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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Rideau

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Parfaitement bien. Juste ça. C'est si confortable. Bien sûr, il a fallu tâtonner un peu. Trouver des terrains d'entente, des complicités. Avec elles sont venus les rires en cascade, les émerveillements, une petite musique qui commence à se faire entendre. Rythme sourd des battements de mon coeur. Des mots, glissés, murmurés. Le plus bas possible et pourtant tellement évidents, attendus. Des yeux qui brillent, des moments un peu suspendus, minutes filant comme du sucre. J'ai tenté. Je vous ai tenté. Les doigts en mouvements, l'esprit en éveil, des histoires à n'en plus finir. Vous. Vos mots, en retour. Ceux que j'attendais, sans trop y croire. Ceux que je n'espérais pas. Pas tant. Pas comme ça.

 

Sensation étrange que cette osmose entre vous et moi. Cette impression d'être entendue, écoutée. Comme un écho recréé de toutes pièces, se propageant, vibrant loin. Loin de moi. Cotonneuse. Je paresse entre ces lignes, étirant la moindre particule de ce plaisir fou , indicible. Comme au sortir d'un long sommeil. Je n'ai pas eu encore l'occasion de vous le confier. Oui, je peux bien le dire: ces mots cherchés, hors les brumes, choisis, posés, n'ont été que pour vous. Mais c'est surtout moi qui m'en suis repue.

 

Jouer.

 

J'ai joué avec vous, m'usant. Me révélant. Attirant sur moi la lumière. Toujours plus, un peu plus loin dans l'intime, un peu plus de chair, encore de la peau mise à nu, des sourires souvent, des larmes quelquefois. Mais à trop jouer, on finit par...

 

Mentir.  Et si finalement ça ne se résumait qu'à ça ? Une subtile supercherie, qui tirerait toute sa force de son énormité, tout son pouvoir de persuasion de l'invraisemblable. On n'est jamais plus enclin à croire que lorsqu'on ne comprend pas tout à fait, quand ça nous semble impossible. Je le savais. Je l'ai toujours su.  J'ai joué de ces codes, de vos codes. J'ai dit ce que vous attendiez que je dise. J'ai fait ce que vous attendiez que je fasse. C'était presque trop facile.

 

Écoeurant, vous m'écœurez. Pire. Je crois que je vous méprise. De n'avoir pas su déceler, sentir mes manœuvres. A quel point je vous ai tenu dans mes mains, à quel point vous m'apparteniez. Vous avez été mes marionnettes, je vous ai tenus par un fil. A vous balancer ces vérités que vous croyiez à vous destinées, en offrant en pâture des états d'âmes fabriqués de toutes pièces, des mots durs et tranchants pour vous troubler, vous hanter. Ou au contraire des phrases caressantes, plumes légères, étoffes soyeuses, à lover tout contre votre peau, à vous tatouer le cœur et le corps. Des brises de douceur. Des souffles chauds dans votre cou. Des rêves obsédants à blanchir vos nuits.


Rien de ce que j'ai montré n'est la vérité. Tout ceci est un jeu, de prismes déformants, où selon les angles je vous oriente vers un moi différent à chaque fois. Selon mes désirs, mes humeurs. Mon sadisme. Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais me donner ainsi, sans retenue, sans fards, corps et âme, au plus offrant ?


J'aime savoir que vous l'ignoriez. Mieux, j'imagine vos yeux ronds quand vous lirez ces mots, ne sachant où est la part de vrai, ce qui est tangible, ce qui ne l'est pas. Qui parle ? Moi, et pas moi. Je ne suis pas celle que vous connaissez, et pourtant si. Je vous ai suspendu à mes lèvres, où vous vous abreuviez d'histoires et de sentiments que vous croyiez les miens, j'aurai été votre conteuse des mille et une nuits, vous tenant en haleine pour mieux détourner votre attention. J'aurai joué de vos ambiguïtés, des miennes, jusqu'au bout. Je me serai liquéfiée cent fois, je me serai immolée sur l'autel de votre curiosité, jouissant par avance de vos craintes, de vos esquives, de votre courage minuscule. J'aurai été votre esquif, vous emmenant bien plus loin que vous n'auriez envisagé. Je vous aurai soûlé de rhum, de miel, de vins et  de mots.  Je vous aurai fait basculer dans des précipices sans fin, preneuse d'otage de vos émotions.


