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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Bronchite des ovaires

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Cinquième épisode des marre-dis de Sophie. A deux poils Silkepil de la trentaine. A trois aspirines du grand amour. Voudrait vivre de macaron pistache-citron vert et de jolies choses. Un peu gaffeuse, un chouïa rêveuse. Relations humaines compliquées-rapport aux choses problématique. Attachiante. Mais pas que.

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J'ai dit oui. Pourquoi j'ai encore dit oui moi? Je voudrais quelquefois être la femme qui dit NON. D'un air implacable. Qu'on m'apporte une jupe en laine moche et un airacariâtre. En lieu et place de quoi, je suis au milieu de Beyrouth. A deux doigts de pleurer. Ou d'exterminer des lapins nains (c'est vrai que descendre Chocolat et Caramel, les deux chéris, c'est moins risqué de d'écarteler les monstres horribles qu'on appelle enfants).

"Sof, ma belle, tu me garderais bien les chouchéris ce soir? T'as rien de prévu, non?"


Ben tiens, et si j'avais justement une soirée de débauche romanticosexuelle en vue, hein ! (en fait, non, c'est plutôt le désert de Gobi de ce côté là, vieille peau). Je suis célibataire. Sans enfants. Je suis donc d'office labellisée baby sitter pour l'entourage. Merde. Si j'avais pu, j'en aurai bien pondu un ou deux, que j'aurai ensuite refilé à des copines célibataires. J'ai jamais de chance moi. J'ai un peu failli, une fois.Ça m'a fait tout bizarre, de m'imaginer maman. De porter un truc plus lourd qu'un sac à main, et d'y tenir autant. Sinon plus.

J'ai pas vraiment eu le temps d'y réfléchir. Un jour, j'ai eu une drôle de sensation. Et puis, c'est fini. Le docteur a expliqué. Que c'était triste, mais que voilà. Que mes ovaires, ils auraient perpétuellement la bronchite. Ils sont bien là, mais enrhumés. Pas en état de vaquer à leurs occupations traditionnelles d'ovaires. J'ai perdu un enfant, des dizaines, des centaines à cause de cette foutue bronchite.


C'est pas grave. Au fond, tout au fond, ça me remue peut être un peu, les soirs d'orage (avoue que tu chiales grave des fois, de pas pouvoir connaître leurs visages, de ne pas savoir). Mais ça passe. Et quand comme aujourd'hui, je me retrouve confrontée à la réalité matérielle de deux monstres de 4 et 5 ans en pleine mutation horrifiante, j'ai plus trop envie.

Mystère mystérieux, les gosses m'aiment bien. Allez savoir pourquoi. Ils me touchent. Ils veulent tout le temps me toucher. Les cheveux particulièrement. Avec les doigts collés de miel et de crasse indéterminée-et-il-vaut-mieux-pas-savoir. Déjà, en temps normal, un mec devrait me montrer un CV impeccable, avec casier judiciaire vierge de tout délit, et mains propres, pour que je consente. Mais ces petits machins, c'est des dangereux psychopathes transgressistes. Ils osent tout.


Le seul moyen d'avoir la paix, c'est de trouver LE truc. Faut les occuper.
J'ai tout essayé. Les puzzles. Ils comprennent rien ces petits nullards. Leur lire du Brett Easton Ellis (et oui, tu te balades pas avec les contes de perrault dans ton sac, tu devrais peut être). Les promener sur mon dos (et oublier ta dignité, en même temps que te niquer les genoux), faire de la plasticine. Résultat: j'ai mal partout,de la plasticine sous ma french(et tu peux être assurée que l'esthéticienne va encore te lancer son fameux regard "elle est désespérante celle là, comment elle fait pour ruiner ses ongles aussi vite"), une grosse envie de relire Lunar Parkdans un bain avec plein de bougies, et les neurones qui font les spaghetti (sans S, un spaghetto, des spaghetti, comme un balisto, des balisti) trop cuits.


Je n'ai même plus la force de protester alors que monstre numéro un est en train d'opérer une vivisection poupéesque, laquelle appartient visiblement à monstre numéro deux, qui pleure à chaudes larmes.
Puisque c'est comme ça, je vais user d'un moyen retors, mais éprouvé.


