
« Rolanda, l'inspectrice a appelé. Elle viendra dans ton cours mardi 12 à 10 heures. »
Ma première réaction, avant même de pester, est d'aller vite, très vite, regarder mon emploi du temps. Comme j'enseigne à des apprentis qui sont en alternance, je n'ai pas les mêmes classes d'une semaine sur l'autre. Le 12 ? Semaine A donc j'ai des deuxièmes années de CAP ! Ouiii ! Merci mon dieu ! Ce ne sont pas des premières années, à 30.
Je peux donc râler sereinement, sous le regard compatissant de mes collègues qui sont quand même bien soulagés que cela ne tombe pas sur eux. Et je m'en donne à cœur joie, car la préparation de cette inspection va me demander un temps fou. A quelques jours des conseils de classe, j'ai encore des tas de copies à corriger et mes appréciations sur les bulletins à écrire. Non vraiment, cela ne pouvait pas tomber à un pire moment.
A ce stade de votre lecture, vous pourriez légitiment trouver que j'exagère. Après tout, je suis prévenue de cette inspection une semaine à l'avance et puis je ne suis pas une débutante. Et bien justement. Je sais ce que l'on attend de moi et c'est énorme compte tenu du fait que je ne suis pas nickel nickel en ce qui concerne le long, le très long travail de la préparation de mes cours.
Tout d'abord, l'inspectrice va éplucher mes progressions pédagogiques, c'est-à-dire le tableau de prévision de mes cours en fonction du programme et de mes heures sur toute l'année. C'est un outil très important pour un prof qui lui permet de ne rien oublier dans son programme et d'ajuster ses cours tout au long de l'année pour boucler son programme. Autant vous dire que mes progressions sont poussiéreuses et que je ne prends jamais le temps de les modifier. Pas bien.
Ensuite, je dois lui donner la fiche de préparation de ma séquence (pour ceux qui sont un peu paumés, une séquence est divisée en plusieurs séances. Celles-ci sont organisées pour atteindre des objectifs généraux fixés par le programme) et le tableau de déroulement de la séance que je propose. Sur ce dernier je dois noter pour chaque activité, tout ce que doivent faire les élèves, mon rôle, le temps défini, les objectifs, les supports et les outils utilisés... Je ne le fais presque jamais, sauf quand il y a des inspections. Pas bien non plus.
Pendant une heure, mon inspectrice va évoluer dans ma classe (notez au passage l'emploi d'un adjectif extrêmement possessif). Regardant mes pratiques dans les moindres détails (s'attardant même jusqu'à ma façon d'utiliser mon tableau triptyque) mais analysant aussi la relation que j'entretiens avec mes élèves. Elle va relever le classeur d'un de mes élèves (Pas Enzo, pas Enzo !!!) et regarder le cahier de texte de la classe pour vérifier l'avancée de ma progression.
Peut-être n'est ce pas très clair à la lecture de ces lignes, assez techniques qui masquent mes véritables sentiments, mais j'ai la trouille. Pas de tous ces aspects paperasse pédagogique que je ne réalise pas par manque de temps et dont je viens de vous parler longuement mais de ce que je ne maîtrise pas.
C'est une nouvelle inspectrice, que je ne connais pas. Peut-être ne sera-t-elle pas aussi bienveillante que les deux précédentes ? Je revois certains de mes collègues sortant complètement démoralisés par la dureté des propos tenus par des inspecteurs. Peut-être aussi que mes connaissances théoriques ne sont pas suffisantes ? Plus les jours passent et plus je doute. Et si je faisais des fautes ? Peut-être va-t-elle s'apercevoir que finalement, je ne suis pas un bon prof, que je ne leur apprends rien, que mes pratiques font, qu'effectivement, mes cours ressemblent plus à un salon de papotage, un salon de thé qu'à un véritable enseignement. Peut-être que ci, peut-être que ça.....
Etre jugé par ses pairs est absolument nécessaire, si les discussions qui s'ensuivent permettent à l'enseignant d'améliorer ses pratiques. Mais c'est un exercice totalement flippant et qui donne mal au ventre (voir plus !).
Et les élèves dans tout ça ? Bien sûr, je les préviens. Je leur dis qu'une personne va venir regarder la façon dont je travaille (pourquoi leur mentir ?). Que c'est un gage de sécurité pour eux. Que cela va me permettre d'améliorer mes cours.
L'un deux m'avait demandé à la dernière inspection comment ils devraient se comporter ce jour là. Je lui avais dit qu'ils ne devraient rien changer à leurs habitudes et que j'essayerais également d'être la même. Il m'avait alors répondu en se marrant :
« Donc on sera chiants comme d'habitude et vous vous râlerez comme d'habitude ! »

By Rolanda Bibine
ugg shoes - vous aide à défendre vo...
ugg shoes - vous aide à défendre vo...
ugg shoes - vous aide à défendre vo...
good! - vous aide à défendre vos&nb...
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...