En mai, fais ce qu'il te plait !
Lundi, 17 Mai 2010 00:00
Rolanda Bibine
(Ce billet n'étant pas des plus folichons, j'en profite pour y coller la photo mensuelle de la « fille presque à poil », tant attendue et réclamée par (certains) de nos lecteurs masculins !).
Enfin on y est. Mon mois préféré de l'année. Mai. Le plus prometteur, le plus tranquille, le moins stressant pour moi. Tout est bouclé, les examens se déroulent dans quelques jours. J'ai fait ma part de boulot, c'est à eux maintenant.
Il y a quelques années, à l'approche des épreuves, je me serais demandée, angoissée, si je les avais suffisamment préparés, si je leur avais tout dit, si j'avais su leur transmettre tout ce qui était nécessaire. Il n'y a pas si longtemps, je me serais mise dans des colères terribles si l'un de mes élèves ne m'avait pas rendu les deux dossiers qu'il allait devoir présenter à l'oral. Eux, ne comprenaient pas du tout pourquoi je me mettais dans des états pareils ! Tranquilles ! Ils pensaient que je pétais les plombs. Je mettais un point d'honneur à ce chacun de mes élèves se présente devant l'examinateur avec ses deux dossiers, comme l'exige l'épreuve de CAP, allant parfois jusqu'à leur en fournir clé en mains. Je passais des heures innombrables à corriger, à modifier leur travail, allant jusqu'à trouver moi-même le texte, l'image qui collait parfaitement avec la problématique historique ou géographique qu'ils avaient choisie. Parce que s'ils échouaient, qu'allait-on penser de moi ? Que j'étais une mauvaise prof forcément.
Aujourd'hui, j'ai beaucoup moins de temps à consacrer à mon métier et j'ai beaucoup plus confiance en moi. Je leur donne toutes les clés pour réussir mais je ne peux pas les forcer à travailler s'ils ne le désirent pas, s'ils ont la flemme. La note qu'ils obtiendront sera le résultat de leur travail et non du mien car pendant ces deux ans de préparation, j'aurai été là pour les aider, les conseiller, les corriger, les encourager, pour imprimer à leur place. Mais si mes élèves ne me rendent pas leurs dossiers à la date dite, c'est zéro. Je ne m'énerve plus. Je leur dis juste que c'est de leur responsabilité.
Et puis franchement, si je compare les fins d'année où j'étais hystérique à ces dernières années, beaucoup plus calmes, je m'aperçois que leurs notes ne sont pas pour autant devenues catastrophiques, loin de là.
Alors du coup, mai est devenu un mois très agréable. Il commence à faire beau (normalement) et nous pouvons nous entraîner encore un peu à l'oral sur le balcon de ma salle de cours. Ce sont eux qui me courent après désormais pour que je leur corrige, vite, vite, leur travail hors délais (je ne suis pas si peau de vache). Nos cours sont annulés en raison des examens ou parce qu'une sortie avec les premières années est organisée. A partir de mai, nous prenons le temps. Le temps de déjeuner, le temps de discuter, le temps de préparer, de peaufiner. Le temps d'être prof.
Encore faut-il en prendre conscience. Le rôle d'un prof n'est pas de faire le travail à la place de ses élèves mais de les aider à le réaliser eux même. Et tant pis s'il reste quelques fautes, tant pis s'il y a des imperfections. Il aura réussi grâce à son travail personnel, à sa volonté. Cessons de nous regarder le nombril, autrement ça vous bouffe totalement.
Oh !!! Il ne faudrait pas arriver totalement épuisés en vacances tout de même !!

By Rolanda Bibine
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