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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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Privé d'école

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J'ai de la chance : je n'ai jamais eu le CAPES ! Du coup, j'ai rejoint les rangs de ceux qui, recalés à ce concours, atterrissent dans le privé. Et c'est une chance aujourd'hui, si j'en crois les nombreux témoignages de mes collègues de la fonction publique qui se plaignent (et ils ont raison) de leurs mauvaises conditions de travail.

J'enseigne dans un Centre de Formation pour Apprentis de la région parisienne qui fonctionne grâce à la taxe d'apprentissage et aux subventions du Conseil Général (oui, quand même). De fait, le budget pédagogique ne baisse pas tous les ans et je ne dois pas pleurer auprès de l'administration pour obtenir un marqueur ou effectuer une demande bien à l'avance pour réaliser 3 photocopies. Non. J'ai à ma disposition un ordinateur portable, du matériel pédagogique récent, un bureau en dehors de ma salle de classe, des bâtiments propres et lumineux, une photocopieuse couleur (oui, oui !) sans quota, des formations en gestion de conflits et psychologie des ados ... bref... ce que serait en droit d'attendre tout enseignant qui voudrait faire convenablement son travail.

J'ai surtout une hiérarchie qui soutient ses enseignants. Jamais on ne me renverra dans ma classe un élève que je viens d'exclure ou qui vient de m'insulter. Jamais on ne rendra un portable que j'ai confisqué en dehors de ma présence. Et surtout jamais on ne recevra des parents qui se plaignent sans moi. L'autorité des enseignants est respectée tout comme leur parole. C'est énorme dans un établissement scolaire.

C'est énorme parce que cela génère une crédibilité de l'autorité et de fait, il y a peu de problèmes de discipline. Passés les 3 premiers mois de « cadrage » où il faut réapprendre à nos élèves les règles de base de la vie en collectivité, le climat est plutôt positif et détendu. Sans rapport de force permanent, enseigner est un bonheur ! On se concentre sur le savoir et sur la façon de le dispenser. On peut vraiment être soi, sans craindre d'être chahuté, débordé et totalement dépassé. On peut même se laisser aller à l'humour (si on en a !).

Mais.... enseigner de cette façon a un prix. Et là, seuls les profs pourront me comprendre et compatir : j'ai 24 heures de cours par semaine, 18 classes (c'est de l'alternance) et un peu moins de vacances.

Pourtant, même si je travaille plus (je ne gagne pas plus non, c'est une utopie!), je ne prendrai jamais le risque d'intégrer, désormais, un établissement public où les conditions de travail sont si déplorables qu'elles poussent les enseignants à démissionner ou à se mettre en arrêt de travail.

Où alors dans le fin fond de la Creuse.

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By Rolanda Bibine

 

Commentaires
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agrippa 17-09-2011 22:24:23

Ah ben je comprends mieux pour le calendrier ! t es pas prête de sortir "les globes" oups, je sors, voudrais pas avoir le même humour que le repenti du service public...

moi j'ai des quotas pour la photocopieuse , c'est déguelasse...
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Auteur de cette article : Rolanda Bibine