Je vais te les coller vite fait bien fait devant un dessin animé. J'attrape monstre numéro deux sous le bras, et monstre numéro un par la main. Faut pas déconner, je suis pas wonderwoman, je suis sûr qu'il pèse un âne mort, ce petit salopiaud. Installation devant la télé: in progress.


Vite, un truc. Je pioche dans la pile de DVD. Ce qu'il y a de bien quand tu vas chez des parents, c'est que tu te rends compte à quel point à côté d'eux tes centres d'intérêts peuvent passer pour vachement underground et pointus. Toi au moins, tu n'as pas de Disneyite aigue, tout juste quelques comédies romantiques mièvres dont tu pourrais rougir, mais c'est tout (et le DVD live de Patrick Bruel, avoue Sof'). Tu possèdes des films. Des vrais. Sans grenouilles qui chantent ou âne qui parle.


Hum. C'est que j'y connais rien à ces machins moi. Par instinct, j'irai bien vers ce truc là. Ca doit être décalé à souhait, vu la tête affreuse de la protagoniste. Y a que des gens sous acide qui ont pu pondre un truc pareil. Des yeux exorbités, et aucun sens des proportions. C'est très très laid. Allez, soyons folle, je leur colle ça.
Bon. Rectification. C'était pire que de l'acide. C'est pas possible autrement. Mais d'où un sac qui parle? Et un singe qui porte un gilet, mais absolument pas de pantalon? Où est la foutue logique?


Je crois que je vais décéder de perplexité, là tout de suite. Les monstres, ça les fait beaucoup rire. Normal. C'est bien pour ça que je ne comprends rien aux gosses. Ils vivent dans une dimensionparallèle. Ou bien ils sont drogués naturellement. Quoi? Mais non je ne chanterai pas avec vous, non mais ça va pas bien?


Avec tout ça, au moins ils sont calmes. Je vais pouvoir m'installer, tranquille dans le canapé. Eux de toutes façons sont absorbés.


Je fermerai bien les yeux, juste cinq minutes. Ça doit être le jet de jus d'orange que monstre numéro un m'a balancé tout à l'heure dans l'œil droit qui continue de m'irriter. Cinq minutes pas plus. Je pourrai penser à autre chose, juste pour me détendre un peu. J'ai justement l'image parfaite pour ça. Brun,mâchoire carrée, fossettes quand il rit, yeux pétillants. Je dois bien avouer qu'il me fait un tout petit peu craquer le nouveau de la compta. Puisqu'après tout je n'ai pas rappelé le mec gentil... Faut voir si jel'intéresserai , il est presque trop mignon pour ne pas avoir une tare horrible, un vice caché. C'est peut être un psychopathe qui découpe des femmes les soirs de pleine lune dans sa cave. Son sourire...

..................

"Sof', ma sof'... Ho! SOPHIE!"
Quoi? Ah merde. Vite me redresser, impossible, j'ai un poids mort sur l'épaule. Essuyer le léger filet de bave au moins...

"Ben alors, c'est si fatigant de garder les chouchéris? Vous êtes trop mignons tous les trois endormis comme ça".

La honte.

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By Sand

 

Pour retrouver les épisodes précédents, c'est là

Entre les jambes

Sexe à pile (1)

Sexe à pile (2)

Mes hormones sont des P...

 

Commentaires
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Très bon
aragorrn 11-05-2010 10:50:35

Dediou, j'aime beaucoup. A tel point que je me jette dessus dès qu'un nouvel épisode apparait.
C'est grâve docteur ?
sand 11-05-2010 11:51:00

Non... Puisque c'est ça, on va continuer hein MAIS C'EST BIEN PARCE QUE C'EST TOI
Rolanda Bibine 11-05-2010 13:16:53

Tu me files l'adresse de Sof, nous avons un truc ce week end ! Le plus petit adore Brett Easton Ellis, il a littéralement dévoré Luna Park (au sens propre)

Par contre, elle écoute rien la Sophie : ON T'AVAIT DIT DE RAPPELER LE MEC GENTIL !!
sand 11-05-2010 13:53:00

Oui mais le gars de la compta ...

Enfin oila quoi. (teasing pour la semaine prochaine)

C'est bien t'élève bien tes gamins toi au moins ma roro brett ça Pete plus que les frères Grimm
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sand est membre de Voldemag depuis le Mercredi, 25 Février 2009.

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