En compagnie des hommes
Jeudi, 23 Septembre 2010 00:00
Kowalski

Si la distance était abolie, tout serait plus simple. Une fois que je l'aurais embrassée, elle ne pourrait plus me quitter, elle passerait ses bras autour de ma taille et blottirait son visage contre mon cou avant de revenir presser ses lèvres avides contre les miennes. Pourtant, dès que je m'approche de sa bouche, elle déguerpit, se détourne, plonge ses lèvres dans son kir à la mûr et regarde la pluie rayer le ciel ambré à travers la fenêtre. En attendant, j'effleure ses cheveux châtains foncés et laisse descendre mes doigts jusqu'à effleurer la ligne de son visage mais elle ne dit presque rien parce qu'à ce moment de la soirée, elle est sûrement aussi ivre que moi.
- Qu'est ce que tu dirais de faire une petite pause ? Je lui dis.
- Une petite pause dans quoi ?
- Fumer une cigarette dehors.
- Tout à l'heure...
Nous sommes installés sur une petite table au fond du Belagio. Je jette un regard sur ma montre et je me dis que je devrais envoyer un SMS à ma femme pour la rassurer mais je n'en trouve pas la force. Je regarde Alexandra parler, sourire, imiter l'accent de Paris Hilton en répétant « yii know » à chaque fin de phrases ce qui ne m'amuse plus vraiment au bout de trois fois mais je me force à sourire et je me demande si ce sourire a l'air vrai.
- Ca t'arrive d'être jaloux ? demande-t-elle
- Pas vraiment je crois... Ca dépend... Je prétends hausser les épaules.
- Jaloux d'une fille avec qui tu es.
- Tu veux dire jaloux de ce qu'elle pourrait faire quand elle n'est pas avec moi.
- Non, je ne sais pas... tu ne serais pas embêté si je me retrouvais sur une île déserte avec un acteur porno ?
- Si sûrement... mais en même temps nous ne sommes pas vraiment ensemble je crois... Je baisse un peu les yeux.
- Et alors ?
- Tu ne m'appartiens pas vraiment donc.
- T'appartenir ? Tu aimerais que je t'appartienne ? Elle rit.
- Tu connais sûrement la réponse à cette question...
- Vraiment ?
J'imagine que j'empoigne ses cheveux et que je la tire en arrière sur un lit. L'idée m'obsède : son cul tendu vers moi, ses reins cambrés. Cela fait partie de mon film intérieur vu du dessus. Dans cette scène, elle porte juste un chemisier Isabelle Marrant entrouvert, quelque chose qui la fait ressembler à une pute de luxe et ses hanches sont parfaites...
Elle est attirante, physiquement désirable. Un instant je me demande quelle partie de son corps me fera définitivement tomber amoureux d'elle mais je ne trouve pas. Je me penche vers elle...
- Ca t'arrive de sortir sans culotte ?
- Tu aimerais ? Elle rit encore...
- Je ne sais pas non plus... Oui, peut-être... nous échangeons un sourire.
Pourquoi a-t-elle accepté de venir à mon invitation ? J'y réfléchis mais la quiétude du moment est troublée. Tout à coup, la géographie du restaurant me contamine et la bulle intime explose comme une tonne de psychoses et quelque part dans la pénombre et le bruit des goutes d'eau sur le carreau, j'aperçois tous les gens parler autour de nous et leurs voix ressemblent à des cris. J'examine l'agencement des couples et je me dis que ces deux ne vont pas ensemble et que ces deux là non plus. Et puis, tout à coup, ce sont tous les couples qui ne vont pas ensemble et qu'ils pourraient tous se mélanger et que cela ne changerait rien à l'incongruité de la scène. J'examine une fille près de la porte, j'imagine des choses. Son mec est allongé près d'elle et enfonce son poing dans son sexe et elle crit et personne ne sait si c'est un cri de plaisir ou de douleur... Je me demande pourquoi je pense à ça et le fait d'y penser me fait me sentir mal à l'aise.
Je plonge mes yeux dans les yeux d'Alexandra pour me calmer. Le serveur me demande à nouveau ce que je désire boire. Pendant que je regarde la carte, il sourit à Alexandra et cela m'exaspère... J'ai envie d'embrasser cette fille violemment. Je l'imagine se réveiller demain matin, regarder ses lèvres endolories dans un miroir, s'habiller et aller prendre son petit déjeuner avec ses parents comme si de rien n'était. Je commande deux verres de vin blanc au hasard.
- Est-ce que tu as déjà été amoureux ? Me demande-t-elle...
- Oui, sûrement... Je trouve sa question idiote. Je prends sa main et la porte à mes lèvres.
- Pourquoi fais-tu ça ? demande-t-elle.
- Tu sais pourquoi...
En embrassant le dos de son poignet, je sens l'odeur douce et laiteuse de son parfum de rose, ce parfum qui me permettra de la reconnaître et de la retrouver dans la nuit. En pressant sa main et le bout des ses doigts contre ma bouche je me dis qu'il n'est peut-être pas trop tard...
- J'avais peur de ne pas te revoir avant que tu ne repartes pour la fac dit-elle...
- Tu sais où je travaille ? Je veux prendre un ton plus amer mais ma voix déraille, ce qu'elle prend comme une faiblesse...
- Ne sois pas comme ça, allez... Viens...
Elle prend ma main d'une façon tout à fait naturelle ce qui me donne le sentiment de flotter entre les tables lorsqu'elle m'accompagne vers la pluie au dehors. Devant le magasin de fleur, elle glisse sa main dans la mienne et je marche près d'elle avec un sentiment confus. Sous le réverbère qui est juste à l'angle de la rue, elle se tourne vers moi et me tend sa bouche... Je comprends qu'elle est saoule mais ça m'est égal... Je sens le parfum de l'alcool dans son haleine, mêlé à l'air de la nuit, à l'odeur de la pluie sur l'asphalte, dans les recoins humides et sombres de la rue.
Dans la voiture, le tabac et la pluie nous donnent une odeur de chien et les gouttes d'eau qui glissent sur le pare-brise dessine des ombres étranges sur sa peau et la font presque ressembler à une bête sauvage africaine... Sur le lecteur CD MP3 passe « Such a Shame"... The dice decide my fate and that's a shame, in these trembling hands my faith tells me to react, 'I don't care'.
Je fourre ma langue dans sa bouche pendant qu'elle glisse une main dans mon pantalon et attrape mon sexe...
- Baise-moi comme un acteur de porno, dit-elle...
- Oui...

By Kowalski
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...
moi, j'étais sur le nuage avec toi, ...
je l'aime pas tellement. mais du coup...
ah mais je crois que beaucoup d'abste...