S'envoyer en l'air, les pieds sur terre
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue
On s'est retrouvés, on s'est réchauffés,
Puis on s'est séparés. »
La chanson tourbillonnait dans sa tête en une obsédante ritournelle depuis qu'elle l'avait revu quelques jours plus tôt. Des années qu'elle n'avait plus eu la moindre nouvelle mais qu'il la hantait comme ces spectres que l'on n'oublie pas, avec la force de ces premiers amours éternels.
C'était une faille temporelle, comme si rien n'avait bougé en quatre ans. Les mêmes rires, les mêmes impulsions, la même rébellion contre le monde.
Parce que malgré les quatre longues années qui s'étaient écoulées, elle n'avait pas oublié.Elle n'avait pas oublié l'écho de leurs rires mêlés, le frisson de leurs peaux qui s'effleurent, ses histoires murmurées quand tombait la nuit. Elle n'avait pas oublié la complicité, la tendresse, les mots que l'on n'a plus besoin de se dire.
Ils ne savaient pas, ils ne savaient plus ce qu'ils devenaient à cet instant, des retrouvailles qui semblaient effacer des années d'éviction plus que d'oubli.

Credit Photo donnievendetta
Ils ne pouvaient s'être oubliés. Parce qu'ils se connaissaient... Ils se connaissaient comme se connaissent ces âmes qui n'ont plus besoin du langage pour exprimer tous leurs sentiments parce que leurs regards, leurs corps le crient sur les toits du monde. Leurs insultes n'étaient finalement qu'un rempart à ce flot incontrôlable.
- Saloperie d'anarchiste.
- Je t'emmerde connasse.
- Tu m'as manqué.
- A moi aussi...
Elle n'avait jamais pu se résoudre à oublier leur façon si particulière de se comporter l'un avec l'autre. Ce syndrome de Peter Pan qui les faisait se rouler dans un lit en se chatouillant juste pour emmerder le monde des adultes.
La musique était un prétexte à la nostalgie qu'ils portaient en eux, ils l'écoutaient pour le souvenir mais étaient absorbés par l'instant présent. Il n'y avait plus de place pour rien, seulement pour eux.
Le temps avait passé, ils avaient changé, ils avaient vécu, pris des claques, s'étaient effondrés, puis relevés mais pourtant... Rien n'avait changé.
Rien n'avait changé, c'était une certitude, leur certitude, puisque tout, lorsqu'ils s'étaient revus, ne pouvait plus que leur appartenir.
Ils se torturaient toujours autant, s'attiraient toujours autant.
Alors parfois d'autres refrains prenaient le relais...
« On s'est construit et j'ai tout détruit
On s'est détruit, on a reconstruit
On s'est construit, on a tout détruit
Je me suis détruit, on a tout détruit
On s'est puni »

Princesse Sarah
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Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...
moi, j'étais sur le nuage avec toi, ...
je l'aime pas tellement. mais du coup...
ah mais je crois que beaucoup d'abste...