2h du plus beau métier du monde
Vendredi, 03 Juin 2011 00:00
Letty
Lundi 14h30 devant la porte de l'école primaire. Je les attends, je les entends. C'est rigolo, 24 élèves de CE2, ça fait autant de bruit qu'une cours de récréation entière. Ce brouhaha est universel, que ce soit devant la porte d'une école française ou du fin fond de la Birmanie (en même temps, je n'en sais rien, je ne suis pas allée voir). Chose surprenante, ce piaillement est toujours le même, quelque soit le nombre d'enfants, mais là je n'apprends rien finalement, puisque j'y suis de fait, familiarisée avec mes 3 parasites.

Vendredi, mon mini-moi de 8 ans m'a parlé de l'activité escalade du lundi : « tu sais, la maitresse a besoin d'un parent pour l'aider »
Je me plonge aussitôt dans le Code Civil et cherche...article 205 obligation alimentaire...escalade, escalade, non je n'y trouve rien qui m'oblige à supporter durant 2 interminables heures 24 marmots lors d'un atelier escalade.
Réfléchissons tout de même, ça me permettra peut être de récupérer l'estime perdue quand, dans un élan de cruauté maternelle, j'ai décrété que non, elle n'aurait pas de chien. Et pis comme j'avais émis l'hypothèse de passer le concours de prof un jour pour concrétiser un rêve d'enfant, pourquoi pas.
Je pose donc une journée de congé, et me voilà à attendre la classe, sa classe.
Ça devrait bien se passer, je connais déjà moitié des filles, les copines de ma tornade (l'autre moitié c'est le groupe d'Elisa, celle qui veut toujours commander, la rapporteuse, c'est dire si je comprends et cautionne la raison de ce schisme).
En route pour le gymnase, je clôture la marche avec pendues à mes basques, une dizaine de petites chipies vraisemblablement aimantées en pôle opposé du mien.
Théa annonce la couleur : « comment tu t'appelles ?». Tentée, de lui répondre : « appelle-moi Senseï », histoire de flatter mon égo, mais ne connaissant pas le degré d'humour de leur professeur, j'ai opté pour une réponse plus conventionnelle en déclinant mon état civil.
Amer constat, qu'est-ce que c'est pénible, une fille !
- Ça s'arrête toutes les 3 secondes pour ramasser des fleurs baptisées par tous les caniches du quartier et me les offrir une fois le bouquet soigneusement confectionné : « garde le pour ta maman, elle sera ravie »
- Ça s'invite (ou pas selon le groupe d'appartenance de chacune) aux anniversaires prévus dans 8 mois avec option Justin Bieber.
- A l'échauffement, ça s'étire avec une extrême souplesse, histoire d'exhiber 3 années de cours de danse quand mon objectif moins prétentieux, ne tient qu'à éviter un lumbago latent. (Et pis moi je préfère les sports collectifs, na)
- Quand, après avoir expliqué comment se déplacer latéralement sur le mur, tu demandes si elles ont des questions, y en a toujours une pour lever le doigt et te lancer: « il est beau ton survêt ! ».
- Ça grimpe sur un mur d'escalade avec une certaine aisance mais en bonne chochotte, ça attend d'être à plus de 2 mètres du sol pour avoir le vertige et t'obliger aux pires acrobaties pour les aider à redescendre.
Et les gars de cette classe, où sont-ils ?!
Croyez moi ou non, mais la nouvelle génération de garçons n'est qu'un ramassis de romantisme éduqué, que dis-je bridé par des mamans « testostéronisées », fruit de 4 décennies de féminisme.
Alors ces messieurs courbent l'échine devant nos filles. Je vous le dis c'est de la graine de gentil-chiants tout ça...Les pauvres...Où sont passés nos petits machos qui soulevaient nos jupes et amputaient nos poupées ? Il faut croire que le règne du jeans slim taille 8/10 ans et de la Nintendo DS a eu raison de la phallocratie... ah nostalgie !
Bilan, après 2 heures passées avec des Miley Cyrus en devenir, je me sens lessivée et à légère tendance infanticide. Le concours ? Quel concours? Cet après-midi a été un brise-rêve, un sanibroyeur de vocation. Comment fait-elle, Madame Maitresse pour garder sa motivation et son sourire à la Mary Ingalls ? C'est tout juste impossible, elle doit surement se shooter aux bâtons de colle UHU pour tenir.
À raison de 400 € d'allocation parental d'éducation pour garder 2 enfants, notre héroïne devrait, selon moi, percevoir 4800€ d'indemnisation mensuelle pour supporter les nôtres.
Chapeau Maitresse!
Quand à toi, Mini-moi, la prochaine fois que tu évoqueras l'idée d'accompagner ta classe,... bien nous irons chercher un chien à la SPA !
Letty
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...