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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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F...Me j'ai fait de la mousse

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Huitième épisode des marre-dis de Sophie. A deux poils Silkepil de la trentaine. A trois aspirines du grand amour. Voudrait vivre de macaron pistache-citron vert et de jolies choses. Un peu gaffeuse, un chouïa rêveuse. Relations humaines compliquées-rapport aux choses problématique. Attachiante. Mais pas que.

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Pourquoi mon oeil droit est il plus foncé? C'est pas vrai ça? C'est quoi ce truc? Je vais pas recommencer, ça fait juste trois heures que je suis dans la salle de bains. Merde. Note à moi même: penser à racheter de la poudre libre. Le boîtier vient de tomber en s'ouvrant dans le lavabo, la porcelaine a une délicieuse couleur dragée "avec ça vous allez être à croquer dixit la pouffesthéticienne".

Problème: j'ai pas super envie de faire des choses à mon lavabo. Ou alors dessus, mais ceci est une autre histoire (et on prend un nouveauuuuuuuuuu dééééééééépart.... Oui, Sof', tu as failli la chanter tout haut, honte !).

Problème découlant du premier: je n'ai plus de poudre libre. En même temps, si ça s'appelle libre, normal que ça prenne la poudre d'escampette (mon dieu, mon dieu). On va se la jouer nude. Au vrai sens du terme. Le presque no makeup bon tant pis. Il pensera que je suis hyper naturelle comme fille. Ou alors, peut être que c'est pas un cochon, mais un obsédé des pores. Peut être qu'il va me zieuter la zone T en quête de zone sur-brillante. Sébum Sébum, que n'ai je donc fait pour subir ton permanent pensum.

Reprenons. Il m'a vue déjà. Il est pas parti en courant les bras en l'air (peut être qu'il avait une entorse mal guérie l'empêchant de courir sait on jamais). Il m'a vue, bien vue. Mais ce soir, c'est particulier. On passe une étape. Il vient chez moi. Et en ce qui me concerne je n'ai pas l'intention de sortir le monopoly (tiens, t'as un monop, toi? ).

L'autre soir au resto, il était super charmant. Sans trop en faire. Depuis qu'il a commandé du tiramisu, au moment précis où il l'a commandé, j'ai décidé: je l'invite, et puis... Parce que. Physiquement il me plaît, et il est aussi drôle que je l'avais supposé. Je ne pouvais décemment pas coucher avec ce soir là (qu'est ce qui t'en aurai empêché hein? T'en avais pas envie peut être? Si. Juste ton sens un peu absurde et aléatoire des conventions, le même qui t'a gardé à côté du téléphone une après midi entière, parce que c'était à lui de rappeler, et pas à toi).

Oh, et puis ça ira bien comme ça. De toutes façons, même si mon œil droit est un peu plus foncé, je vais baisser les lumières, foutre un maximum de bougies, et on n'y verra que du feu. Ou de la fumée, si j'arrive encore à enflammer la nappe. Pas cette fois. Sortons les photophores. J'ai bien fait de les acheter, c'est plus safe. C'est comme des préservatifs à bonne soirée. Parce que le débarquement de pompiers à grosses bottes grasses dans le salon la dernière fois c'était fun, mais c'est pas spécialement romantique...

La table est jolie. Le carpaccio déjà sur les assiettes, et le tagine embaume. Mais qu'est ce qu'elles ont ces chaussures? Elles me font de grosses chevilles. J'aurai du mettre les autres. Je vais mettre les autres.
Vite. Emprunter le couloir, miraculeusement dégagé, sauf... Ah non, pas complètement. Je glisse, me rattrape de justesse. Moins une. Ruée vers ma chambre, une chaussure vole, l'autre... Bim... la lampe de chevet est officiellement décédée. Paix à son ampoule. On sonne !

Mes chaussures. Je les enfile, évidemment les brides résistent, " rentre dans le trou bordel "(jure pas il est derrière la porte). Sourire. Porte. Waw, il est super beau. Je bafouille un peu.

"Entre... je suis contente de te voir".

Il m'embrasse juste au coin des lèvres, un peu comme s'il hésitait, ou s'il avait pas envie (ou il est juste pudique, tu crois qu'il serait venu s'il avait pas un MINIMUM envie? Ou alors c'est un fondu de carpaccio. C'est possible aussi. Arrête de délirer, Sof', souris, prends lui sa veste et les fleurs... ooooh des fleurs).