Tout ceci est trop simple. Il m'aura juste suffi de forcer sur certains traits, d'appuyer un peu là où ça fait mal, de trouver en vous une faille, et d'y plonger les ongles. De fouiller la chair, d'écarter les lèvres de cette blessure, d'en rogner la putréfaction. A l'acide. De sentir à quel point vous êtes devenu dépendants, avilis, soumis. Car finalement, c'est bien ce que vous étiez, même si vous aviez l'impression de dominer le jeu, de maîtriser les atouts. L'as caché dans votre manche n'aura pas suffi.


Pour la première fois depuis longtemps, j'esquisse un vrai sourire. Il aura été trop simple de vous posséder. J'ai cette habileté des grands prestidigitateurs, à vous faire voir ce qui n'est pas, et à vous dissimuler ce qui est vraiment. Et plus le tour parait énorme, plus il réussit. Plus il me réussit. Vous posséder. Vous tromper. Vous mépriser.


De n'avoir pas su déceler, derrière mes prétendues vérités, la Vérité. A quel point je suis loin d'être ce que je promets. A quel point mes charmes et mes poisons sont inopérants, en réalité. A quel point je vous aurais maintenu sous un joug factice, jouant de vos peurs plus que des miennes, de vos remises en question, de vos fantasmes. Je me suis faite épique, tentatrice, travestie. Victime. Offerte.  Il m'aura suffi d'allumer un projecteur, de régler un détail de poursuite, et de me lancer sur la scène, toute honte bue, toute fierté ravalée, consciente que de ma nudité  vous ne verriez que le moins important. Plus je me suis dévoilée, moins vous m'avez eu.


Qui croire maintenant... Que penser de mes mots... Qu'envisager... Ces mots, même que vous lisez, ...  Êtes vous certains qu'ils signifient bien ce que vous croyiez? Ou est ce moi qui joue encore, avec vos nerfs, avec vous, vous attirant, tapie comme une chatte guette sa proie, et jouissant par avance de la délectation du moment où elle se trouvera entre ses pattes, à sa merci?  Si c'était moi le bourreau? Le saurez vous un jour, vraiment? Savoir que quel que soit le choix que vous ferez, quels que soient vos sentiments, la route que vous prendrez ne mènera jamais à moi. Vous n'avez pas les bonnes cartes, je les ai trop bien brouillées.


Vous êtes perdus. Tous seuls. Le silence se fait.


Rideau.


Lumière.

 

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By Sand

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Commentaires
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millie 24-03-2009 11:30:01

Superbe
bravo!
Belam 24-03-2009 12:44:52

tres beau texte. Et puis stu sais bien que j'adore les choses ambigues...
Bon...ça fait rien, si....
Tom 24-03-2009 13:44:11

je commence en disant que j'ai trouvé quelques petites facilités de style, un peu "lieu-communisantes" ? Non ?
Mais c'est quand même un beau miroir-sorcière (vous connaissez ? )...Et qui illustre son sujet perfide, en l'infusant d'un narcissisme flamboyant tout à fait de circonstance...Lâche ton fouet, on t'a r'connu!: t'es NOUS ...En défroque de caricature, en puissance-trompe-l'oeillisée, du flan...Au piment, poudre (urticante) aux yeux. Oui, on lit sur la corde raide cette "expérimentation" littéraire, cette "installation" à sensations,
à questions, ce méchant vertige, cette petite voix qui nous chante: "et si c'était vrai"?...On nous offre ici la fameuse "part du Diable"...Je prends.
pour provoquer à mon tour, j'ajouterais que commenter par un :"beau texte" est
une fameuse défilade, non ?
sand 24-03-2009 14:05:55

@millie: merci
@strychnine: je suis chiante, il importait de le dire... quoi qu'il en soit, merci
@Bellâm: je ne suis pas (toujours) l'adorable Sand hé hé...
@Tom: J'écris, sans arrêt, presque sans respirer. J'aime ça. Ça ne veut pas dire que je maîtrise, ou que je ne tombe pas dans des facilités parfois. Parce que je suis une flemmasse, ça il faut le savoir. Je n'ai pas l'impression d'avoir un style encore tout à fait abouti, mais mes mots sont de plus en plus moi. Je dirai que je suis fière de 90 % de ce texte, et que les autres 10 % me laissent avec un goût d'insatisfaction dans la bouche. Je n'ai pas encore trouvé la clé pour faire du 100 %, mais j'y travaille.

