arrête aujourd’hui. Il va falloir que je me remette de cette attaque. Un acharnement procédurier, ça me dépasse. Je subis de plein fouet un préjudice bien concret. Celui de ne plus avoir envie d’écrire alors que c’est la chose que je préfère au monde…

décembre 12th, 2008 à 8:20
[…] De l’affectation et du préjudice […]
décembre 13th, 2008 à 9:25
Je tenais à remercier publiquement Fièvres, Psestos, et Baci pour leurs billets. Vraiment…