La vie rêvée de Marcel
Vendredi, 08 Mai 2009 00:00
sand
Bonjour, je m'appelle Sand, et je suis ordiholic.
Tout a commencé un beau jour de mars, quand il a débarqué dans ma vie. Réticente au départ devant son côté brut et sans âme, la curiosité qui me caractérise m'a poussée à le découvrir un peu plus. Histoire de vérifier certaines théories. "Ce n'est qu' une machine". Pas tout à fait faux, sauf que cette machine, finalement elle est drôlement utile. Et amusante. Et qu'une fois qu'on y a goûté un peu, il devient difficile de ne pas chercher à exploiter plus avant le potentiel de la bête. Écrire, c'était bien... Sauf que il n'y a que moi qui en profitait... Et puis, j'ai découvert l'univers fantasmagorique et chatoyant des blogs. J'en ai ouvert un certain nombre, tâtonnant du blog en solo aux communautaires, d'une expérience en duo... Je me suis mise à l'utiliser au travail.
Bref, l'ordi est devenu un compagnon, rassurant, présent. Je me suis même mise à aimer la petite musique de démarrage de windows, j'ai découvert les mails, les chats.
Et puis un jour, alors que je surfais, à la recherche non pas de la nouvelle star, mais d'une idée un peu inspirante pour écrire un texte censément dépressif, comme toujours, sans prévenir, sans crier gare (oui, je sais c'est une machine il ne crie pas mais bon... j'en suis au point de lui avoir donné un prénom, alors vous pensez bien que plus rien ne me semblerait incongru), il s'est éteint.
Et de battre mon coeur s'est arrêté.
Il avait bien tenté de me prévenir: batterie faible. Mais j'avais cru remédier au problème en introduisant doucement (on n'est pas des sauvages) le chargeur ad hoc, censé pallier aux défaillances énergétiques de l'animal. Seulement, rien n'y a fait. L'ordinateur gisait, cruellement muet, sans vie, et sans espoir de retour. Malgré mes tentatives de réanimation, (j'ai bien songé au bouche à bouche un instant, mais il faut raison garder.) il restait désespérément sans réaction, amorphe, comme un cachalot échoué.
C'est ainsi que j'ai senti l'angoisse monter: qu'est ce qui se passait? Qu'avais je donc bien pu faire, ou ne pas faire? Évidemment, j'ai inspecté chaque centimètre carré, l'interrogeant du regard: ça n'a rien donné. Entre colère et angoisse, parce que Monsieur Marcel ne peut pas tomber en panne un autre jour que dimanche? Non mais ho! Un jour où tous les magasins sont fermé? Un jour où les réparateurs boivent de la bière en regardant le foot et en se grattant des parties diverses et variées de leur anatomie?
D'où , une nuit d'angoisse, à se demander ce qu'il a, quand, comment, pourquoi... Dans quels délais il serait réparé? Si on pourrait le réparer même...
"Comment je vais faire? "
"Ah mon dieu, et s'il ne marchait plus jamais? "
"S'il fallait le remplacer?"
Le lundi matin, fébrile, chercher un revendeur de la même marque, le magasin qui m'avait fourni Marcel ayant fait faillite. Merci le net (et le PC du boulot, qui lui marche très bien, encore...) : en deux coups de clics, je trouve l'adresse d'un magasin près de chez moi, je téléphone, explique le cas.
"Il faut venir avec, madame, on va regarder ça".
Je note l'adresse, et zou, GPS est mon ami. Voguons ensemble à travers les méandres routiers. A destination. Porte close. Volets fermés. Alors que le type au téléphone m'avait assuré de l'ouverture. Argh.
Réflexe presque primal: téléphoner. Oui, mais quand votre portable est resté sur la table du salon... Re-argh. Faire demi-tour, rentrer chez soi, retéléphoner. "Nous avons changé d'adresse, ce n'est pas mis à jour sur le site? "
Ben non. Re-Gps, re-méandres routiers, et autoroutiers, soyons funs, auxquels nous ajouterons pour la "cherry on the cake" des travaux. Et donc des routes que madame GPS ne reconnaît pas. Et donc un détour d'une bonne heure, avec état de tension maximale dans l'habitacle.
"Touuuuuuuurne, je te dis. C'est par là. Rha, t'as raté la sortie, c'est pas vrai!". Tout vient à point à qui sait attendre (et qui surtout cesse d'écouter son GPS), le magasin est là, devant nous.
Et dedans, un réparateur. Dont je serais, à l'état actuel des choses, quasi prête à baiser les mains s'il arrive à faire fonctionner Marcel. Il prend un air concentré, écoute mes explications. J'hésite un peu à lui confier Marcel, on a partagé tant de choses lui et moi, mais... Et là, les cinq minutes les plus longues de ma vie commencent. Je fixe l'horloge, les aiguilles n'avancent pas, c'est pas possible, qui est le crétin qui a ralenti le temps? Tactique éprouvée pour faire baisser mon stress, je me mets à raconter n'importe quoi, au type médusé. Qui rit de bon coeur finalement quand je lui explique que quiche comme je suis, quand on me guide à distance pour règler un probleme informatique et qu'on me dit "cherche sur le bureau", je cherche VRAIMENT sur le bureau.
Enfin, le suspense insoutenable prend fin: ce n'est que ce foutu cable d'alimentation qui est fichu. Rien de grave. Marcel a conservé son intégrité physique, sa carte mère et tout bien à sa place. Et j'étais tellement contente que j'ai fait peter deux gigas de mémoire en rab (heu, je crois...) pour fêter ça...
Mais rétrospectivement, quand je pense à mon état de nerfs à l'annonce de la possibilité d'une indisponibilité temporaire de mon Marcel, je me dis que je suis quand même un peu addict. Que trembler, faire des cauchemars, et avoir des sueurs froides, c'est peut être un tout petit peu exagéré.
Alors:
Bonjour, je m'appelle Sand, et je suis ordiholic.
By Sand
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
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