S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Non, mais bon, en vrai j'ai un peu peur quand même. Je n'en mène pas large (ah ah). Je vais faire comme si de rien, j'imagine qu'il a déjà dû rencontrer ce type de... Enfin, bon, quand je lui ai dit de n'apporter que lui, je n'imaginais pas que le lui était aussi... Emphatique?
Il m'embrasse, le cou, le lobe de l'oreille, ma culotte gît déjà sur un coin de la table basse, j'imagine que c'est trop tard pour reculer. Après tout, je suis une grande fille, j'ai déjà débouché un évier à mains nues (il est un peu vrai aussi que t'as dû appeler le plombier après, hein, précise). Oh mon dieu. Et si on restait coincés, comme un effet ventouse ? Avec le vide d'air tout ça... Bonjour, les pompiers ? J'ai un petit problème... J'ai un monsieur coincé chez moi, enfin dans mon intimité, non pas dans ma chambre... Comment dire ? Comment trouver les mots justes ?
Je savais qu'il y avait forcément un truc qui allait pas aller. Il était bien trop parfait. Mais là, c'était insoupçonnable. Pas que j'aie les yeux rivés sur la braguette des hommes, mais bon, de temps en temps, en détaillant quelqu'un y a des trucs qui vous sautent aux yeux. Et là, c'était RAS. C'était avant que je ne fasse connaissance avec la Bête.
Je vais devoir lui trouver un surnom, à cette taille là, j'imagine qu'on déclare l'indépendance, et qu'on se proclame répubite libre. Faut que je lui trouve un prénom viril, ça va m'occuper et m'aider à me concentrer, parce que là à tout moment je hurle de rire, ou je pars en courant. Bref une de ces réactions extrêmes dont j'ai le secret.
Il s'approche dangereusement, instinctivement je serre les cuisses. C'est pas de ma faute, c'est à cause de Johnny ? Hum non... Kevin ? ... Non... Jean Cristobald. Voilà.
Tout est de la faute de Jean Cristobald, la surdimension faite homme, enfin bite.
Si je me lève du canapé pour aller voir le rôti, ça le fait pas hein ? D'autant plus que j'ai préparé un tagine (note pour plus tard : toujours préparer un rôti, histoire d'avoir un prétexte de fuite). Sinon je peux toujours me concentrer pour faire sonner le téléphone par télépathie. Gniiiiiii. Sonne, téléphone, libère Perséphone de l'enfer des moissons.
C'est exactement ça. Je me sens comme la souris dans le champ qui voit arriver une moissonneuse batteuse. En instance de destruction. C'est la guerre, je peux pas me laisser envahir comme ça, ses mains sont déjà plus qu'actives, il ne va plus tarder à joindre la bite à la parole.
"J'ai soif".
(c'est minable Sof', t'as rien trouvé de mieux ?).
Essayer de se lever avec dignité sans culotte, et avec la jupe troussée jusqu'aux hanches, c'est pas simple. Mantra : je suis une déesse, rien ne peut m'arriver. Je vais rester digne, et m'échapper comme un rêve vers la cuisine.
"Oui je sais il y a boire sur la table, mais j'ai envie d'un jus d'orange, je reviens de suite".
En fait, j'ai oublié que j'avais toujours ces satanées chaussures (se rappeler de ne plus mettre de chaussures à brides en cas de possibles envolées horizontales), et mon centre de gravité a dû être perturbé par ma réflexion, parce que je me trébuche, et paf. Ma dignité et moi même, on a des différents irréconciliables je crois. On va divorcer. Il se précipite.
"Ca va t'as rien?".
"Non non, c'est rien je t'assure"
(tu t'es juste foiré le genou, grosse entorse, rien de grave non plus hein).
"Je reviens".
Cuisine. Enfin seule. Parce que Charmant et Jean Cristobald là, c'était un peu envahissant. Va pourtant falloir y aller. Doit me rester du rhum quelque part. Allez hop, une gorgée, et on y croit. Je suis une déesse, je suis une diva, je maîtrise. A mort.
J'y retourne. Il est debout, près de la chaine hifi. Pourvu qu'il ne tombe pas sur mes cds de George Michael, j'ai fait bien attention, en rangeant, parant à toute éventualité, j'ai planqué toutes les guimauves, et j'ai collé tout ce que j'avais en trip hop au dessus. Musique de mecs. En tous cas, qui paraît plus crédible que mes cinq (oui CINQ, parfaitement) cds d'Eros Ramazzotti. Ah merde. Il l'a trouvé. Les premières notes de Careless Whisper, et il se retourne vers moi. On se croirait dans un soap américain. A tout moment Ridge débarque avec Brooke pour proposer une partie de croquet. Ou un autre sport obscur. En polos pastels.
Se retenir de rire. Penser à autre chose. Décalcariser la machine à café, c'est encore sur quels boutons qu'on pousse? En parlant de bouton, le voilà revenu à l'attaque.
" Si on allait dans ta chambre, ce serait plus confortable, non ? "
"D'accord, heu oui".
Couloir, porte, il me suit en me serrant de près, et dépose un baiser sur mes cheveux, mon cou, dès qu'il peut.
Il me pousse doucement, m'allonge. Il est très doux en fait. Rapide, mais doux. Ça va aller. Ça va bien se passer (mon dieu Sof', arrête on dirait que c'est ta première fois).
Caresses, je me laisse aller doucement. Glisser. Il...
Oh.
Ah.
Hem.
Mais qu'est ce qu'il se passe ? Y a plus personne ? Ou est Jean Cristobald ? Charmant est toujours là, lui. Mais beaucoup moins fier et beaucoup plus déconfit. J'ai fait un truc ? Dit quelque chose ? Non, j'ai rien dit. Ça doit être moi... Je suis moche en fait, il a pas pu se résoudre à... Ça doit pas être ça, puisque avant ça marchait très bien. Trop bien même.
Bordel. C'est frustrant. C'est comme se convaincre enfin qu'il faut faire du saut à l'élastique et puis que le moniteur vous dise : en fait, on va pas le faire aujourd'hui. Faut que je dise un truc ? Que je prenne les choses en mains ? Que je me taise ?
Et merde.
Dans quoi je me suis encore fourrée moi ?
Quelle débandade (oups !)...

By Sand
Valse des doigts c'est la cata
F... me j'ai fait de la mousse
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Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
j'avais pas de thème quand j'ai comm...
c'est bizarre parce que moi, le stage...
Mais ce n'est pas grave de partir plu...