S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

C'est l'un de ses jours où je me dis que je ne sers à rien. Que finalement, ma présence est inutile. Dans ces moments là, ce sont tous des cons, aucun (où si peu) ne trouve grâce à mes yeux. C'est un jour de correction d'examen blanc.
Deux ans après le CAP, mes élèves passent leur Brevet professionnel. Je leur enseigne une très belle matière qui s'intitule « Expression et Ouverture sur le Monde » dans laquelle nous travaillons sur des thèmes d'actualité. L'exercice vise à leur faire prendre conscience qu'il existe différents avis sur un sujet. Ils doivent être capables de faire ressortir ces différents points de vue, de façon raisonnée en analysant un corpus de documents, dans une dissertation, un dialogue, une lettre ou un article de presse.
Et ce n'est pas simple pour eux, j'en ai bien conscience car à leur âge tout est blanc ou noir, il n'y a pas de demi mesure. Il leur est difficile de faire ressortir une position différente de la leur.
A la vue de la dernière évaluation pourtant, je pensais qu'ils avaient compris ce que l'on attendait d'eux. Leurs dialogues à propos des droits de l'homme dans les prisons m'auraient presque tirés des larmes tant leurs arguments étaient justes, mesurés, je dirais même presque humains !
C'est pourquoi je suis si déçue à la lecture de leurs copies d'examen blanc. C'est tout simplement nul ! C'est comme s'ils n'avaient rien retenu de tout ce que nous avions étudié. Comme s'ils avaient voulu se débarrasser de cette épreuve de 3 heures en 10 minutes. Aucune analyse, aucune réflexion mais des propos incohérents, souvent bêtes écrits de façon illisible et blindés de fautes d'orthographe de surcroît. Une moyenne générale de 6,25.
J'ai beau cherché des raisons logiques, je reste atterrée. Pourquoi n'appliquent-ils pas ce qu'ils semblaient avoir compris ? Pourquoi partent-ils avant la fin de l'épreuve sans prendre le temps de se relire et de se corriger ? Pourquoi baissent-ils les bras si facilement devant une question qui demande juste un peu de réflexion ? Pourquoi ne se servent-ils pas des documents qu'ils ont sous les yeux ? Oui oui, je sais bien : ils sont jeunes, ce n'est pas le véritable examen, ils sont pressés d'en finir... mais alors à quoi sert tout ce que l'on a fait ensemble jusqu'à présent ?
Il nous reste deux mois avant l'examen. Qu'est ce que je peux faire de plus ? Je ne vois pas. J'ai juste envie de baisser les bras et de les laisser à leurs petites préoccupations. Leur passer Moundir roi de l'amour ou des épisodes de Dérick en boucle puisque de toute façon le résultat sera le même.
J'ai le droit d'être en colère, déçue car j'y mets toutes mes tripes. Leur échec est aussi le mien.
Quoi comment j'étais quand j'étais jeune ???

By Rolanda Bibine
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Ah mon grand A. - Merci pour tout ce ...
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
Vivre plus longtemps ?!? C'est pas s...
Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
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