La femme est un mutant comme les autres
Jeudi, 09 Avril 2009 06:00
sand
La femme est une créature bizarre. Et étrange. Enfin, différente de nous autres, hommes. On me souffle à l'oreillette qu'en fait je suis une femme. Bon, reprenons en précisant nos propos. La gonzesse est une créature bizarre. Elle n'y peut rien. C'est biologique. Elle possède une particularité qui la rend unique, une mutation génétique apparue probablement à la préhistoire quand, lassée de passer la balayette dans la grotte en attendant le retour du chasseur, elle se mit à exercer son imagination. I-ma-gi-na-tion. Cinq syllabes qui peuvent faire très mal. Le siège des complications.

Parce qu'il faut bien savoir que pour une gonzesse, tout ou presque se base sur la communication. Celle qui existe en réalité, et celle qu'elle entretient, comme le feu dans l'âtre jadis, au coeur de ses synapses. Après en avoir discuté longuement avec moi même ( moi et mon autre moi aimons à exercer nos capacités de réflexion pour livrer au monde des théories sensées et incroyables. Tellement d'ailleurs qu'on se demande comment on n'y a pas pensé avant) (oh mon dieu, je réfléchis et exerce mon imagination: je suis une gonzesse, enfin je crois) (j'aime en tous cas faire des parenthèses successives, ça ne vous donne pas l'illusion de pénétrer au coeur de mon cerveau ? Parce que moi si. Bref), j'en suis parvenue à la conclusion que si la gonzesse est une emmerdeuse c'est parce qu'elle possède un cerveau. Dont elle se sert en plus, cette dévergondée. Ses neurones : ses meilleurs ennemis.
Là où chez l'homme tout se centralise dans les couilles, la gonzesse réfléchit. Extrapole. Interprète. A contrario, un homme aura tendance à penser "droit au but, la balle au fond des filets " puisque c'est un peu le Graal, la justification suprême de son existence. Atteindre à la postérité en marquant son territoire, en laissant une trace. Le plus souvent sous forme de patrimoine génétique, d'ailleurs. Mais pas que. La gonzesse aime la sinuosité, les circonvolutions. C'est son super-pouvoir à elle, que rien ne peut contrer. D'une phrase simple, prononcée par un homme inconscient de la portée de ses mots, elle peut très bien arriver à échafauder les conversations les plus alambiquées, parfois à la limite de l'improbable, mais qui suivant sa logique, sont forcément irréfutables.
Puisque je vous sens dubitatifs, exemple pratique:
Le mec dit : " Je reviens dans cinq minutes"
Le mec pense : Je reviens dans cinq minutes.
La gonzesse pense : Hum. Cinq minutes. Qu'est ce qu'il va faire pendant cinq minutes ? Où il va ? C'est pas très long ça. Et pourquoi il me prévient, c'est bizarre. S'il en avait pour plus longtemps encore, mais là, c'est juste cinq minutes. Étrange. Il me dit rien d'habitude et là, paf. Qu'est ce qui lui prend ? -j'ai envie de manger un chocolat moi, pas bien !- Et si en fait, il avait pas l'intention de revenir ? Non mais c'est vrai -jolie, tiens cette petite robe- Peut être qu'il en a marre de moi, qu'il me trouve excessive, qu'il a besoin d'air. Il n'ose pas me demander de me taire, alors il prend le large pour éviter d'avoir à me subir. -mon masque à l'argile doit avoir posé assez là.- Moi et mes bavardages incessants -en plus sa cravate est moche- . Voilà, c'est ça. Il ne m'aime plus. Il ne me supporte plus. Il se sent obligé de s'éloigner de moi pour respirer un peu -penser à passer au pressing.- Peut être même qu'il en aime une autre. A t-il pris son portable ? Oh mon dieu si ça se trouve il va l'appeler pour lui dire qu'il me quitte. C'est fait. Comment on va partager les meubles ? -je ferai de la tartiflette ce soir- En tous cas, il est hors de question que je cède sur la télé. La télé je la garde. Non mais c'est vrai quoi, ce sale type me quitterait et en plus il aurait le plasma ? Faut pas déconner.
Ne les blâmons donc pas, elles n'y peuvent rien ces petites poules. C'est purement biologique. On me souffle à l'oreillette :
"Tant que ça reste dans leurs cerveaux, c'est encore gérable non ?"
Et là, je prends un air docte et intelligent pour répondre :
" Que nenni, mon brave, et courageux interlocuteur, qui n'a pas peur de te confronter à la pensée féminine voire à la contrarier. Intrépide. "
La gonzesse est un être grégaire. C'est plus fort qu'elle. Le troupeau est son cocon, son arme sa botte secrète. Imagine, déjà ce qu' UN cerveau de gonzesse peut faire. Alors si je te dis qu'elle ne se contente quasi JAMAIS de garder son avis pour elle, mais qu'elle partage avec ses copines, histoire d'avoir leur avis forcément éclairé et éclairant, tu es scié, hein ? D'où cette phrase sublime et récurrente de toute conversation typique de gonzesse: " Il m'a dit ça. Tu crois qu'il voulait dire quoi ? ". Et là, impitoyablement décortiqués, désossés, analysés, tous tes mots finiront par se retourner contre toi/ t'offrir un regain d'affection inattendus selon les dispositions bonnes ou mauvaises des copines.
Sans compter pour pousser le vice jusqu'au bout, que certaines gonzesses possédent dans leurs relations des "copines à bite", ainsi dénommées pour indiquer un mâle de leur connaissance avec qui toute ambiguïté sexuelle est passée à la trappe depuis longtemps, et qui tient un rôle peu ou prou équivalent à la copine plus ou moins bien intentionnée, à ceci près que lui a un cerveau indubitablement masculin, et offre donc des analyses le plus souvent pertinentes (du moins, s'il est clair dans sa tête qu'il n' y aucun espoir de crac crac, parce que là, ses explications pourraient en être largement biaisées).
Moralité : tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler. On sait jamais. Et ne te mets pas ses copines à dos. Et surtout, sache que la solution n'est pas de te taire, comme on pourrait croire. Je t'ai pas parlé de l'interprétation des silences ?
Voilà. C'est tout pour le moment.
Merci. Rideau.
(Ceci est un message à caractère fortement désinstructif, forcément délirant, et qui ne reflète en rien l'état mental habituel de son auteur. Toute ressemblance avec un personnage réel ou fictif ne serait pas tout à fait pure coïncidence. Les assertions développées ici le sont évidemment en toute mauvaise foi et au mépris des règles élémentaires du savoir vivre et de la bonne éducation).
By Sand, en total Craquage
Character problem. empty comment
Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
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