Dans la vie d'une fille
Mardi, 18 Janvier 2011 00:00
Pau
Dans la vie d'une fille, y'a énormément de choix à faire.
Tous plus difficiles les uns que les autres, concernant les garçons, le premier soir avec un mec, avec une fille, la frange, les styles de sacs à main, ce genre de choses.
Et puis un jour, y'a le choix ultime, celui qui te tombe sur le coin de la figure au moment où tu ne t'y attends pas, et auquel il faut que tu répondes vite, sans trop tergiverser, sans demander l'avis des copines, des sœurs, des meilleurs potes. Le choix qui te laisse seule face à toi même.
Un jour, on te dit que si tu le souhaites, dans 7 mois et des poussières, tu seras maman.
Tu éclates de rire, parce que c'est pas possible, c'est une sacrée blague qu'ils te font là.
Et en même temps, comme t'as un cerveau de fille qui te permet de faire plusieurs choses à la fois, tu réfléchis. Tu remontes le temps. Et tu te souviens d'une nuit en particulier, ça ne peut-être que celle là, d'ailleurs vous en aviez rigolé ensemble.
Vous en aviez rigolé ensemble, mais là, c'est toute seule que tu vas « réfléchir ».
Mais réfléchir à quoi ? La décision est déjà prise, c'était un choix presque trop facile en fait. Y'a pas un niveau 2, juste pour voir si c'est toujours aussi simple ?
Est-ce vraiment un choix quand la décision se prend aussi facilement, aussi rapidement ? L'espace d'un instant, tu penses aux autres, à toutes celles qui sont dans la même situation que toi, qui n'auront pas le choix et qui devront assumer.
Parce que toi, si tu te débrouilles bien, y'a moyen que tu n'aies rien du tout à assumer, que ça ne se sache pas, et que tout soit oublié dans quelques jours. Et ça, c'est quand même une grande chance.
Après, tu penses que tu t'en sortiras seule. Comme toujours. Ca remonte à quand, la dernière fois que tu as eu besoin de quelqu'un ? Ouais, c'est bien ce que je pensais : pas moyen de t'en rappeler, avec ta fierté à 2 balles. Pourquoi ce serait différent cette fois ?
Naïve que tu es, t'as pas pensé un seul instant à toutes ces femmes enceintes autour de toi, toutes ces inconnues que tu ne remarquais pas avant. Tu n'imaginais pas ne voir qu'elles dans la rue, tu n'aurais jamais pensé que les voir se caresser le ventre avec leur putain de sourire épanoui te ferait pleurer. T'avais pas envisagé d'arriver en retard en cours à cause d'un ventre que tu fixes tellement que tu en zappes ta station. Tu commences à te pourrir la tête avec des « et si... », tu commences à douter d'avoir pris la bonne décision, pourtant la seule qui s'imposait.
T'as envie de l'appeler. De lui cracher ta souffrance au visage. De lui dire à quel point tu le détestes, pour tout ça.
Tu ne l'appelleras pas. Il n'y est pour rien, ça s'appelle la faute à pas de chance et puis c'est tout. Et d'abord, petite maligne, comment tu crois qu'il va réagir, hein ?
Ces sentiments bizarres, ça ne s'en va pas comme ça, ça reste en toi, et tu t'y fais, progressivement.
Petit à petit, tu acceptes l'idée d'avoir tué ton presque-bébé.
Ca n'empêche pas (encore ?) cette boule dans le ventre et les larmes aux yeux quand tu subis la présence d'une future mère, mais t'as pas vraiment le choix, t'es obligée d'aller de l'avant.
Sinon t'en crèves.

By Pau
Pau, encore une découverte de la semaine. Candidature spontanée que ce texte, qui me confiait-elle est sorti tout seul. Il m'a bouleversée. Pour des raisons évidentes. Parce que femmes, on aura peut être un jour ce choix à faire. Parce qu'humain, on est toujours si peu face à l'inconnu.
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Ohhh… - Juste :
pas rien. - merci.
Découverte totale !
Dur exercice, mais entre deux pontes,...
J'avoue avoir un gros faible pour les...
.... ohhh la mauvaise foi du narrateu...
Pour tomber le manteau, faudra attend...
C'est bon je suis prête aussi : j'ai...
Le jeu de mot c'est "le fanta sai...