En tous cas, ce fut jubilatoire à écrire, presque d'une traite, ... Ca c'était pour la partie "ambition littéraire et stylistique " (ouais aujourd'hui, je me la pète un peu si vous le permettez).

Ensuite, miroir sorcière... J'aime beaucoup l'image. Le convexe qui déforme, donne autre chose à voir tout en reflétant l'exacte réalité, juste nos yeux qui distinguent d'autres formes. Bien vu !

"Beau texte": il est pas fait pour être beau, mais je comprend qu'il soit difficile de commenter autrement que comme ça. Il peut être dérangeant, mettre mal à l'aise, dérouter. Finalement, c'est à moi qu'il faisait le plus peur ce texte.

J'écris aussi pour ça: pour provoquer quelque chose chez l'autre. N'importe quoi. Quel que ça puisse être, si une impression se fait dans la tête du lecteur, s'il ressent une émotion, pari gagné.

Je veux pas faire du beau. Je tente de faire de l'émotionnel.
(et là tout le monde se dit:
-un: cette fille est folle
-deux: elle a un égo surdimensionné
-trois: oui, elle est vraiment dingue)


...Je comprends...
Tom 24-03-2009 14:29:30

et partage (!) cette nécéssité d'intervenir au plus profond de "l'autre" ! je fais souvent rire les gens, car je suis fou de cette sensation d'avoir une action sur leur être, de déclencher quelque chose qui inclut même le corps (comme une espèce d'infraction, c'est presque érotique!): allumer quelque chose en eux, fugitif mais bien réel; c'est chaque fois l'heureuse surprise/ "je tente de faire de l'émotionnel" (réussi!!!) me parle vraiment. Tu sais quoi ? je crois que ça tient de l'acte magique: c'est MANA...Il
se passe enfin QUELQUECHOSE !!!
Quel mystère...Non ?
Oh oui...
sand 24-03-2009 14:37:27

Magie des mots oui. Et récompense suprême que le rire, les larmes, la compassion selon comment on les place. En même temps que cette pleine conscience de l'imposture et du jeu nécessaire pour parvenir à cet état. Maquillage, cape de circonstance, et hop, en scène. C'est tellement jouissif (pour reprendre l'analogie érotique)
Ah mais j'y pense...
sand 24-03-2009 14:47:47

C'est normal: chuis une VOLDEMAGICIENNE !
Alecto 24-03-2009 20:26:33

Ben moi j'ai envie de te détester avec ton texte, serait ce de l'émotion?!

Il te ressemble sans te ressembler!

Vive la complexité et la prestidigitation!

Ne t'arrête pas d'écrire c'est tout!
Rhooo
sand 24-03-2009 21:02:35

Alecto: j'adore ton comm...
Vieillam 24-03-2009 22:00:14

Ce texte me rappelle quelqu'un avec qui je suis très fâchée…
la manipulation ne m'amuse pas (le mot est faible), quand elle s'accompagne ainsi -et c'est récurrent- du mépris de l'autre. Je suis l'inverse de ça, et ça me fait horreur ! Mais le manipulateur en est là, pour cacher son manque de consistance, ce vide qu'il a, à l'intérieur, et ne sait pas remplir puisqu'il joue un rôle. Il n'est qu'une coquille vide… et c'est en cela que jamais il ne gagne, à la fin.
Voilà.
(Sand, cela ne concerne que le fond du billet, très efficace : il m'a immédiatement rendue nauséeuse… ne le prends évidemment pas pour toi, mais j'ai des réactions épidermiques dès qu'on prononce le mot magique…)
Vieillam
sand 24-03-2009 22:58:50

Hum (se donner l'air intelligent )
J'ai forcé le trait volontairement, parce que c'est du texte, que je voulais un peu bousculer, que je n'ai peut être pas habitué mes lecteurs habituels, ou ceux qui m'ont découverte par le biais d'autres textes à ça.

