
Je suis assise à la terrasse d'un café, le soleil brille. J'ai un emploi stable qui me plait, un grand appart'. Je suis d'ailleurs en vacances. Je ne suis pas moche. Et il m'arrive même de me trouver pas trop mal. Que demander de plus ?
Une grenadine à l'eau à la main, mes yeux vagabondent sur la place derrière mes Gucci noires. Cette nouvelle petite robe me donne fière allure et l'air sûre de moi. Mon regard s'arrête sur une jolie fille de mon âge. Elle est seule à sa table, mais ne semble attendre personne. Elle croise et décroise ses longues jambes, avec aisance et naturel. Une jolie robe noire laisse découvrir de rondes épaules et un charmant décolleté. Son visage de poupée attire l'attention. De longs cils voilent ses yeux bleus lagon en amande. La joue rose, le bras hâlé, le cou gracile... A croquer ! Ses lèvres pulpeuses telles des cerises donnent envie de mordre dedans. De ses doigts délicats, elle replace une mèche blonde derrière l'oreille.
Un instant, j'imagine me lever et lui offrir un verre. J'imagine la séduire. J'imagine l'embrasser. J'imagine sa langue et la mienne s'emmêler en un ballet troublant séduisant. J'imagine son corps contre le mien. J'imagine ma main caressant la cambrure de son dos et mes doigts jouant sur ses cuisses fuselées... J'imagine le regard faussement indifférent de quelques hommes tentés... J'imagine sa main dans la mienne, ignorant les vieilles dames qui se retournent sur notre passage... J'imagine se délicatesse sensuelle se mêler à la mienne...
Elle m'a remarqué. Son sourire se fait plus intimidé que gêné à mon égard. Elle ne détourne pas les yeux. Je suis séduite. Elle le semble aussi. Je lui souris discrètement.
Tout ceci n'a duré que quelques secondes.
Mon regard retourne à ma mère et son tailleur bien comme il faut. Elle parle toujours, énumérant plus mes défauts que mes qualités au jeune homme à ses côtés. Le pauvre. Comment a-t-il pu se laisser entraîner là ? Ma mère s'inquiète qu'à 25 ans, je n'ai jamais ramené un homme à la maison. Elle me toise. Le jeune homme semble gêné et plonge son museau dans son Perrier. Ma mère reprend la parole de plus belle. Je le plains. Il est pourtant sympa. Quand je lui expliquerais que je ne pense pas à une vie en sa compagnie (ni même un instant, d'ailleurs), il sera certainement soulagé d'éviter ma mère comme belle-maman !
Je regarde de nouveau la jeune fille. Elle aussi, me regarde. Je reviens sur ma mère bien décidée à me marier.
Non, je suis lâche. Je serais incapable de lui avouer que le profil de son gendre serait plus proche de la demoiselle derrière elle (ou la serveuse...) que du jeune coincé et son verre vide. Tant pis. Je ne souhaite pas être inculpée pour homicide involontaire si elle fait une attaque ou si elle saute d'un pont sous le coup du désespoir.
Jolie fille, tout de même. Je repasserai ici demain.

By Zanflygal
Photo trouvée ici
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
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C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
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