Il s'installe dans le canapé, visiblement il est moins nerveux que moi. Je devais faire un truc, mais quoi? C'est pas de ma faute, quand je le vois, je perds un peu les pédales, le guidon, etc. Chercher à boire. J'installe sur un joli plateau (rose, warning! Le truc qui sent à mort la célibataire qui s'occupe en achetant que des trucs girly futiles) les verres, des gressins, et hop, je reviendrai après avec la bouteille. Champagne, fallait bien ça. Il sourit, et attrape mon poignet quand je pose son verre, sur un dessous de verre sur la table.

"Tu m'as manqué tu sais?"

"Ah... Mais on s'est parlé au téléphone hier"

"Non, toi. Te voir, bouger, sourire, sentir ton parfum".

Oulah. Merde. Qu'est ce que je fais? Cuisine, vite, je dois réfléchir à une réplique intelligemment brillante. Ou l'inverse.

"Je reviens".

Je bat en retraite précipitamment. Je ne suis pas préparée psychologiquement là. Bon d'accord, je suis épilée, mais quand même (souffle Sof', souffle, ça va aller, il veut juste être gentil, mignon, tout ça... Tu vas pas le retrouver en string en cuir dés que tu vas te pointer dans le salon non plus, hein...).
Allez, j'y retourne. J'ai la bouteille, je l'ai ouverte en cuisine, histoire de limiter les risques. Le monde sourit aux audacieux, mais quand ils deviennent borgnes, ils ont tendance à faire la gueule.

"ah te revoilà, tu m'as manqué... tu viens t'asseoir?"

Hum. J'étais pas partie nourrir des alpagas au Pérou non plus, hein. C'est moi ou il est un peu... Non, il est très. Je crois que sa main sur ma cuisse est un signal clair. Non, mais j'avais fait à dîner, moi. Enfin, notons, quand c'est bien fait ça donne faim (Sof dresse un tableau mental des pour et des contre, alors que t'en as envie, et que c'est bien tout ce qui compte non? T'es une adulte merde!).

Sa main sur mon genou, frôle l'ourlet de ma jupe, et ses lèvres se rapprochent de mon cou. Flûte. Je glisse une main sur sa chemise, et sens son torse. Plutôt pas mal, ferme sans être agressif. Ses lèvres glissent à peine, comme on effleurerait de la soie, pour ne pas la froisser, et le voilà sur les miennes. Des caresses inaudibles, voici des baisers sensuels, lents, tendres. J'avais déjà eu un aperçu de la pratique, mais c'était la version autoroute. Arrivée à destination maximisée par un trajet court et efficace. Là, on emprunte les routes de campagnes, avec des arrêts bucoliques. Arrêts qui doivent l'inspirer, presque autant que mes seins, si j'en crois ses mains enthousiastes et curieuses.

On va faire ça sur le canapé? Dieu merci j'ai changé de housse. Ah, mais il ôte ma blouse, mais ça va pas, il fait pas assez noir, qu'est ce qu'il fait?

"T'es belle".

Il susurre, et je fonds... Nous glissons tous les deux, baisers, caresses, fringues qui prennent une indépendance subite et peut être méritée... Il est doué le bougre, pour manier la langue, et pas qu'avec ses doigts (pianotant sur un clavier, perverse)... Waw. Je wawise à l'infini. Sauf que...
Ho.

Ha.

Hem.


(suite la semaine prochaine)

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By Sand

Pour retrouver les épisodes précédents, c'est là

Entre les jambes

Sexe à pile (1)

Sexe à pile (2)

Mes hormones sont des P...

Bronchite des ovaires

Entre les mails du filet

Valse des doigts c'est la cata

 

Commentaires
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Rolanda Bibine 01-06-2010 11:58:25

Nan ! moi je dis trop impatient le gars ! Le gentil aurait pris le temps de savourer ta cuisine, de remarquer que l'une de tes paupières était plus foncée et il aurait trouvé cela touchant avant de te sauter dessus. Mais bon, comme on peut compter sur Sophie pour que ça tourne au grand n'importe quoi...
Zan 01-06-2010 15:50:32

"Ho Ha Hem" ? mais qu'est-ce que t'as encore foutu, Sophie ??!
baci 01-06-2010 22:41:09

est-ce que tu as pensé à careless whispers en fond sonore au moins

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sand est membre de Voldemag depuis le Mercredi, 25 Février 2009.

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