C'est volontairement choquant. C'est forcement nauséabond.
MAIS. Et c'est là le grand mais: je crois que peu ou prou, la manipulation nous concerne tous, à plus ou moins grande échelle. Et surtout si on a vécu des événements durs, ou qu'on a un passif lourd. Ça devient un moyen de s'en sortir, une arme, une carapace. Pas forcément pour cacher un manque de consistance, mais parfois simplement et réellement pour survivre.

Je suis un peu manipulatrice, et un peu manipulée. Je ne crois pas qu'on puisse vivre des relations humaines en étant totalement exempt de ces faces là. Même si elles nous répugnent.

On est complexes. Parfois ange, parfois démon.
Mais promis, demain je redeviens l'adorable Sand (copyright Bellam) ... enfin
sand 24-03-2009 23:00:00

"habitué mes lecteurs habituels"... Bon d'accord, j'arrête d'ecrire arf
Alecto 24-03-2009 22:49:05

Oui voilà comme dit Vieillam, réaction épidermique!

C'est précis, ça tape dans le mille!

Et PAF! Tu peux ramasser tes dents!!
Rolanda Bibine 24-03-2009 23:00:32

J'ai fini par comprendre que l'on pouvait écrire autre chose que la vérité en parlant de soi. Juste des textes pour le plaisir, l'envie, le besoin d'écrire. C'est ainsi que je lis celui ci, sans me poser plus de questions.
Le jeu, conscient, pour faire réagir d'une façon ou d'une autre, m'est totalement étranger. Je ne supporte pas l'ambiguïté, je l'exècre... sauf peut-être (désormais) dans l'écriture ! Te lire est un plaisir Sand
sand 24-03-2009 23:08:29

@rolanda: * sand rougit et pouffe pouffe pouffe, fait la fille quoi *
Merci
Quand même...
Tom 25-03-2009 00:39:53

Je me sens en empahie avec la trouille que tu as du ressentir en écrivant ça: c'est comme essayer, par défi, pour une petite heure, un déguisement; on se pique au jeu, quelque chose de nous ne se sent pas si improbable (on frise même la crédibilité), on bouge devant le miroir, on fait des gestes circonstanciés, ça fout la frousse, mais on est fasciné: cette micro-métamorphose réveille nos double-fonds, c'est pour de faux, mais pas pour des prunes, on se voit à moitié derrière le masque, un maitre Verges en nous prend fait et cause de notre audace de Judas...On tire sur l'elastique de l'expérience, bof, ce n'est qu'un texte, c'est même pas vrai, quoi que...Tu as fait un peu danser ton OMBRE, pour toi et pour nous: c'est super courageux! merci!
...Et pour les "affolés" de la manipulation, je rappellerais qu'il n'y a pas plus manipulateur que les enfants!
c'est une affaire de survie affective, on est outillé pour: même certains animaux connaissent! même pas grave, si on a pas oublié la petite musique de l'ethique dans un coin de sa tête...
..et par "magique", je n'entends pas un vague truc un peu charmant et lumineux
(vaguement tocard), mais le grand trou qui stoppe la respiration, quand "on" laisse advenir """quelque chose""" (on sait pas quoi): ça, c'est puissant !
Quest'ce que je raconte...
Tom 25-03-2009 00:46:44

la manipulation, la feinte, le jeu, le faux semblant, le leurre...TOUTE LA NATURE est outillée pour! même le végétal, même le minéral !!! (sans parler des virus et autre graçieusetés), alors...
Que les saints-tes Nitouches de l'intégrité se regardent bien en FACE !
Rolanda Bibine 25-03-2009 10:44:31

Tu sais ce qu'elles te disent les saintes nitouches de l'intégrité ????? hein ???

