Avec un A majuscule
Vendredi, 15 Octobre 2010 00:00
Gotemar

Des fois, je me demande si ça n'est pas une machination.
Tout le monde en parle, tout le monde le chante, tout le monde l'écrit, tout le monde le cherche, tout le monde le hait. L'amour.
Quand j'étais jeune et innocente, je savais parfaitement ce que c'était que l'amour. C'était ce que je vivais. Béatitude, joie, partage ; l'impression que l'on a trouvé ce qui "finit" son propre monde pour nous ouvrir vers LE monde. Tout d'un coup, tout est plus beau, plus coloré, plus vrai, plus fort. Le ciel est plus bleu, les fleurs sentent meilleur bon, les peines vous glissent dessus, vos pores suintent de bonheur.
ça, c'était avant.
Avant, je ne m'étais jamais posé LA question "mais, bordel de cul, c'est quoi l'amour ?" parce qu'avant je n'avais pas de problèmes et surtout je n'avais pas connaissance de l'émission de Carole Rousseau sur TF1. Mais bon, j'ai jamais beaucoup regardé la télé quand je cherchais des questions à mes réponses.
Avant qu'on me lance une grenade en pleine gueule, que je manque d'y rester, écroulée dans ma mare de sang, criblée des morceaux de mon propre cœur. Et là, à moitié KO au milieu du chaos, je me suis demandé "mais c'est quoi ce délire ? ça commence à plein tube et ça finit en galère ? Est-ce qu'on se ment pendant tout un temps qui dure 3 ans selon Fredo Begbeider ?"
C'est après ça que j'ai commencé à me demander ce que c'était que l'amour et à quoi ça servait réellement dans le fond.
J'ai lu des livres, écouté des chansons, regardé des films et des séries et plus je tentais de me documenter, moins je comprenais.
Entre les gens qui prônent l'attraction chimique via la production d'hormones, ceux qui décrivent un feeling proche du choc électrique, certains qui argumentent "C'était écrit" option destin, j'étais complètement paumée. Je cherchais avant tout à mettre des mots sur cet état un peu psychotique qu'est l'état amoureux (et non pas l'état proche de l'Ohio). Mais il semblerait qu'en étant hors de cet état, je ne pouvais pas le décrire. Je me retrouvais également à classer les types d'amour que je pouvais croiser au fil de mes recherches "amour filial", "amour d'amitié", "amour de midinette", "amour d'adulte", "amour manqué", "amour à sens unique". Je cochais sagement les cases en face des situations que j'avais déjà connues et que je retrouvais sur papier ou sur écran.
Me revenait inlassablement en tête la phrase qu'une personne très précieuse m'avait dite "C'est scientifiquement prouvé, quand tu es amoureux, tu es dans un état proche de la folie, c'est comme une sorte de maladie mentale, en fait". Puis celle de ma prof de philo "Être en couple, c'est avoir besoin de quelqu'un pour tenir droit, en somme, être un peu faible. Être célibataire, c'est être vraiment fort, tenir seul, être autonome, vivre avec soi seulement".
Je me ruinais la tête à tenter de définir le mot le plus polymorphe du monde.
Je me démontais la tête à essayer de comprendre pourquoi quand je tentais des relations avec des autres garçons, je n'avais pas cet effet de foliz qui rendait tout un peu plus brillant en un battement de cil et du cœur, conjoints. J'avais eu tellement mal lors de ma première expérience que je préférais me retrancher loin de tout contact amoureux et je m'y sentais bien. J'étais même du style à pogoter partout en braillant "j'aime pas l'amour" d'Olivia Ruiz.
Je tentais l'artillerie lourde (sous la forme de l'essai du philosophe américain Allan Bloom "L'Amour et l'Amitié", preuve que je déconnais pas dans mes recherches), je tentais la légèreté un peu acide de "Sex and The City".
Et j'ai gardé ces habitudes. Avant d'écrire ce billet totalement vide de sens et d'informations, j'avais envie de sonder (pas de manière urologique, je vous rassure) mon entourage pour leur demander leur définition de l'amour. La seule fois où on m'a posé cette question, j'ai mis à peu près trois jours à pondre une définition qui me satisfaisait et qui, aujourd'hui, ne me correspond plus du tout.
Bien plus tard, j'ai réalisé qu'en fait, tout le monde a sa propre désignation du mot "amour" et ce qu'il en recoupe. Que chaque amour est différent, car on l'est tous. Et que donc on ne peut dégager une définition claire et nette du mot "amoureux" car chacun a ses propres symptômes, ses propres envies et ses propres critères.
Aujourd'hui, je planche sur une nouvelle définition de l'amour : c'est rencontrer avant une enveloppe corporelle une âme, un écho à vous-même. (ça, c'est la version culcul)
En vrai, c'est surtout un truc détestable, qui vous fait flipper, qui vous fait perdre toute connexion neuronale, qui vous fait poser des milliards de questions au lieu de rester sagement à savourer.
Connerie, va.

Gotemar
Photo de Biscarotte trouvée ici.
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