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S'envoyer en l'air, les pieds sur terre

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2h du plus beau métier du monde

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Lundi 14h30 devant la porte de l'école primaire. Je les attends, je les entends. C'est rigolo, 24 élèves de CE2, ça fait autant de bruit qu'une cours de récréation entière. Ce brouhaha est universel, que ce soit devant la porte d'une école française ou du fin fond de la Birmanie (en même temps, je n'en sais rien, je ne suis pas allée voir). Chose surprenante, ce piaillement est toujours le même, quelque soit le nombre d'enfants, mais là je n'apprends rien finalement, puisque j'y suis de fait, familiarisée avec mes 3 parasites.

 

Vendredi, mon mini-moi de 8 ans m'a parlé de l'activité escalade du lundi : « tu sais, la maitresse a besoin d'un parent pour l'aider »

Je me plonge aussitôt dans le Code Civil et cherche...article 205 obligation alimentaire...escalade, escalade, non je n'y trouve rien qui m'oblige à supporter durant 2 interminables heures 24 marmots lors d'un atelier escalade.

Réfléchissons tout de même, ça me permettra peut être de récupérer l'estime perdue quand, dans un élan de cruauté maternelle, j'ai décrété que non, elle n'aurait pas de chien. Et pis comme j'avais émis l'hypothèse de passer le concours de prof un jour pour concrétiser un rêve d'enfant, pourquoi pas.

Je pose donc une journée de congé, et me voilà à attendre la classe, sa classe.

Ça devrait bien se passer, je connais déjà moitié des filles, les copines de ma tornade (l'autre moitié c'est le groupe d'Elisa, celle qui veut toujours commander, la rapporteuse, c'est dire si je comprends et cautionne la raison de ce schisme).
En route pour le gymnase, je clôture la marche avec pendues à mes basques, une dizaine de petites chipies vraisemblablement aimantées en pôle opposé du mien.

Théa annonce la couleur : « comment tu t'appelles ?». Tentée, de lui répondre : « appelle-moi Senseï », histoire de flatter mon égo, mais ne connaissant pas le degré d'humour de leur professeur, j'ai opté pour une réponse plus conventionnelle en déclinant mon état civil.

Amer constat, qu'est-ce que c'est pénible, une fille !

- Ça s'arrête toutes les 3 secondes pour ramasser des fleurs baptisées par tous les caniches du quartier et me les offrir une fois le bouquet soigneusement confectionné : « garde le pour ta maman, elle sera ravie »
- Ça s'invite (ou pas selon le groupe d'appartenance de chacune) aux anniversaires prévus dans 8 mois avec option Justin Bieber.
- A l'échauffement, ça s'étire avec une extrême souplesse, histoire d'exhiber 3 années de cours de danse quand mon objectif moins prétentieux, ne tient qu'à éviter un lumbago latent. (Et pis moi je préfère les sports collectifs, na)
- Quand, après avoir expliqué comment se déplacer latéralement sur le mur, tu demandes si elles ont des questions, y en a toujours une pour lever le doigt et te lancer: « il est beau ton survêt ! ».
- Ça grimpe sur un mur d'escalade avec une certaine aisance mais en bonne chochotte, ça attend d'être à plus de 2 mètres du sol pour avoir le vertige et t'obliger aux pires acrobaties pour les aider à redescendre.

Et les gars de cette classe, où sont-ils ?!

Croyez moi ou non, mais la nouvelle génération de garçons n'est qu'un ramassis de romantisme éduqué, que dis-je bridé par des mamans « testostéronisées », fruit de 4 décennies de féminisme.
Alors ces messieurs courbent l'échine devant nos filles. Je vous le dis c'est de la graine de gentil-chiants tout ça...Les pauvres...Où sont passés nos petits machos qui soulevaient nos jupes et amputaient nos poupées ? Il faut croire que le règne du jeans slim taille 8/10 ans et de la Nintendo DS a eu raison de la phallocratie... ah nostalgie !

Bilan, après 2 heures passées avec des Miley Cyrus en devenir, je me sens lessivée et à légère tendance infanticide. Le concours ? Quel concours? Cet après-midi a été un brise-rêve, un sanibroyeur de vocation. Comment fait-elle, Madame Maitresse pour garder sa motivation et son sourire à la Mary Ingalls ? C'est tout juste impossible, elle doit surement se shooter aux bâtons de colle UHU pour tenir.

À raison de 400 € d'allocation parental d'éducation pour garder 2 enfants, notre héroïne devrait, selon moi, percevoir 4800€ d'indemnisation mensuelle pour supporter les nôtres.

Chapeau Maitresse!

Quand à toi, Mini-moi, la prochaine fois que tu évoqueras l'idée d'accompagner ta classe,... bien nous irons chercher un chien à la SPA !

00-signature-2011
Letty

 

Commentaires
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Spleen sans idéal 03-06-2011 10:07:29

C'est ballot, moi, j'ai jamais de soucis avec les mioches. Peut etre sans doute parce que je leur fais peur avant un bon moment, histoire d'avoir la paix ^^
le pire, c'est que si jamais j'arrive à rien trouver, je vais probablement le passer, ce fichu concours ............
letty 07-06-2011 15:08:55

Ben on peut pas dire que j'ai des soucis avec eux. J'ai de l'autorité et je ne me laisse pas impressionner. J'ai juste constaté un énorme décalage entre ce qu'ils sont aujourd'hui et ce que j'étais hier (ok il y a très longtemps )
Vraiment ces petits mioches m'éclatent...
Otto 03-06-2011 10:46:08

Excellent, Veronique Courjaud !
letty 07-06-2011 15:09:42

Ne te trompes pas Otto, c'est moi la victime
Princesse Sarah 04-06-2011 17:16:37

J'ai adoré cette petite note fraîche et grinçante!
Je n'ai pas d'enfant mais je suis l'animatrice attitrée des goûters de mioches. Alors les chipies ça me connait plutôt pas mal.
Mais ça me fait quand même toujours sourire de voir ces bouts de chou agir comme de sales gosses (même si je les recadre, tout de même!
letty 07-06-2011 15:11:47

Moi ça m'amuse tellement, que souvent les copains de mes tornades viennent squatter chez moi. Il parait que mes enfants ont une maman génial....
Rolanda Bibine 06-06-2011 12:56:55

"un sanibroyeur de vocation." excellent Et un beau clin d'œil aux enseignants de nos mioches
letty 07-06-2011 15:14:35

Je ne pouvais que leur rendre hommage... Je me suis retrouvée sur les rotules ce jour là, plus que si j'avais accompagné une classe de petite section pour la journée.
Quoique je me pose une question, qu'est-ce qui est le plus difficile à supporter quand on est prof : les enfants? ou les parents?
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Letty est membre de Voldemag depuis le Jeudi, 31 Mars 2011.

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