"Toute la nature est outillée pour" oui mais certaines personnes en usent et en abusent, ce qui me laisse perplexe, déroutée, surtout lorsque l'on vient me reprocher ensuite d'être naïve parce que je crois ces manipulateurs !! hallucinant quand même !! L'âge aidant, je vais au contact direct désormais
les enfants...
sand 25-03-2009 10:56:12

Tom y est allé un peu fort peut être: les stes Nitouche de l'intégrité?!
Mais il a raison. La manipulation est un outil utilisé plus ou moins consciemment tout le temps, à des degrés divers de toxicité
Vieillam 25-03-2009 11:04:55

la "petite manipulation quotidienne", pour laquelle chacun est outillé afin de survivre, n'a rien à voir avec celle, souvent pathologque, qui s'accompagne de mépris et d'un manque total d'empathie et de respect de l'autre (qui est celle qui me fait horreur). Faire l'amalgame pour mieux traiter ensuite les autres de sainte-nitouches me parait navrant. A-t-on à ce point besoin d'arrogance, de pédanterie et de jugements de valeur ? Perso, ça me fatigue.
sand 25-03-2009 11:10:45

hum. Je voulais évoquer justement la petite perversion, l'insidieuse, la quotidienne, celle qui n'est pas grave... celle dont on se remet. Celle qui nous sauve parfois.

Evidemment, il existe de grands pervers manipulateurs (et j'en sais quelque chose) abominablement dangereux... Ceux là, dépassent le jeu pour être ds une dimension de contrôle absolu, d'avilissement, de pouvoir sans limite.
On est bien d'accord, ceux là ne sont pas à plaindre,mais plûtôt à pendre.

Ce que je voulais faire passer, c'est qu'on a tous je crois en nous un petit monstre qui ne demande qu'à grandir, et que l'on décide de nourrir ou pas... ou qui nous bouffe tout seul dsle cas des pathologies mentales
Vieillam...
Tom 25-03-2009 11:20:48

..Ton commentaire est un véritable coup de poing dans mon plexus solaire...
SI on refuse de capter les seconds degré qui trainent (la tronche de diablotin me semblait suffire à reveler la pose: avocat du Diable), je ne joue plus.
Et QUI juge qui, ici ????????????????????????????????(encore)?????????
ah non !
Rolanda Bibine 25-03-2009 11:39:48

et non !!!! il est bien trop tôt pour se lâcher ce matin !! un café ? une tournée de panachés ?
Psestos 25-03-2009 11:44:10

Panaché... Sankt Bernardus ou Duvel, plutôt...
café
sand 25-03-2009 11:46:47

noir, serré, un sucre
Rolanda Bibine 25-03-2009 11:52:50

du sucre dans ton café ! sacrilège !
Paul, une tourtelle !!
Paul...
Tom 25-03-2009 11:56:14

Une tourterelle, sans sucre...!
toujours
sand 25-03-2009 12:12:12

une pointe de sucre au creux de l'amer, du fondant dans du brûlant, du blanc dans du noir...
OUAI, MAIS...
Tom 25-03-2009 12:18:44

la tourterelle est un symbole sucrier qui se suffit: une pointe de sucre, c'est la pointe qui tue!
sand 25-03-2009 08:54:27

@Tom: pour être honnête, ce texte ne m'a pas effrayée en l'écrivant, ou vraiment c'était un pied terrible. Les mots venaient, s'alignaient d'eux même. Par contre, à la relecture, là, j'ai hésité.
Et j'ai demandé à quatre personnes leur avis:
réaction épidermique pour deux d'entre elles, qui m'ont mise en garde contre le côté casse gueule du texte. Du sentiment de mal aise qui s'en dégage, spécialement pour les gens qui me connaissent un peu, et qui pourraient se sentir trahis.
Pour les deux autres, il été perçu plus comme un jeu entre moi et moi, un exercice, ...
J'ai hésité à publier, après tout, ça aurait pu rester un texte dans mon ordi, il n'en aurait pas moins été écrit. Et puis je me suis dit que finalement c'est une sorte de censure. Que le côté noir, on l'a tous plus ou moins qu'on le veuille ou non. Et que même si ça provoque des choses désagréables, finalement c'est à chacun de découvrir pourquoi il en est si troublé.
Psestos 25-03-2009 10:47:38

