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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Ailleurs, en dehors...

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Nos deux corps côte à côte. Hiératiques. De marbre. Si lisses. Doux. Mais insensibles. Nos peaux ne s'emeuvent plus. Trop imprégnées l'une de l'autre, trop attendues. Quand mon regard se pose sur toi, il ne s'attarde plus. Il voit à travers. Vers un ailleurs. Vers d'autres possibles. Un ailleurs. Recommencer. Etre celle qu'on n'attend pas, qu'on n'attend plus. Laisser les rivières de larmes derrière soi, les moments troublés, les instants lourds de silence. Et pourtant, il se heurte encore à toi. Un mur, un miroir sans tain.  C'est insoluble.

La peau glacée, les battements sourds qui grondent comme un orage, menaçants. Les yeux écarquillés à l'infini, pour essayer de voir. Essayer d'atteindre. Encore. Le plus jamais. L'irrépressible. Toi. Par dessus tout. Pourtant, savoir. Il faut oser fermer les yeux, il faut oser fermer le livre, celui qu'on a parcouru tant de fois, celui qui nous a amenés à être, celui qui fait de nous aujourd'hui des étrangers. Lire des histoires différentes dans les mêmes mots. Des mots pareils. Des mots d'amour qui n'en sont plus.

Il n'y a rien à comprendre, rien à attendre. Se dire que les jolis moments resteront, images figées de nous.  Seulement, jeter un regard vers ces cendres qui achèvent de se consumer. Vers ce feu que l'on croyait toujours renaissant. Et se dire que cette fois ci, il n'y aura plus de résurrection. Plus d'incendie de nos ventres. Plus de fébrilité de nos mains. Plus d'avidité de nos bouches. Plus rien. Que ce lien d'habitudes.

Se demander si ... Espérer que... Avoir envie de...

Deux corps en parralèle, impossible pour eux d'atteindre une intersection. L'affection devient une infection. Insidieuse, se distillant lentement, à coup de culpabilité, de honte, d'échec. Partir pour encore être. Pour cesser l'existence ectoplasmique des gens sans aucun désir.

Dans un espoir fou, se dire que peut être. Qu'un recommencement est possible. Tambouriner, palpiter, ressentir. La solitude n'est plus un mal, elle est un moyen.

Faire le bilan des amours mortes.

Et les jeter au feu.

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By Sand

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Commentaires
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respect
Belam 05-05-2009 10:17:17

l'affection qui devient une infection, ca c'est joli ! Vraiment !

Joli texte Sand. Mais n'oublie pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril

Ne poussez pas, je sors toute seule..
baci 05-05-2009 11:35:49

"Partir pour encore être."

oué, c'est tout pile ce que j'ai cru en partant... ben ça a mis du temps, j'ai trouvé !!

(punaise tu as des espions, tu écris sur moi maintenant ?? appelez le FBI !!)
Rolanda Bibine 05-05-2009 12:00:44

Ca me plait à moi également. C'est tellement difficile de savoir ce qu'il reste...

Bêllam : rhhhhhoooo !!
A quand le "c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes "Bêllam
sand 05-05-2009 14:52:39

@bellâm: merci, ceci dit,rendons à César machin etc: "l'affection devient une infection, on reste ensemble mais sans ce point d'intersection c'est la friction"... c'est un feat de starflam (groupe liégeois) sur un morceau d'Arno l'amour Suze...
Et rhoooo
@baci: je touche à l'universalité je crois !
poussez pas
@rolanda: ben des cartes postales?
OUF !
Tom 05-05-2009 19:21:21

Ben moi, je suis plutôt soulagé que cette...Ce truc, soit juste la citation d'un feat d'un groupe liegeois!...parceque c'est la coupe (liègeoise) qui faisait déborder le mauvais goût, dont c'est la seule tâche, dans ce texte à mon simple avis, bien-sur!
Un p'tit coup de , ascendant tête à claque ?: comme ce serait plus joli avec un:
"il voit AU travers"....(pardon, c'est plus fort que moi...Ce genre de détail peut tout foutre en l'air, pour moi...)...Heu ?
La sortie.. .Où ça ? Ah, ouai, j'ai vu, hé hé
...
Tom
Sonia 05-05-2009 19:43:50

Je prends ma poêle à frire et je t'attends à la sortie...
(laisse tomber ta toge d'indignation et redonne son chapeau à Caliméro, je déconne !)
sand 05-05-2009 21:45:37

tom: C'est ton avis... Perso, je trouve qu'une touche de mauvais goût, ça fait ressortir ce qu'il a de trèèèèès bon goût
(oh ça va hein? ! )
à, au.... l'essentiel, c'est finalement ce regard qui fuit, n'est ce pas?
Sonia 05-05-2009 19:44:56

Sand comme toujours j'aime beaucoup.
La fin de...
Le début de...
L'espoir que...
Sonia 05-05-2009 22:14:23

Et je suis l'une des pom pom girls
Vieillam 05-05-2009 22:34:28

ça rappelle des trucs…
j'ai dépublié
Belam 06-05-2009 12:58:27

les commentaires qui n'ont rien à voir
Alecto 06-05-2009 23:02:10

C'est vrai que c'est très dur de trouver la fin d'une histoire.
Mais quand on pense l'avoir trouvé, il reste l'espoir d'un nouveau départ!

Merci Sand, c'est très beau (je sors ma jupette et me joins aux filles! *Pompom*)

Courage ma belle
sand 07-05-2009 10:54:23

@vieillam: je suppose qu'on en passe tous par là...

@alecto: oh ça va hein ... Tout va bien !
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