S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

Je ne vois pas franchement ce que je vais pouvoir valider comme compétences, moi qui enseigne le français et l'histoire mais qu'importe. C'est toujours agréable et enrichissant de participer à des épreuves, de rencontrer d'autres enseignants et de se confronter à la nature humaine.
Je me retrouve donc dans l'immense machine du rectorat, à la maison des examens, munie de mon badge et totalement perdue dans ces dédales de couloirs et de grandes salles qui ont fichu des sueurs froides à des milliers de candidats.
Une vingtaine de profs sont là ainsi que des professionnels (dans ce cas précis, des coiffeurs puisqu'il s'agit du Brevet Professionnel coiffure). Nous attendons, en papotant autour de... rien parce que l'éduc n'a pas pour habitude de payer le café et encore moins les croissants à ses correcteurs ! C'est 50 centimes à la machine et point barre. J'écoute les professionnels se raconter la crise et le manque de bon personnel et les profs se plaindre encore et toujours d'être là. Je me demande souvent dans ces moments là (je n'en suis pas à ma première convocation même si cette épreuve est différente) si c'est un rôle qu'ils se donnent où si ça les ennuie profondément de consacrer une journée, voire deux à corriger ou à être membres d'un jury. Parce qu'après tout, nous formons les candidats aux épreuves pour lesquelles nous sommes convoqués. C'est donc à nous de vérifier leurs compétences ! A en entendre certains, c'est un calvaire d'être là, sauf pour cette prof d'économie qui est ravie de ne pas avoir cours car elle n'avait que « des classes de cons aujourd'hui ». J'hallucine ! Dormez tranquilles chers parents, vos enfants sont entre de bonnes mains !
Normalement, un jury est composé de quatre personnes. Un professionnel du métier, un prof de coiffure, un prof d'éco ou de compta et un prof d'enseignement général. C'est moi. Je dis normalement car ce jour là, il manque tout de même une vingtaine de personnes et nous ne nous retrouvons qu'à trois par jury. Dans le mien, il n'y a pas d'enseignant en économie (ce qui veut dire que personne ne pourra vérifier, dans le dossier d'un candidat ses compétences en droit, comptabilité et économie). Je suis donc le professeur d'enseignement général mais vu mon niveau en maths/sciences, la partie science va également être passée à la trappe, tout comme l'art plastique...
J'ai l'impression d'un grand n'importe quoi. Nous n'avons que deux heures pour étudier les dossiers de quatre candidats avant de les recevoir et tenter d'évaluer leur motivation. Ont-ils réellement travaillé pour ce diplôme ? Ont-ils vraiment les compétences pour l'obtenir ? Je n'en sais rien, je suis larguée. Ce que je constate c'est que les quatre candidats dont je lis le travail ont probablement passé un temps fou à rédiger ce mémoire. Ils sont en droit d'attendre qu'un jury complet et compétent l'examine. Et ce n'est pas le cas. Personne n'a pris le temps de venir m'expliquer en quoi consistait la VAE (même si mes deux acolytes ont fait ce qu'elles ont pu, j'ai parfaitement compris qu'elles n'en avaient pas le temps vu l'ampleur de ce qui nous attendait !) et j'ai passé ma matinée à lire le mémoire de ces quatre personnes, assez technique puisque professionnel, en me demandant ce qu'on attendait de moi et ce que j'allais pouvoir leur demander. Je n'y connais rien en coiffure moi (vous verriez ma tête, vous comprendriez !). Nous n'avons fait que survoler leur travail, sans nous y attarder, sans vraiment nous y intéresser. Par manque de temps, par manque de compétences et parce que nous n'étions pas assez nombreux.
Pour ces adultes qui décident de préparer leur diplôme en VAE, la décision du jury est primordiale. Trois d'entre eux en avaient besoin pour ouvrir leur entreprise et le dernier ne gardait son poste qu'en l'obtenant. C'est terrible de se sentir responsable de l'avenir des gens. Lorsque nous avons reçu ces quatre candidats, j'ai surtout laissé parler mes collègues plus expérimentées mais à qui il manquait des compétences en enseignement général. Nous avons délibéré en fonction du ressenti sur chaque candidat et avons décidé que trois d'entre eux méritaient vraiment ce diplôme.
J'ai beau cherché, je ne comprends pas ce manque d'organisation du rectorat pourtant habitué à préparer des examens. L'absence des professeurs aux corrections et aux oraux est chose courante. Pourquoi n'anticipe-t-il pas en en convoquant d'avantage ? Pourquoi n'étale-t-il pas la durée de l'épreuve sur plusieurs jours ? Pourquoi ne convoque-t-il pas autant de professeurs qu'il y a de matières à évaluer ? Non, décidemment je ne comprends pas.
Allez, dans un mois, je vous raconterais comment, lors de la correction d'une épreuve de français de 3 heures, certains enseignants corrigent 60 copies en 5 heures. Enjoy !

By Rolanda Bibine
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Ah mon grand A. - Merci pour tout ce ...
Belle lecture, merci, que ce moment v...
J'aime bien ces moments où les chose...
Toutes les semaines, je cherche un je...
Et du coup, tout à ton bonheur et ta...
Ce qui est génial avec ton écriture...
... Ce mec est un grand timide... Tou...
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Aïe... des regrets !!! enfin c'est ...
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