J'ai dit à Sand ce que je pensais de son texte, éruption cutanée et vague nausée, et surtout parallèle avec quelque chose, ou quelqu'un, que l'on connait. Je ne voulais pas en rajouter, mais le commentaire de Vieillam m'a confirmé dans cette sensation.
Le billet de Sand, très bien écrit, n'est qu'un jeu, il faut le prendre comme ça, mais ça et d'autres choses m'incitent à regarder de près depuis quelque jours ma pratique du Net. Suis-je moi même un manipulateur doublé d'un obsédé irrecevable ? suis-je simplement manipulé ? Ou pire encore, est-ce que je me manipule moi-même, au détriment de ma vie réelle, de mon boulot, de ma famille ?
En tout état de cause, cela m'incite à prendre des vacances par rapport à tout ça, à me recentrer sur l'essentiel, à me "ressourcer" en quelque sorte, pour mieux revenir (sans vraiment partir non plus, faut pas déconner, qui va s'occuper de la rubrique érotique sinon... ), ou pas.
Je vous embrasse.
Psestos
sand 25-03-2009 10:53:51

Je sais que ce n'est pas qu'à cause de moi... mais bon. C'est un peu bizarre de voir qu'un jeu d'écriture peut provoquer une telle remise en question (et tu seras gentil de faire suivre le chèque merci )

Reviens pas trop bronzé, ça fera des jaloux...
Rolanda Bibine 25-03-2009 11:05:34

Encore des vacances ??? Mais tu en viens !!! pfffuuu trop d'chance
Psestos 25-03-2009 11:20:50

Je suis déjà bronzé, désolé... La montagne, ça vous gagne, surtout quand on y vit...

Tu fais bien de préciser que ce n'est pas à cause de ce texte précisément, mais il a contribué aussi à me faire réfléchir. En ce sens, il est remarquable, parce qu'il pose des vraies questions qui vont au delà de la superficialité supposée de la pratique du net comme lieu de communication entre les gens.
je suis...
sand 25-03-2009 11:27:43

une personne remaaaaaaaaarquable je sais

Communiquer... Superficiellement ou pas... Est ce que le net induit forcément de la superficialité, ou est ce que c'est un outil de strip tease qui va parfois bien plus au fond des choses et au coeur des individus justement en n'ayant pas l'air d'y toucher?

Parce que les défenses tombent, qu'on ne voit pas l'utilité de se protéger (de quoi, de qui?)

Enfin... (ptet y aurait matière à un autre texte, sous un autre angle )
je me permets
Belam 25-03-2009 10:54:44

de te donner ma reponse (à moi)
nous sommes tous des manipulateurs manipulés, le tout extremement facilité sur le net.

Désolée

On t'attend
je plussoie
sand 25-03-2009 10:58:09

Bellâm, tu es la voix de la sagesse
AHAHAHAHAHAH
Rolanda Bibine 25-03-2009 11:06:13

(désolée.....)
Psestos 25-03-2009 11:35:28

Les échanges humains sont faits de ça, c'est normal, pas la peine effectivement de pousser des cris d'orfraies, mais le vertige vient effectivement de la distorsion du net par rapport à la réalité, jusqu'à s'oublier un peu soi même au profit de son alter ego virtuel.

Et puis il y a vous, et ceux qui consentent à me lire : je suis forcément moi-même un peu de ce prestidigitateur que décrit Sand, laissant voir ce que je veux bien laisser voir, mais maladroit aussi, au point parfois de ne plus me reconnaître dans ce que je reçois en retour. Je suis dans la vraie vie un mec aussi sympa que ce que certains peuvent imaginer, attentionné, attentif aux autres, mais beaucoup plus simple que ne l'est Psestos. Je parlais de distorsion : le miroir que me renvoie le net m'interroge évidemment, parce que je ne suis pas cette image tordue que certains ont bien voulu voir et colporter, et m'incite à appuyer un peu sur pause, ou vitesse lente, pour éviter l'emballement.
Je m'accorde beaucoup d'importance en écrivant ces lignes, comme d'hab', mais après tout, je me dis que ça apporte à la réflexion suscitée par le billet de Sand.
sand 25-03-2009 11:39:16

merde, tu serais un gars sympaaaaaaaaa? nooooooooon ?

