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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Ich bin ein berliner

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Dans un voyage scolaire, ce que l'on répète le plus c'est : tout le monde est là ? Et ce que l'on fait le plus c'est de se compter.

Onze. Il en manque une. Où est Jennifer ? « Aux toilettes ! ». Elles ne s'égarent pas mes filles dans ce voyage à Berlin. Chacune a sa copine pour veiller sur l'autre, pour lui servir aussi de béquille en cas de glissade. C'est qu'il caille à Berlin. Tout est gelé, enneigé, même la Spree, le fleuve qui traverse la ville est immobile sous une épaisse couche de glace.

Et pourtant nous déambulons à pieds du matin au soir pour arpenter cette ville improbable, serrées les unes contre les autres afin de faire face au vent glacial et à la neige qui tombe régulièrement. Pas une ne se plaint, tellement heureuses d'être là, à découvrir une ville différente, une ville qui transpire son histoire.


Berlin n'est pas une belle ville, c'est une ville en chantier et grise (l'hiver!). Des quartiers modernes voient le jour à Berlin Est, côtoyant les immeubles gris de la période socialiste que l'on a tenté parfois de rendre plus gais en les peignant de couleurs vives. Le côté ouest n'est pas plus joli et ressemblent souvent à nos banlieues construites après guerre pour loger rapidement la population. Les murs sont tagués, les panneaux d'affichage sont immenses mais au pays de H&M et du Starbuck coffee, ici et là, de somptueux bâtiments surgissent et abritent divers musées et expositions. C'est surprenant. Mais il est inimaginable de raconter Berlin en quelques lignes, tout comme il est impossible de la connaître en quelques jours.

Nous marchons derrière Charlotte et Agathe, nos guides françaises fabuleuses d'originalité, de patience  (les filles, ça va souvent aux toilettes et ça veut fumer juste avant de rentrer dans chaque truc à visiter !) et de gentillesse qui tentent de nous apprendre les rudiments de cette langue aux mots à rallonge et imprononçables.

Tout nous surprend, nous étonne, nous ravi : mais oui, ici les gens vous engueulent lorsque vous traversez en dehors des passages piétons ou lorsque le petit ours (qui remplace le petit bonhomme du côté Est) est rouge. Oui, ici les berlinois vous rappellent que leur espace personnel est important. Il ne faut pas se coller à eux. Ici aussi parfois ils ne disent pas bonjour, ni merci. Ici comme à Paris, les gens sont pressés (il faut dire qu'un moins dix ne vous donne pas envie de vous éterniser dehors !). Souvent ils cherchent à vous aider lorsque vous semblez perdus. Mais oui ils aiment manger leur saucisse avec du curry. Oui, dans l'école que nous avons visitée, les élèves ne demandent pas la permission pour aller aux toilettes. Et bien que cela soit interdit, on peut fumer dans certains cafés. A Berlin aussi il y a de la discrimination et les Turcs se font souvent refouler à l'entrée des discothèques. Par contre, on peut voir des homosexuels s'embrasser dans le métro et la pétillante Sophie qui faisait les yeux doux à un bel allemand se voit rembarrer par un direct « Sorry, I am Gay ! ».

Et puis il y a le Mur que nous regardons émerveillés. Ce mur dont nous avions tant parlé, que nous avions vu en photo pour préparer le voyage. Ce bout de mur couvert de fresques qui attire les touristes emmitouflés. Celui là même qui rend nostalgique notre chauffeur de bus, venant de l'Est, pour qui tout était mieux avant. Vingt ans après sa chute ces mêmes touristes demandent encore à chaque coin de rue de quel côté ils se trouvent. Mais les Allemands, à la différence des français ne cachent pas leur histoire. Ils l'étalent au grand jour, photographies et chiffres à l'appui à chaque coin stratégique. C'est émouvant. Tout comme l'est le mémorial de l'holocauste et ses 2 711 stèles. Jamais un pays n'a érigé un tel monument en l'honneur d'un crime qu'il a perpétré. Chapeau !

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Riche en apprentissage des autres, de culture, d'histoire, ce voyage fabuleux nous a permis de porter un autre regard sur nos élèves. Et elles ont pu constater que nous étions, nous leurs deux profs, des humains comme les autres. Nous aussi avions toujours envie d'aller aux toilettes et de fumer avant d'entrer dans chaque monument. Pire, les deux seules qui se sont perdues, c'est nous !

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Rolanda Bibine

Commentaires
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Belam 15-02-2010 13:32:09

Je crois que j'ai envie d'aller à Berlin. Tout le monde me répète que cette ville est fabuleuse et toujours en pleine ebullition au niveau musical !

Des tunes!!!
Zan 15-02-2010 17:05:14

je confirme.
j'ai adoré.
je n'ai qu'une envie, y retourner.

(et moi aussi je m'y suis perdue en voyage scolaire... mais j'étais étudiante, pas prof huhuhu)
sand 15-02-2010 23:39:11

Moi je ne connais de l'Allemagne que Düsseldorf. Et encore j'y passe tous les ans mais en coup de vent pour cause de salon.
Pourtant j'adore. Y a quelque chose de subtilement différent. Je ne sais pas expliquer
Berlin est sur la to-do list. ( après Bali oui je sais c'est varié )
Rolanda Bibine 16-02-2010 12:01:20

Oui c'est assez étonnant : pas très jolie mais envoutante, émouvante, drôle, chaleureuse... (ça se voit que j'ai aimé )
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Rolanda Bibine est membre de Voldemag depuis le Mercredi, 25 Février 2009.

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