Sandrine n'est pas Sand non plus... ou pas tout à fait. Parfois si. Parfois c'est une version exagérée ou édulcorée. Certains ont une image de moi qui est loin d'être la vraie... et alors? Je le sais pertinnement. J'en joue. Et ceux qui veulent creuser un peu plus loin le découvriront bien.
Psestos 25-03-2009 11:47:14

(J'ai pas fait sauter un commentaire de grande maîtresse Bellâm moi, avec mes doublons ? Aie aie aie...)
prestidigitateur va!
sand 25-03-2009 11:49:50


sand 25-03-2009 09:02:33

@Strychnine: exactement. Ecrire c'est explorer des parts de soi, tout le temps. Même si le "moi" n'est pas toujours contenu dans le "je". IL peut se projeter dans "les autres" ou même être ce lecteur dérangé par la prose...
Mais je sais pas si j'arrive à me faire comprendre là?
Cafééééééééééééé
OUH! Rolanda Bibine...
Tom 25-03-2009 10:50:17

La grrrrrande manipulatrice, qui parvient à glisser son commentaire post-martial (en vulgarus: après la guerre), entre deux qui s'y trouvait déjà...Ouiche! tu as rejoint la cour des grands! (manip)
Moi rien comprendre!
Tom 25-03-2009 11:10:40

d'abord, pov kon que j'chui (Dora pour toujours ?), j'ai oublié de cliquer réponse (non, mais...) et ma requête vient de trouver réponse toute seule! Mon email est resté inscrit..! Magie, maraboutage ? j'avions peur? c'est qui, le fabuleux (la?) deus ex machina ???
Rolanda Bibine 25-03-2009 10:57:10

@Tom : mais toi aussi tu peux le faire, tu cliques avec ton mulot sur "Répondre"! tu vas me faire passer pour une pro en informatique !!chouette! (t'es pas un peu naïf ?)
Merci pour le tuyau, Rolanda...
Tom 25-03-2009 11:06:13

Bibine! OUI, moi grand naïf !
peux tu m'expliquer aussi comment on fait pour que "ça" garde en mémoire mon email, nom, et tout (je le retappe "naïvement" à chaque passage,)? car je crains qu'en cliquant sur: "notifier", mon email de personne pas trop fréquentable n'apparaisse en clair! (horrrrreur!)...Hum...Sand: Non, je n'exagère pas, en touchant à la sacrée Tête Blonde!..J'ai de la mémoire, et cette pratique m'a bien souvent gravement sauvée la mise (lamentable) de mon """Enfonceu""" !
Allez, je fais briller la touche: réponse"..
Rolanda Bibine 25-03-2009 11:12:09

@Tom : Il faut t'enregistrer, sous la Charte d'accueil. Ensuite, à chaque visite, il te suffira de t'identifier
Tom chéri
sand 25-03-2009 11:13:41

Inscris toi... ça t'evitera de retaper tes coordonnées chaque fois
Habile, l'illustration: "rideau rouge"
Tom 25-03-2009 11:43:54

de ce texte...C'est quasi une muleta!
efficace!
(euh, ça va, là ? pas trop pédant ? arrogant, peut-être ?, hum ? faut l'dire...)
Proverbe chinois ?
Tom 25-03-2009 11:49:04


la muleta
sand 25-03-2009 11:45:46

c'est moâaaaaaaaaaaa
"La muleta, c'est moä..."
Tom 25-03-2009 12:07:56

, la rota, c'est ça"...Proverbes chinois...
(euh, on connait son raymond Devos, j'espère ?) (euh, c'est assez clair, le clin d'oeil, ça cligne assez, faut un sous titre ?)
jota???
sand 25-03-2009 12:10:45

(sans vouloir être tatillonne)
Yessss; my dear...!
Tom 25-03-2009 12:15:19

...
Zan 26-03-2009 19:53:07

dire que j'ai failli passer à côté de ce texte...
Pomme 02-04-2009 22:43:34

Excellent et odieux ! j'adore !!
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